Écrivains bardés de prix littéraires

Alysia abbott

Alysia Abbott est américaine et écrivaine, journaliste et critique. Elle sera l’héroïne du prochain film de Sofia Coppola, qui a choisi d’adapter au cinéma Fairyland (traduit en français aux éditions Globe), l’histoire « d’un amour unique et merveilleux entre un père et sa fille ». Aujourd’hui elle vit à Boston avec son mari et ses deux enfants mais quand elle avait deux ans, à la mort de sa mère, elle s’est installée à San Francisco avec son père Steve Abbott, poète et militant de la cause gay. « San Francisco était notre monde, notre royaume enchanté, notre pays des fées. »

Filippo d’angelo

Filippo D’Angelo est écrivain. Né à Gènes, ancien élève de Normale Sup’ Pise, dix-septièmiste, docteur en littérature française, il a tellement souffert pendant l’écriture de sa thèse – consacrée au roman libertin – qu’il a tourné le dos à l’enseignement pour se lancer dans la fiction. Il vient de publier La Fin de l’autre monde, très remarqué en Italie, sur la déliquescence berlusconienne de la bourgeoisie. Il n’a jamais posé les pieds en Afrique, ni écrit pour les journaux, mais prépare pour la revue XXI un reportage sur la Centrafrique.

Jean bofane

Jean Bofane est écrivain. ll grandit sur la plantation de café que dirige son beau-père belge et quitte une première fois le Congo pour la métropole en 1960. Il rentre au pays, le Zaïre de Mobutu, en 1983, fait carrière à Kinshasa dans la pub avant de se lancer dans la presse d’opposition et l’édition de BD satiriques. En 1993, il s’exile une seconde fois, multiplie les petits boulots et finit par publier, chez Gallimard Jeunesse, une fable politique (Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux). Son dernier roman, Congo Inc. (Actes Sud) est traduit en six langues. Il vit à Bruxelles mais aime se souvenir qu’il est né là où le fleuve Congo croise l’équateur, “latitude zéro, à midi”.

Miguel bonnefoy

Miguel Bonnefoy est romancier et franco-vénézuélien, mais on ne sait pas dans quel ordre. Le voyage d’Octavio, son premier roman, a remporté le Prix Edmée de la Rochefoucauld, le Prix L’Ile aux Livres, le Prix Fénéon, le Prix de la Vocation et une Mention Spéciale du Jury au Prix des Cinq Continents. La première conséquence de cette avalanche de récompenses fut la taille démesurée du bandeau de couverture. Anciennement veilleur de nuit dans un hôtel (entre autres), il aimerait un jour boire un verre avec Julio Cortazar, dit-il. Son dernier roman en date s’intitule Sucre Noir (éd. Rivages, 2017). Miguel Bonnefoy, dont on fait le pari qu’il a décidé un jour que la lutte serait joyeuse, est actuellement pensionnaire de la Villa Medicis, à Rome.

Frédéric boyer

Frédéric Boyer est écrivain. Mais aussi traducteur, normalien, poète et éditeur. Il a publié chez P.O.L. exactement 38 livres en 25 ans soit – avec Les Yeux Noirs à paraître à la rentrée – un livre tous les 10 mois et 7 jours, ce qui est très honorable. En 2008, il s’est lancé dans de nouvelles traductions de textes anciens avec Les Confessions de Saint Augustin (sous le titre Les Aveux), et de la Chanson de Roland et, alors qu’il ne connaissait “à peu près rien à l’Inde ancienne et moins encore au sanscrit”: le Kâmasûtra. Pour Bayard, il a dirigé une cinquantaine  de biblistes et d’écrivains (Cadiot, Echenoz, Novarina, Ndiaye entre autres) sur un chantier de 6 ans pour retraduire l’intégralité de la Bible, et travaille sur une autre Bible (un livre et une série animée) racontée par lui et illustrée par Serge Bloch.

Catherine clément

Catherine Clément est philosophe et romancière. Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, reçue première à l’agrégation de philosophie, elle a été formée par Jankélévitch, Lévi-Strauss et Lacan, ses “trois maîtres”. Elle enseigne à la Sorbonne dans les années 60, dirige les pages Culture du Matin de Paris dans les années 70, puis devient diplomate: au Quai d’Orsay en charge des échanges artistiques, puis en Inde, en Autriche et au Sénégal en tant qu’ “official hostess” en poste avec l’ambassadeur André Lewin. Son plus grand succès, Le Voyage de Théo s’est vendu à un million d’exemplaires.

