JOURNALISTES DE TéLéVISION, RéALISATEURS DE DOCUMENTAIRES ET DE REPORTAGES

Cecile allegra

Cécile Allegra est journaliste et réalisatrice de documentaires. Elle présente aujourd’hui même, en première mondiale, au FIFDH, Anatomie d’un Crime. Quel crime ? Un crime de guerre – des viols systématiques jamais encore dévoilés -, qu’elle a découvert en cours d’enquête, en Libye. Son précédent film, Voyage en Barbarie avec Delphine Deloget, a été distingué par le prix Albert Londres. Il racontait l’errance, du Caire à la Suède, de six survivants de camps de torture dans le Sinaï. Elle sait donc mettre la plume (et la caméra) dans la plaie. Elle essaie aussi de réparer les vivants. Pour que les victimes de torture réapprennent à vivre, elle a créé, à Conques, un village français, une petite ONG, Limbo.

Claire billet

Claire Billet est journaliste et réalisatrice. Après avoir été été six ans correspondante en Afghanistan (La Tribune de Genève, Ouest-France, Europe 1, Radio Canada), puis avoir tourné des reportages sur les Talibans – À la recherche du Mollah Omar – et l’Etat Islamique – Haya, la rebelle de Raqqa – elle choisit de se concentrer, avec des récits documentaires, sur les après-guerres et les routes de l’exil. Avec Olivier Jobard, elle a publié Kotchok, sur la route avec les migrants, et réalisé trois films : Comme une pluie de parfum, où cinq Afghans traversent le monde pour venir en Europe ; Tu seras suédoise ma fille où il est question d’exil syrien et de souvenirs à effacer (ou pas) ; et Ghorban né un jour qui n’existe pas, le portrait au long cours (sept ans de tournage) d’un enfant afghan isolé qui devient Français.

Charlotte buchen

Charlotte Buchen est journaliste et camerawoman pour Qatar TV. Elle réalise aussi depuis Doha des reportages pour PBS et le New York Times. Son prochain film porte sur l’installation de structures d’acier au milieu du désert par Richard Serra. Elle a un passeport américain valide et un passeport belge périmé. Elle a surfé autour du monde mais son spot préféré reste Bolinas Beach en Californie.

Gilles cayatte

Gilles Cayatte est réalisateur de documentaires. Ses films – cinquante en tout – finissent mal, en général. Vie et mort de Robert Boulin, La Disparition d’Agnès Leroux, Les Moines de Tibhirine, Erdogan l’ivresse du pouvoir, La Tragédie de la navette Columbia et même Requiem pour l’industrie du disque… Ah si, un happy ending ! Les Yeux dans les bleus (avec Stéphane Meunier), une immersion dans le quotidien de l’équipe de France de foot pendant la Coupe du monde 1998.Pour se remonter le moral, il fait des incursions dans le monde merveilleux des séries télés et de la pub. Ses films ont été distingué par les Emmy Awards, les Bafta et les 7 d’Or. Il finit un portrait de Justin Trudeau pour Arte.

Zouhair chebbale

Zouhair Chebbale est réalisateur de documentaires. Il aime filmer “la ville dans sa diversité, la vraie France, quoi !”. C’est lui qui le dit. Tout a commencé avec Bourtzwiller, tout le monde descend, sur la banlieue de Mulhouse où il a grandi. Il est encore étudiant à Marc Bloch, gagne le 1er prix du festival Filmer en Alsace, décroche une diffusion sur France 3 et enchaîne avec Va te faire rire, tourné, tiens donc, dans la banlieue de Mulhouse. Il finit par poser sa caméra à Casablanca où il est né, avec le film C’est bien mieux là-bas(en Alsace peut-être ?). Son film Un piranha sous la capuche, un portrait du rappeur Maïza (originaire, comme c’est original, de la banlieue de Mulhouse) a été distingué par une étoile de la Scam. Pour France Télévisions, il tourne en ce moment un film sur les mineurs migrants à Mulhouse et rêve de plus en plus de fiction.

