Auteurs

Auteurs de BD et de récits graphiques

MARC BOUTAVANT
Marc Boutavant est auteur et illustrateur. Il a grandi dans un village en lisant Le Journal de Mickey et un jour, on ne sait pas comment, il s’est retrouvé à Paris à étudier les arts graphiques. Un autre jour, juste avant l’an 2000, «un stylet en plastique m’a poussé dans la main droite. Ça a été la révolution.» Il s’est mis à dessiner sur ordinateur et a intégré l’atelier des Vosges où bullaient (jeux de mots) plein d’auteurs nouveaux et intéressants. Emmanuel Guibert lui propose de dessiner l’histoire d’un petit âne comme vous et moi. «Pas question, la BD, c’est trop fatiguant». On connaît la suite: dix-sept ans que ca dure – chaque mois dans J’aime Lire et en épisodes télévisés. En 2007, son héros Mouk, vaguement petit ours, vaguement lui-même, fait le tour du monde à vélo, puis devient un dessin animé. En 2013, il illustre le premier roman d’une série écrite par Colas Gutman. C’est Chien pourri (qui ressemble fort à un autre chien, Dix-huit dans Ariol, mais chut)

CLAIRE BRAUD
Claire Braud est auteure de bandes dessinées. Son album Mambo a reçu le prix Artemisia de la BD féminine, proclamé chaque année le jour de la naissance de Simone de Beauvoir, ce qui ne l’a pas empêchée de s’attaquer à un sujet pas forcément féminin pour son album Chantier interdit au public. C’est l’adaptation d’une thèse de sociologie sur les conditions de travail dans les grandes entreprises du bâtiment français. Elle a co-réalisé, avec Vanessa Dougnac et Fabrice Launay, un documentaire en animation pour ARTE : A Wonderful War.

TOMMY DESSINE
Tommy Dessine est, comme son pseudo judicieusement choisi l’indique, dessinateur. Il est aussi dijonnais d’origine et diplômé de Sciences Po. Après avoir dirigé un groupe du CAC 40, il a mis de côté sa passion pour le management afin de se consacrer – au soulagement de ses parents – à une activité sérieuse. Dessin de presse, illustrations en direct, croquis, la holding Tommy Dessine Inc. propose une large gamme de produits de qualité, dont un échantillon représentatif vous est proposé aujourd’hui. Le reste de la gamme sur tommydessine.com.

ÉLODIE DORNAND DE ROUVILLE

Elodie Dornand de Rouville est artiste et illustratrice. Diplômée des Beaux-Arts de Paris, elle s’installe en Corée sur un coup de tête, parce qu’elle aime être lost in translation. Sérigraphie, installation, dessin, peinture, graffiti-paper, sound-mapping : elle multiplie les médias et les perspectives et expose régulièrement à Séoul depuis 2005. Elle a été artiste en résidence à Beppu au Japon, invitée de l’Institut français de Fukuoka, du Art Festival de Yeosu et du Mac Val de Créteil. A l’occasion de l’année France-Corée, elle a publié à l’Atelier des Cahiers Croquis de Corée, un guide illustré de la culture coréenne, écrit avec l’anthropologue Benjamin Joinau.

JACQUES FERRANDEZ

Jacques Ferrandez est auteur de bandes dessinées. Né à Alger pendant les « événements » installé ensuite à Nice, il a passé plus de vingt ans à narrer l’histoire commune entre la France et l’Algérie (Carnets d’Orient, en dix volumes). Il publie aussi des carnets de voyages sur les pays de la Méditerranée, et adapte de la littérature en bande dessinée : du polar avec Tonino Benacquista, aux grands classiques avec Pagnol et Camus. Il est contrebassiste dans un quintettte de jazz et ne s’énerve plus quand on l’appelle Monsieur Fernandez.

EMMANUEL GUIBERT

EMMANUEL GUIBERT est auteur de bandes dessinées et scénariste. Il dit souvent «Ariol c’est moi». Et aussi «Dessiner, cela permet de détacher des morceaux de réel et de les emporter chez soi…» Cette année, il a reçu le prix Goscinny du Festival d’Angoulême pour l’ensemble de son oeuvre. On peut pas faire beaucoup mieux. Il peut tout faire d’ailleurs : enchanter les petits avec ses héros Ariol et Sardine de l’espace (dessiné par Joan Sfar puis Mathieu Sapin), raconter la vie des autres (La Guerre d’Alan, Le Photographe, des Nouvelles d’Alain), documenter l’Histoire en BD (Brune, sur la montée du nazisme,son premier livre), croquer l’Italie (Italia) et même pousser la chansonnette.