Thomas clerc

Thomas Clerc est un écrivain qui aime ne pas se répéter. Il a publié des nouvelles (L’Homme qui tua Roland Barthes), une déambulation intime (Paris, musée du xxie siècle : le dixième arrondissement), une introspection perecquienne (Intérieur), et 751 poèmes sous le titre de Poeasy. Une constante néanmoins : tout ça est publié chez L’Arbalète / Gallimard. Il a passé son enfance dans un immeuble qui abrita Georges Perec, et l’appartement théâtre de son roman Les Choses. Géographie, topographie, échos intimes, fantômes présents, forme, contrepied… sont quelques-uns des hashtags des livres de Thomas Clerc.

Franck courtès

Franck Courtès est écrivain, distingué par la Société des Gens de Lettres et les membres du jury du Goncourt pour Autorisation de pratiquer la course à pied, finaliste du prix. Il a été marathonien (c’est fini). Photographe de presse (pour Libération, Les Inrocks, Télérama… C’est fini aussi, ça avait duré 26 ans). Il vient de publier La Dernière photo, chez Lattès. Ah et le livre qui a changé sa vie : Chasse subtile, de Ernst Junger.

Maylis de kerangal

Maylis DE Kerangal est romancière. Trois livres ont contribué à sa reconnaissance : Corniche Kennedy (éd. Verticales, 2008), Naissance d’un pont (éd. Verticales 2010, Prix Médicis) et Réparer les vivants (éd. Verticales, 2014). Le lien entre la “vérité” et l’imagination est au coeur de son travail, caractérisé par une démarche documentaire concomitante de l’écriture. Elle vient de publier Un monde à portée de main, où il est précisément question de trompe-l’oeil, d’illusion et de transmission. Pour de vrai.

Marie desplechin

Marie Desplechin est écrivaine. Quelque temps après sa sortie du CFJ, la grande école de journalisme, elle commence à écrire des livres pour enfants “par hasard”. Vraiment ? Elle qui adore voir chez les adultes les enfants qu’ils ont été : “J’ai 11 ans à la perfection”. En 1996, elle publie Verte, l’histoire d’une ado qui devient sorcière. Le livre remporte le prix du meilleur roman jeunesse et devient (avec Pome et Mauve) une trilogie à succès. Elle passe à la littérature adulte avec le roman Sans moi. Bam ! Best-seller aussi. Elle abandonne un temps la fiction avec La Vie sauve, un récit, à quatre mains écrit avec Lydie Violet, qui parle de maladie et de vie qui bascule. Et… elles remportent le Prix Médicis. Puis c’est une autre trilogie Le journal d’Aurore, pour la jeunesse. “Être proche de son enfance pourrait paraître infantile, mais c’est évidemment l’inverse.” Evidemment.

Mathias enard

Mathias Enard est écrivain. Né à Niort “dans la morne plaine où passèrent, quelque part aux alentours de 732, les guerriers arabes et berbères venus d’Andalousie”, il a suivi des études à l’Ecole du Louvre (art islamique), aux Langues O (persan et arabe) et abandonné une thèse presque terminée (monde iranien). Il a vécu en Syrie, au Liban, en Iran, en Allemagne, en Italie et en Egypte : ça a duré presque dix ans, et lui vaut encore de se faire traiter d’espion par ses amis. A Barcelone, où il s’est installé en l’an 2000, il a enseigné l’arabe à l’université et ouvert un restaurant libanais, le Karakala. Il est lauréat du Prix Goncourt 2015 pour Boussole.

Pauline guéna

Pauline Guéna est écrivain et scénariste. Elle a résolu avec panache l’épineuse question de l’équilibre entre vie de famille et vie professionnelle en partant en voyage d’affaires pendant un an, avec son mari photographe et leurs quatre jeunes enfants. De leur 40 000 kilomètres à six dans une caravane et de leurs 26 entretiens avec les plus grands auteurs des États-Unis et du Canada, Pauline Guéna et Guillaume Binet ont tiré un livre : L’Amérique des Écrivains, distingué par le grand prix des lectrices de Elle. Il lui arrive parfois de raconter, à la première personne, d’autres vies que la sienne : c’est ce qu’on appelle être “nègre” (ou plus élégamment co-auteure). Dernièrement, elle s’est mise dans la peau d’Alain Afflelou et de Murielle Bolle.

Arthur h.

Arthur H. est chanteur, compositeur et poète. Garçon qui cherche, artiste en mouvement, il est un “homme de danse, de transe, (…) de music-hall futuriste, homme de mots, homme de son” (c’est écrit sur son site, donc c’est vrai). Il a signé récemment son dixième album studio, Amour chien fou, et s’apprête à reprendre la route pour une tournée de plusieurs mois qui l’amènera à L’Olympia et à la Maison de la poésie, à Paris, en avril. Auteur du Cauchemar merveilleux (éd. Actes sud), Arthur H. est aussi depuis quelques années le complice des créations sonores et installations de l’artiste Léonore Mercier, notamment le Synesthésium, dôme magique, électroacoustique, son et lumière.

