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Poètes, performeurs et artistes

Rémi brun

Rémi Brun est ingénieur des Arts et Métiers, sculpteur, entrepreneur, docteur en bio-mécanique, inventeur et détenteur d’un brevet. Il nous affirme faire aussi des choses qui ne finissent pas en « -eur ». On a du mal à le croire. Il a longtemps rêvé de recherche fondamentale, mais a fini par monter une start-up et créer 10 emplois (ce qui est tout aussi fondamental). Sa société MocapLab fait de la motion capture, surtout pour les jeux vidéo et le cinéma. Depuis toujours, et du matin au soir, une seule chose l’intéresse : l’essence du mouvement, la capture du geste parfait. Cette quête l’a propulsé dans le monde des sourds (il travaille sur le premier avatar qui parle en langue des signes) et le monde de l’art (il expose dans des fêtes des lumières
et nuits blanches un peu partout dans le monde).

Valérie cordy

Valérie Cordy est artiste et metteure en scène. Depuis 2013, elle est directrice de la Fabrique de Théâtre, le très officiel “service provincial des arts de la scène du Hainaut” une structure de soutien à la création et à la diffusion de spectacles, doublée d’une résidence d’artistes à Mons. Elle crée également des spectacles numériques, en ligne et en direct. Sur scène elle ne dit mot mais on comprend tout.

Emmanuel giraud

Emmanuel Giraud est journaliste gastronomique et artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis dans la catégorie des arts culinaires (ils n’ont été que deux depuis 1666). Dans sa quête du beau, du bon, du gras, du juteux, du fumant, du croustillant il met en scène des festins dionysiaques et décadents. Il a publié en 2013 L’Excès, aux éditions de l’Epure.

David helbich

David Helbich est artiste conceptuel. Le concept donc, c’est que ses oeuvres – performances, installations, projets divers – tournent toujours autour de l’influence du public sur ses créations. Il est né
à Berlin, a grandi à Brême, étudié à Amsterdam et Fribourg, vécu à New York. Il aurait dû être compositeur, mais sa petite musique intérieure l’en a découragé et il a fini à Bruxelles. En 2006, il emprunte dans les Marolles un escalier qui ne mène nulle part, adopte la devise «Not every solution is an answer to a problem» et s’embarque sans le savoir dans un projet qui l’occupe encore. Trente mille personnes sont aujourd’hui membres d’une communauté virtuelle qui documente, via des photos, l’absurde, l’inutile et l’incongru dans l’espace public. (Toi aussi participe ! contact@belgian-solutions.be). Deux livres (Belgian Solutions 1 et 2) ont été publiés. Le bruit court que le bourgmestre de Bruxelles aurait brandi Belgian Solutions lors d’un conseil communal en déclarant : « Au boulot !». Sa ville ayant plongé cette année de sept places dans le classement mondial de la qualité de vie, il faut croire qu’il y a effectivement un problème. Avec ou sans solution.

Johannes kreidler

Johannes Kreidler est compositeur et artiste conceptuel. Formé au très classique conservatoire de Fribourg, il a rompu avec ses maîtres pour s’installer, résolument, à l’avant-garde berlinoise. Depuis, il met en musique des données chiffrées, transforme des faits de la vie moderne en mélodies et invente des performances sonores à partir d’informations réelles. Son logiciel musical fétiche : Pure Data. Sa devise : “Créer c’est interpeller”. Ses marottes : la propriété intellectuelle, la publicité, la société de consommation qu’il critique avec humour. Il enseigne la théorie musicale et la musique électronique à Hambourg.

Sébastien lespinasse

Sébastien Lespinasse est poète. Pas simplement sonore, mais “pneumatique” (c’est comme ça qu’il se présente). Tout est une histoire d’air. Performer au souffle jamais court, il est un des héritiers les plus vivaces (et ludiques) de l’esprit Dada et des lettristes. Il débusque et éclaire la réalité dans les plis du langage, à l’intérieur des mots qu’il peut démonter phonème par phonème, expanser, exposer, compresser. On le retrouve sur plusieurs CD, dont Pneuma-R (Trace label).

Ramuntcho matta

Ramuntcho Matta est compositeur et plasticien. Il a travaillé avec le trompettiste Don Cherry, l’artiste Louise Bourgeois et le poète Brion Gysin. ll a écrit le tube de l’été 86 – Toi mon Toit – pour Elli Medeiros, et vient de finir un film sur son père, le peintre surréaliste chilien Roberto Matta, qu’il a mis vingt ans à réaliser. Qu’il soit en Picardie dans la résidence d’artiste qu’il a créée – Lizières – ou à Paris chez lui, chaque matin il se lève aux aurores pour produire un dessin et un peu de poésie.