VAHRAM MURATYAN

Vahram Muratyan est artiste et designer graphique. Il est l’auteur de Paris vs New York, ouvrage qui célèbre les deux villes à travers un match visuel et amical, puis de Tick Tock, illustrant nos vies à mille à l’heure. Pour M le Magazine du Monde, il a croqué chaque semaine la ville puis les people, et apparait régulièrement dans Elle. De Prada à Air France, il choisit ses collaborations avec soin. A l’été 2016, il est l’invité de la revue Feuilleton pour un numéro spécial La France vue de l’étranger et prépare son prochain livre visuel pour 2017.

FRANÇOIS OLISLAEGER
François Olislaeger est dessinateur et auteur de bandes dessinées. Un rapide coup d’oeil à ses oeuvres amène cette conclusion incontournable. C’est un joyeux omnivore : dessins d’actu pour la presse quotidienne, illustrations pour la littérature jeunesse, reportages dessinés, installations diverses. Ah si, une constante, le spectacle vivant. Après sept années de reportages au Festival d’Avignon, il publie Carnets d’Avignon et s’aperçoit qu’il aurait voulu apprendre à danser. Il s’en entretient avec Mathilde Monnier, chorégraphe. La rencontre entre le dessinateur et la danseuse accouchera d’une BD sur le processus créatif : Mathilde – Danser après tout. Il a aussi écrit et illustré la biographie Marcel Duchamp – Un petit jeu entre moi et je. Il vivait à Mexico jusqu’à cet été. Chaque jour, il peint une fleur fraîche et poste l’aquarelle sur Instagram.

ROBIN

Robin est auteur de bandes dessinées, directeur artistique du magazine Popi et illustrateur. D’ailleurs, il ne s’appelle pas du tout Robin mais Pascal. Sa ressemblance frappante avec un superhéros – l’acolyte de Batman – lui a valu ce surnom, qu’il a adopté comme nom de plume. Voilà pour la petite histoire. Quant à la grande Histoire, il adore tout particulièrement les 17e, 13e et 1er siècles : il a publié un récit graphique autour de Titus van Rijn, Le Fils de Rembrandt, puis a passé trois ans à dessiner Povorello, une biographie de François d’Assise et, enfin, vient de remporter un prix à Angoulême pour Les Larmes d’Esther. En 2014, le concept store Colette l’a invité à exposer les Skuggis, une série de photos, souvent des paysages, dans laquelle sont incrustés des personnages dessinés, souvent amoureux. Ce sont des Skuggis qui illustrent le programme que vous avez entre les mains.

MATHIEU SAPIN

Mathieu Sapin est dessinateur de bande dessinée. Après avoir partagé son atelier avec la fine fleur du 9e Art (Christophe Blain, Riad Sattouf, Joann Sfar…), inventé un héros improbable à qui la bière donne des super pouvoirs (Supermurgeman), fait un carton chez les enfants avec Sardine de l’espace et Akissi, il a décidé, la quarantaine approchant, de s’attaquer à un sujet sérieux : la Ve République. Son album Le Château (chez Dargaud), malgré tous les efforts de son auteur pour rester grave, est une comédie dessinée 100% vraie.

JEAN-PHILIPPE STASSEN

Jean-Philippe Stassen est dessinateur de bande dessinée. A 15 ans, pour rembourser des frais de nettoyage d’un rideau de fer à Liège, sur lequel son ami Hafid et lui-même avaient réalisé une magnifique fresque, il accepte un premier travail rémunéré : une BD sur l’immigration marocaine en Belgique. En 1994, l’actualité rwandaise change le cours de sa vie. Il publie Déogratias – une fiction graphique sur un jeune génocidaire – et continue ensuite à s’intéresser à l’histoire
des anciennes colonies belges. En 2005, installé au Rwanda, il prend six mois pour lire Heart of Darkness de Joseph Conrad en V.O. Il en fait un livre avec l’historien Sylvain Venayre. Ses amis, et même ceux qui ne le sont pas, lui reconnaissent un certain talent de cuisinier (ah les boulets sauce lapin). Retour aux sources, son prochain livre Les Gentils se déroule à Liège. Il vit à Paris.

MARCELINO TRUONG

Marcelino Truong est illustrateur et auteur de bandes dessinées. Il a commencé à raconter son enfance voyageuse en 2012 dans Une si jolie petite guerre- Saigon 1961-63, son premier roman graphique. Il relate la décennie suivante dans Give Peace a Chance paru en 2015 chez Denoël Graphic.

