Homme de l’ombre

Gilles boyer

Gilles Boyer se présente ces derniers temps comme “auteur, compositeur et bientôt interprète”. Ce n’est pas tout à fait vrai, même si son métier jusqu’à novembre dernier n’a pas de nom : “homme de l’ombre”, “homme de confiance”, “bras droit”, “lieutenant”, “collaborateur”. Lui aime bien “apparatchik”. Son chef c’était Alain Juppé pour lequel il a travaillé exactement quinze ans. Il a été son directeur de campagne pour la primaire de la droite. L’auteur-apparatchik aime faire des blagues sur Twitter, a écrit deux romans de politique-fiction avec son ami maire du Havre, Edouard Philippe, et sort Rase Campagne (le récit non fictionné d’une défaite) chez JC Lattès. Il est trésorier de la campagne de François Fillon (apparemment c’est symbolique) et “probable candidat” aux législatives de juin prochain.

Antoine deltour

Antoine Deltour est lanceur d’alerte. D’après Le Monde, c’est un garçon « discret », voire « timide ». Né à Epinal dans l’est de la France, il a étudié à Bordeaux, est devenu comptable chez PwC au Luxembourg, où en 2011, il a fait fuiter des documents à l’origine du scandale « Luxleaks » sur l’évasion fiscale au Luxembourg. Il avait 26 ans. Pendant le procès qui s’en est suivi, il a été soutenu par ses parents, son frère, sa sœur, le Guardian, Edward Snowden, Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit, Denis Robert et Thomas Piketty. En 2015, il a reçu le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit et le prix du citoyen européen, tous deux décernés par le Parlement européen. Plus niche, mais non moins honorable : il a été désigné comme personnalité de l’année 2015 par le magazine fiscal professionnel américain Tax Notes International. A part ça, il est chargé d’études dans un institut économique en Lorraine.

Thomas fourquet

Thomas Fourquet est haut fonctionnaire. Il a rejoint le doux giron de l’Etat, après une première vie de journaliste et de traducteur. Il a écrit pour la revue Schnock et Les Cahiers du football et conserve des intérêts variés entre lesquels il ne compte pas faire le tri : au hasard, les langues (il est aspirant persanophone et arabophone), les pays qui vont avec(l’Iran, l’Irak) et les histoires. Il
pourrait citer l’écrivain Henri Michaux à propos de celle de ce soir : “Si on racontait cette histoire à un vieux bâton, il reprendrait feuilles et racines.”