Vanja d’alcantara

Vanja d’Alcantara est cinéaste. Elle a tourné au Kazakhstan avec des actrices polonaises (Beyond the Steppes, prix du Jury à Marrakech et prix du Meilleur film au Magrittes du cinéma belge, 2010) et au Japon avec des acteurs canado-belgo-franco-japonais (Le Coeur régulier, sortie belge printemps 2016). Son tout premier court-métrage racontait déjà le dialogue impossible « lost in translation » entre un homme (russophone) et une femme (néerlandophone) dans le transsibérien. Elle est passée par la case documentaire. C’était en prison, et en espagnol.

Thomas dandois

Thomas Dandois est journaliste et réalisateur de documentaires pour la télévision. Il a reçu: le prix Patrick Bourrat pour un reportage au Darfour, un grand prix Figra pour un reportage à Gaza et a été finaliste du Prix Albert Londres en 2012. Bien. Il a même eu son quart d’heure de gloire sur un tarmac, de retour en France après quelques mois dans une prison indonésienne. Il était accusé par les autorités de
«promotion de l’instabilité»: c’est un point de vue. Lui faisait juste son travail en racontant un autre point de vue, celui des Papous (des séparatistes, donc). Il est aussi père de famille (coucou les enfants!) et n’a pas oublié le moment où il a annoncé: «Papa est coincé chez les Papous», d’autant que ce n’était pas la première fois qu’il était en prison. (Au Niger il s’agissait «d’atteinte à la sûreté de l’Etat» et de séparatistes Touaregs.) Il préfère renoncer un temps à couvrir les terrains trop chauds mais pas les histoires tristes: son prochain film s’appelle Les Enfants de Daech.

Nicolas daniel

Nicolas Daniel est rédacteur en chef à l’agence de presse CAPA. Il a été professeur en banlieue pendant cinq ans. Il a quitté l’Education nationale avec beaucoup de regrets, quelques blessures et aussi pas mal d’histoires à raconter.

Charles emptaz

Charles Emptaz est réalisateur de grands reportages. Tout a commencé chez Canal +, où il faisait des photocopies. Ensuite ce fut de l’info chez i-Télé, du magazine en free-lance, et le plantage d’une société (Quatre-Vingt Productions). En 2011, il rapporte un scoop de Libye. Depuis, il continue : guerre des zébus à Madagascar, conflit forestier au Kivu et une fuite épique à travers le Soudan du Sud. Son film Burundi : ils ont tué la démocratie pour Arte a remporté le prix du grand reportage au Figra, une étoile de la Scam et a été finaliste du prix Albert Londres.

Anne georget

Anne Georget est réalisatrice de documentaires. Alors que sa carrière était organisée autour du grand reportage et des films scientifiques, la lecture d’un article du New York times, il a presque vingt ans, l’a projetée dans une enquête historique qui a changé sa vie, et dont elle a fait un livre et deux films : les recettes de Minna et Festins imaginaires, qui vient d’être diffusé sur la Chaîne Planète. Quand elle ne tourne pas, elle défend le droit d’auteur et la création audiovisuelle, grâce à son action à LA SCAM, la société civile des (40 000) auteurs français et belges dont elle était présidente jusqu’à l’an dernier.

Marion gervais

Marion Gervais est réalisatrice de documentaires. Tout a commencé par sa rencontre avec une petite fille qui vivait dans une voiture et naviguait entre l’école et la rue, du haut de ses 10 ans. Marion venait justement d’en avoir 40, elle était directrice de casting pour le cinéma. Elle s’est alors inscrite à une école de cinéma «du réel», les Ateliers Varan, et a commencé à filmer La vie de Cassandra. Puis elle continué. Anaïs s’en va t’en guerre, à propos d’une jeune femme qui veut devenir agricultrice, a conquis l’internet (700 000 vues) et les festivals. Elle vit dans un village au bord de la Rance et a pris son temps pour traverser la France jusqu’à un autre village, au bord de la Garonne.

Nadjet ghemzi

Lila Msissou est journaliste pour la télévision. Elle réalise des reportages pour les magazines d’information Envoyé Spécial sur France 2, Enquête Exclusive, Capital et 66 minutes sur M6. Elle aime jongler avec les fausses identités, manier la caméra cachée et se glisser dans la peau d’une autre. Si elle n’avait pas été journaliste elle aurait aimé être espionne – d’ailleurs Lila Msissou est un pseudo et elle est ceinture noire de Kung Fu.