Dany laferrière

Dany Laferrière est écrivain et membre de l’Académie française. Il publie son premier livre à Montréal en 1985, intitulé Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer. Il a reçu le Prix Médicis en 2009 pour L’Énigme du retour. Dans Journal d’un écrivain en pyjama (éd. Grasset, 2013), à la fois méthode subjective et réflexion partagée sur l’activité d’écrire, il nous dit : “J’ai appris à rêver en regardant tomber la pluie dans mon enfance, et donc j’écris mieux quand il pleut”. Son dernier roman en date, Autoportrait de Paris avec chat(éd. Grasset, 2018) compte 320 pages entièrement dessinées à la main. Il semble que la liberté et la fantaisie soient entrées quai Conti.

Clémentine mélois

Clémentine Mélois est artiste et auteure. Elle vit et travaille à Nantes. Diplomée des beaux-arts de Paris, membre de l’Ouvroir de littérature potentielle, elle a signé un recueil de pastiches de classiques de la littérature (Cent titres, éd. Grasset, 2014), un roman inspiré de sa collection de listes de commissions (Sinon j’oublie, éd. Grasset, 2017) et un traité de nihilisme pour la jeunesse (Jean-Loup fait des trucs, éd. Les Fourmis rouges, 2015).
Elle fut l’une des “Papous” de France Culture et elle contribue aux revues Mon Lapin Quotidien (éd. L’Association), Le Courage (éd. Grasset) et feu Le Tigre. Son travail croise en une tresse échevelée culture pop et culture classique, culture web et histoire de l’art. Allez-y voir, c’est un conseil.

Mathieu simonet

Mathieu Simonet est écrivain, avocat, vice-président de la Société des gens de lettres – fondée en 1838 par Honoré de Balzac – et cofondateur de l’agence Gibraltar, qui propose formations et ateliers créatifs aux entreprises. Ce qui l’anime, c’est la littérature, dans sa composante à la fois ludique et intime. Son truc, c’est d’imaginer des dispositifs à la limite de la performance, qui permettent à des inconnus de se rencontrer ou de s’emparer d’une démarche artistique. Il lui est arrivé d’envoyer des mails à 100 personnes qui ne se connaissaient pas, pour les inviter à se retrouver. Ou de proposer à 1 000 patients dans 37 hôpitaux de Paris d’écrire sur leur adolescence. Pour le Magazine littéraire, il a dirigé un hors-série sur l’écriture de soi. D’ailleurs, il pratique l’écriture de lui-même. Il a publié un roman sur lui (Les Corps fermés), sur sa mère (La Maternité), sur son père (Barbe Rose) et sur son amie de coeur (Anne-Sarah K.).

Murielle szac

Murielle  Szac est écrivaine, journaliste et éditrice : elle a donc plusieurs casquettes (et un foulard rouge dans les cheveux). Elle est rédactrice en chef déléguée auprès du monde enseignant, chez Bayard et directrice de collections aux éditions Bruno Doucey (une maison dédiée à la poésie contemporaine) et chez Actes Sud junior (portraits de “Ceux qui ont dit Non”). Elle adore l’école et l’école lui rend bien : sa trilogie de récits mythologiques pour les enfants – Le Feuilleton d’HermèsLe Feuilleton de Thésée et Le Feuilleton d’Ulysse- best-seller de Bayard Jeunesse, est lue quotidiennement entre les murs de salles de classe à travers la France. Dans une autre vie, elle était journaliste politique à L’Evénement du jeudi.

Alice zéniter

Alice Zéniter est romancière. A 16 ans, elle publie son premier livre. C’est chic. A 19 ans, elle est reçue à Normale Sup’. C’est vraiment chic. Après ses études, elle entreprend de mettre en scène des pièces de théâtre et de voyager entre la France et la Hongrie. Sombre Dimanche – prix du livre Inter 2013 – lui permet, à 26 ans, d’arrêter les petits boulots alimentaires, ce qui est un soulagement pour elle, ses parents et son banquier. En 2015, elle publie Juste avant l’Oubli (Flammarion) et reçoit le prix Renaudot des lycéens. Elle a récemment traduit le roman de l’américaine Chris Kraus I love Dick, un jeu de mots forcément intraduisible à base du prénom Richard et du mot pénis. Elle vit dans une “zone blanche” loin des réseaux, en Bretagne.