Clémentine mélois

Clémentine Mélois est artiste et écrivaine. Elle fait partie du groupe “d’écriture sous contrainte” l’Oulipo – fondé en 1960 par l’écrivain Raymond Queneau et le mathématicien François Le Lionnais – et de l’équipe de l’émission Des Papous dans la tête, sur France Culture, dont la devise est : “Culture sans gaieté n’est que ruine de l’âme“. Elle avoue un “rapport obsessionnel aux oeuvres imprimées”. Ça ne date pas d’hier. Aux Beaux-Arts de Paris, elle a présenté son diplôme de fin d’études hors les murs, sur le quai de la Seine, dans une boîte de bouquiniste. Elle est l’auteure de séries pour la jeunesse (Les chiens pirates et Chère Bertille avec Rudy Spiessert), d’un recueil de pastiches de classiques de la littérature (Cent titres), et d’un roman inspiré de sa collection de listes de courses (Sinon j’oublie). Son prochain projet (collectif) ne manque pas d’ambition : s’emparer d’une oeuvre inachevée de son romancier préféré, Boris Vian, et inventer la fin.

Karelle ménine

Karelle Ménine est artiste. Elle a longtemps été reporter à la radio (France Culture, la Radio Suisse Romande) avant de tout plaquer. Ce qu’elle aime, c’est le langage, sa complexité, sa poésie. Elle écrit pour le théâtre, réalise des installations sonores et imagine des expériences où elle déplace les mots dans l’espace public. Comme La Phrase, dix kilomètres de littérature, écrite à la main avec le graphiste Ruedi Baur sur les façades de la ville, à l’occasion de Mons capitale européenne de la Culture. Elle dirige deux équipes (une compagnie de théâtre et un “Atelier des déplacements littéraires”), vit entre deux capitales – Genève et Bruxelles -, très loin de Mazamet dans le Tarn où elle est née.

Charles pennequin

Charles Pennequin est poète. Il écrit depuis qu’il est né, c’est-à-dire après l’enlèvement à Paris de Ben Barka et avant la prise de pouvoir du lieutenant-général Mobutu. Il est né à Cambrai, la ville où on fait des bêtises et où tous les pauvres sont encore dans le centre-ville, comme à Marseille (ça va pas durer).

Sergueï

Sergueï dessine dans Le Monde depuis 1982. 
Il y a quelques années encore, il passait régulièrement des bureaux du service Culture à la terrasse du journal par l’extérieur et pieds nus. Outre la varappe urbaine, il travaille ses talents au pluriel. Chanteur, compositeur, il est l’auteur de plusieurs disques (L’Homme Nu, 2007, label Nocturne), mais aussi de romans (Dieu, les anges et la femme, éd. Seuil, 2001). En 2000, il signe un “carnaval des Droits de l’Homme” dans les rues de Nice. Il aime que ses dessins offrent plusieurs lectures. Sergueï s’appelle en réalité Sergio. Il est officiellement multiple.

Caroline sury

Caroline Sury est auteure de BD et artiste graphique. Elle revendique une démarche underground et militante. Mais pas seulement : elle a longtemps illustré le supplément hebdo -pas vraiment punk- du quotidien La Provence. Elle a fondé il y a vingt-cinq ans la maison d’édition d’avant-garde Le Dernier Cri, à la Friche la Belle de Mai à Marseille, dont les livres, aux tirages ultra-limités, sont imprimés à la main. Elle est l’auteure de Bébé 2000 et Cou Tordu chez L’Association, deux récits graphiques où elle parle d’elle. Elle a un temps rangé ses crayons pour sortir le cutter et réalisé des travaux en papier découpé. Un temps seulement ! Sa nouvelle BD Un matin avec Mademoiselle Latarte est en sélection officielle cette année et fait donc partie des “43 livres triés sur le volet” – c’est ainsi que le Festival les présente – parmi lesquels seront distingués, demain à la même heure, six albums. Le suspense est insoutenable.

Franck tassel

Franck Tassel est bruiteur. Il dit des choses comme :“Un bon bruitage, c’est celui qu’on n’entend pas“. Son métier consiste à recomposer tous les sons qui donnent vie à chaque scène, sachant que sur un plateau de tournage, seules les voix sont clairement enregistrées. Règle d’or : être parfaitement synchrone. Et il fait ça parfaitement bien, considérant le nombre impressionnant de films qu’il a bruités : une douzaine par an depuis une douzaine d’années. Pas de récompense pour les bruiteurs, ce qui est parfois vécu comme une injustice par ces hommes de l’ombre. (Car ce sont des hommes, la bruiteuse est rare. Comme nous l’apprend une étude du Collectif 50/50 pour la parité, le métier est masculin à 90%).