Laurence graffin

Laurence Graffin est journaliste et réalisatrice. Après avoir débuté à l’hebdomadaire L’Express, elle a réalisé des reportages pour des magazines cultes de la télévision française : Envoyé Spécial, Thalassa, Faut pas rêver… Quand elle aime un sujet (ou une culture), elle ne le lâche pas. Le Paraguay, par exemple : après plusieurs voyages, elle a écrit un livre sur les Paraguayens. L’Amérique du Sud et le Sahel : elle a ni par ouvrir, à Paris, une galerie d’art et d’artisanat venus de ces deux régions. Ou le peintre d’avant-garde André Mare, son beau-père, qui a fait (et peint) la Grande Guerre, et auquel elle a consacré un livre puis un film.

Yves jeuland

Yves Jeuland est réalisateur : 26 documentaires au compteur. Il s’est essayé au journalisme (“je suis trop lent”), à la chanson française (il fait un Montand très convaincant) et même à la politique. Il a fini par tourner une trilogie sur le pouvoir : sa conquête (Paris à tout prixsur la campagne Séguin-Tiberi-Delanoë), son exercice (Un temps de président avec Hollande à l’Elysée) et la fin de règne (celle de Georges Frêche, Le Président à Montpellier). Il alterne films d’archives et cinéma direct, petit et grand écran et aime autant filmer les hommes politiques que les artistes.

Safia kessas

Safia Kessas est journaliste et productrice de Tout ça (ne nous rendra pas le Congo), l’émission qui traite de sujets sérieux avec un peu d’ironie, lancée par les créateurs de feu Strip-Tease sur la RTBF. Elle est sans doute la seule journaliste en Europe à avoir suivi d’authentiques terroristes, Jean-louis Denis, et Fouad Belkacem de sharia4belgium, alors qu’ils étaient à la tête de filières de recrutement vers la Syrie. Ils ont tous deux été incarcérés depuis. Son dernier documentaire s’intitule Le Djihad des mères.

Jasna krajinovic

Jasna Krajinovic est réalisatrice de documentaires. A 23 ans, alors que la Yougoslavie natale implose, elle se lance dans le cinéma, quitte Ljubljana pour Bruxelles et est admise à l’Insas. Depuis, elle a réalisé des films sur des réfugiées en Bosnie (Saya et Mira, 2003) ; des démineuses au Kosovo (Deux soeurs, 2006) ; un jeune criminel en Slovénie (La chambre de Damien, 2008) ; un enfant soldat en Russie (Un été avec Anton, 2012) et une mère de djihadiste en Belgique (La chambre vide, 2016). Ses cinq films, récompensés et diffusés internationalement, ont tous été produits par “les frères » : Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Rémi lainé

Rémi Lainé est réalisateur de documentaires. Carte de presse à 19 ans. “Je me voyais fouiller la merde, courir le monde”. Ça commence par la case Montbéliard où il intègre la rédaction du Pays de Franche-Comté, rubrique faits divers. Il est débauché par une équipe de la télévision (description du poste : “On cherche Rouletabille”) et entame une collaboration au long cours avec Daniel Karlin, qui culmine par un Sept d’or pour Justice en France, où pour la première fois, des audiences sont filmées. C’était il y a vingt-cinq ans. Depuis, il a signé trente films. Le dernier, La Rançon, d’après un livre de Dorothée Moisan, raconte le marché mondial du kidnapping – Mogadiscio, Caracas, Londres, Abidjan, Copenhague, San Antonio, Singapour – et passe demain soir sur Arte.

Jérôme lambert et philippe picard

Jérôme Lambert et Philippe Picard sont auteurs et réalisateurs de documentaires. Ils écrivent et tournent à quatre mains depuis vingt ans, après s’être rencontrés sur les bancs de la Sorbonne. La liste de leurs sujets de films amène cette conclusion incontournable : ce sont de joyeux omnivores. Les documentaires qu’ils ont dernièrement consacrés au STO, aux prisonniers de guerre et aux populations civiles en 1945 – Les déracinés, sélectionné aux Rendez-vous de l’Histoire 2016 – témoignent d’un intérêt certain pour des épisodes non héroïques du XXème siècle. Ils vont investir l’antenne d’ARTE en 2017 avec « Instantané d’histoire », 20 documentaires basés sur des photographies d’amateurs, qui évoqueront le destin de 20 personnages ordinaires. Le duo s’intéresse aussi à l’humour, dont ils ne seraient pas dépourvus, selon des sources proches de l’enquête. Leur documentaire Charlie 712 , histoire d’une couverture est un des films les plus tristement drôles de l’après-7 janvier 2015.

Juliette lambot

Juliette Lambot est directrice des programmes d’une chaîne du câble. Grand reporter pour Thalassa, elle a sillonné les océans et les mers du globe pendant 17 ans. Son port d’attache reste Marseille où elle est née et auquel elle a consacré un beau-livre, Calanques, avec le photographe Gilles Martin-Raget. Elle est également co-auteur du Tour du monde en Cargo(Le Havre, NewYork, Panama, Shangaï, 84 jours sur un porte-conteneur de la CMA-CGM). Maintenant qu’elle a un beau bureau de directrice à Planète +Thalassa, à Boulogne (Billancourt), elle pense au grand large, mais surtout aux horizons que lui ouvre sa passion, le théâtre.

Fabrice launay

Fabrice Launay est journaliste et réalisateur. Il filme et réalise des grands reportages – dont une enquête au Sri Lanka récompensée par le Prix Albert-Londres. Après dix ans en Asie, il avait envie de changer d’air et a quitté Bangkok pour Orléans. Ça a marché. Il tourne avec Vanessa Dougnac et Claire Braud Wonderful War, pour ARTE.

Stéphanie lebrun

Stéphanie Lebrun est journaliste, productrice de documentaires et fondatrice de l’agence de presse Babel, créée à New Delhi par des camarades de promo d’une grande école, le CFJ. Après l’Inde, elle s’est installée au Brésil, pour être au plus prêt du terrain. L’agence est désormais présente sur trois continents avec des bureaux à Miami, Rio, Londres, Marseille et Paris. Parmi les centaines de films produits en dix ans, l’enquête La Guerre de la polio, tournée en Afghanistan et au Pakistan pour France 2, a été distinguée par le prix Albert Londres. Elle a récemment exploré un autre continent, le numérique, en participant à la plateforme Spicee, qui propose du documentaire en ligne, sur abonnement.

Alexis marant

Alexis Marant est réalisateur de documentaires et lauréat du Prix Albert Londres, pour une enquête sur l’infanticide en Asie. Car mettre la plume dans la plaie c’est, aussi, recueillir la parole d’une mère qui a empoisonné son bébé parce que c’était une fille (trois cuillerées de jus de tabac). Il vient de quitter l’agence de presse Capa après y avoir réalisé vingt films en vingt ans. Sinon, il refuse d’avoir un sujet de prédilection, s’intéresse à tout, n’est spécialiste de rien. Un rapide coup d’oeil à sa filmographie ne dit rien d’autre : on y croise des pro- pagandistes de Daech, des travailleurs pauvres, des homophobes, des adolescentes qui se prostituent, des grands singes, des spéculateurs in- diens. Ah! Un pygmée qui fait du cinéma.

Olivia mokiejewski

Olivia Mokiejwski est journaliste et réalisatrice de documentaires. Elle compte deux “k“ et un “w“ dans son patronyme, ce qui est très rare (son père et son frère ont d’ailleurs renoncé à faire usage de leur nom, ce qui fait encore baisser les statistiques). Elle s’est choisi, elle aussi, un pseudonyme, puisqu’elle a été sur France 2, à une heure de grande écoute “L’Emmerdeuse”, du nom de sa collection d’enquêtes à la première personne. Elle s’est intéressée au Coca Cola (La Formule secrète), à la filière porcine (Une vie de cochon) et à la gestion des déchets (Piège de plastique). Elle a également été rédactrice en chef de l’émission de Yann Arthus-Bertrand, Vu du ciel. Plus le temps passe, plus elle passe du temps sur ses reportages : deux ans pour Le Peuple des abattoirs (Grasset) et trois ans pour Rhino Dollars, visible sur arte.tv pendant quinze jours encore.

Loïc parmentier

Loïc Parmentier est journaliste politique à la rédaction de RTL, chaîne dont le journal télévisé est le plus regardé en Belgique francophone. En mai dernier, un de ses reportages a conduit le parti centriste à exclure de ses rangs la députée Mehinur Ozdemir, qui refusait de reconnaitre le génocide arménien.

Jean-baptiste peretie

Jean-Baptiste Péretié est auteur et réalisateur de documentaires. La liste de ses sujets de films amène cette conclusion incontournable : c’est un joyeux omnivore. Après une comédie sur les doux stéréotypes qui collent à la peau des Français chez les Anglo-saxons (French Bashing , Canal +, 2014) et une enquête sur l’âge d’or de la presse à scandales, autrement dit le “journalisme d’imagination” (Tabloïds , Arte, 2015), il vient de réaliser un film d’entretiens avec d’anciens candidats à la présidentielle française ( Moi, Candidat, Canal +, 2017). Il a aussi passé quelques années à interviewer Guy Ribes, qui inventait des Picasso, des Renoir et des Matisse pour gagner sa croûte (attention jeu de mots) et a fini par écrire les vraies mémoires du peintre ( Autoportrait d’un faussaire , Presse de la Cité, 2015).

Nora philippe

Nora Philippe est réalisatrice de documentaire, auteure, commissaire d’exposition et productrice. Au départ tout était beaucoup plus simple : elle était normalienne. Elle a tellement adoré qu’après les lettres modernes et l’histoire de l’art, elle s’est lancé dans l’anthropologie et le cinéma (EHESS et NYU). Depuis, elle multiplie les occasions de retourner à l’université : en programmant des cycles de ciné- ma (à Columbia), en enseignant (aux Arts-Déco) ou en tournant un film (sur Barnard). Cela dit, elle se passionne pour à peu près tout : de James Ensor (le film qu’elle lui a consacré, Les Ensortilèges, a été distingué par une Étoile de la Scam) à une agence Pôle emploi de Seine-Saint-Denis (Pôle emploi ne quittez pas !). Sa dernière passion : la collection de poupées de tissu africaines-américaines de Deborah Neff. Elle va en faire un film, un livre, une exposition à la Maison rouge en 2018.

Anne poiret

Anne Poiret est journaliste, réalisatrice de documentaires et lauréate (à 30 ans) du prix Albert Londres. Le jour où la préfecture de police lui a accordé deux passeports français – fort pratiques pour jongler entre les demandes de visas – elle a compris qu’elle était grand reporter. Parmi ses terrains, il y a, classés de 1 à 178 par le Fragile State Index, du plus instable au plus sûr : le Yémen (1), le Soudan du Sud (3), l’Irak (13), le Pakistan (23), la Libye (28), l’Égypte (34), le Sri Lanka (46), le Cambodge (54), la Chine (88), la Namibie (107), la France (160), la Suisse (176), et même un pays qui n’en n’est pas – le Réfugistan – qu’elle a exploré pour Arte. Elle dit : « J’aime les après-guerres, les demi-teintes et les situations complexes ». On la croit sur parole. Son prochain film s’intitulera d’ailleurs Mossoul, après la guerre. Elle vient de finir Mon pays vend des armes – un film pour France 5 et un livre aux Arènes. Elle fait partie du comité éditorial de Disclose.ngo, un nouveau média d’investigation.

Camille ponsin

Camille Ponsin est réalisateur de documentaires. Il privilégie les immersions radicales dans des pays dont il ne parle pas la langue. Pour Les Demoiselles de Nankin, il devient professeur en Chine et filme des étudiantes modernes dans la plus vieille université du monde. Avec Bollywood Boulevard, également initié en cinéma direct (caméra à l’épaule, absence de commentaires et d’interviews, effacement du cinéaste qui est « a fly on the wall ») il finit par bouleverser la vie de celui qu’il filme, un gitan qui vit sur le trottoir à Delhi. C’est mieux que Slumdog millionaire. Cette année, il tourne un documentaire sur l’ethnologue Marie-José Tubiana, et en termine un autre sur le photographe et plasticien Bernard Faucon. Retour aux sources ? Il avait commencé comme chargé des enchères photographiques chez maître Binoche, commissaire-priseur.

Carolina sa

Carolina Sá est cheffe d’édition à la rédaction anglophone de France 24. En clair, elle se lève à 2 h pile, bien avant que Paris ne s’éveille, pour préparer le conducteur du JT. Avant de jongler avec les breaking news en France, elle a décroché un diplôme d’études africaines à Londres et mis à profit sa double-culture (elle est luso-brésilienne) pour travailler dans le cinéma et le documentaire des deux côtés de l’Atlantique.