BLAGUEURS, BLOGUEURS, HUMORISTES ET CHRONIQUEURS

MARIE BONNISSEAU
Marie Bonnisseau n’est plus pigiste, puisqu’elle vient de signer un CDD de trois mois chez Canal +. En 2011, elle a accompli l’exploit d’intégrer le CFJ avec la plus mauvaise note de l’histoire de l’école : à son grand oral, pour des raisons qui ne lui ont jamais été spécifiées. Sa vocation est née au cours d’un stage dans un service de com’. Elle prête sa voix pour le répondeur. Et là bam! Coup de foudre avec le micro. Le secteur des répondeurs institution- nels étant sacrément concurrentiel, elle se rabat sur la radio. Le CFJ lui ayant appris à très bien faire les liaisons, elle entame un grand tour de la maison ronde : France Bleu Berry, Poitou, Béarn, le Mouv’. Elle se cherche et se trouve trois ans plus tard à la télévision. Canal + lui propose alors de la payer pour écrire des blagues. C’est toujours en cours.

DOROTHÉE DREVON
Dorothée Drevon est journaliste. Ou fut journaliste, elle ne sait plus très bien. Elle n’est pas diplômée du CFJ, mais a plein d’autres qualités (si,si). A 10 ans, elle rêvait d’être comédienne.
A 18 ans, diplomate, pour «découvrir le monde 
et les gens». Mais des stages en ambassade, coincée derrière un beau bureau, la font capituler. Après deux ans d’humanitaire dans une ville de brousse malgache («découvrir le monde et les gens»), elle se lance dans le journalisme à Paris. En 2015, elle tire de ses expériences «Albert Londres, les pigeons et moi (ma vraie vie de journaliste)» un one-woman-show, tous les jeudis au théâtre de Dix Heures. Comédienne ? Après tout, elle en rêvait.

ÉLODIE ÉMERY
Elodie Emery est la créatrice du site Mon amie journaliste, qui aimerait réconcilier la profession avec ses lecteurs. Belle ambition. En attendant, elle s’est intéressée à l’engouement pour la religion bouddhiste. Après des enquêtes au sein du journal Marianne, elle a contribué à faire tomber un authentique Lama tibétain – et pas n’importe lequel, Sogyal Rinpoche – dont elle a exposé l’emprise et les violences sexuelles sur ses disciples. Elle a longtemps tenu une chronique quotidienne dans la Matinale du Mouv’ sur Radio France. Avant d’être journaliste, elle travaillait comme chef de produit chez L’Oréal. Une autre vie.

GUILLEMETTE FAURE
Guillemette Faure est chroniqueuse à M le magazine du Monde et à Radio Nova. Elle aime écrire légèrement sur les sujets sérieux, à moins que ce ne soit l’inverse. Elle a vécu douze ans à New York, où elle était correspondante pour Le Figaro et RTL, entre autres, avant de rejoindre la rédaction de Rue 89 puis des Inrocks. Ses derniers livres sur l’art de passer les plats (Dîners en ville, mode d’emploi) et sur l’évasion fiscale (Le loup dans la bergerie, avec Eva Joly) peuvent se lire séparément.

Cartographes, typographes et as de l’orthographe

RICHARD HERLIN
Richard Herlin est un obsédé textuel du genre voyeur. Il a fait de son vice un métier honnête, correcteur (plus exactement : rédacteur-réviseur-correcteur) qu’il exerce principalement sur les articles en ligne du journal (en papier) Le Monde. Fondamentalement humaniste, il considère que ce que l’on appelle des fautes ne sont finalement que des erreurs, et que l’erreur est humaine, donc pardonnable, à condition toutefois de ne pas (trop) persévérer. Afin d’être corrigé à son tour, il a écrit récemment deux ouvrages, Retour sur l’accord du participe passé et autres bizarreries de la langue française (avec Olivier Houdart et Martine Rousseau, Flammarion) et Les Règles typographiques (Garnier Le Monde).

ARNAUD HOEDT & JEROME PIRON
Arnaud Hoedt et Jérôme Piron sont linguistes de formation. Ils ont vécu plus de 20 ans sans se connaitre, mais c’était moins bien. Le 26 août 2003 aux alentours de 14h00, leur rencontre a lieu dans le couloir qui jouxte le bureau de la direction de l’Institut Technique et Professionnel Don Bosco de Woluwe-Saint-Pierre. Ils y enseignent depuis une dizaine d’années (respectivement Français et Religion Catholique). Ils organisent des sorties scolaires mémorables : dernièrement ils ont emmené leurs élèves soudeurs et électromécaniciens à un festival de Danse contemporaine à Brest. Ils sont les auteurs et interprètes de La Convivialité, une pièce créée cet automne au Théâtre National.

FLAVIE HOLZINGER & DELPHINE PAPIN
Flavie Holzinger et Delphine Papin sont journalistes et cartographes au journal Le Monde. Elle ont une passion commune pour les formes, les couleurs et pour Béatrice Giblin, leur directrice de thèse “une grande dame de la géopolitique française”. Un doctorat, ça ne s’écrit pas à deux : Delphine la parisienne s’est intéressée au quartier multiculturel de King’s Cross à Londres, Flavie la strasbourgoise est incollable sur Le Monde Diplomatique de 1991 à 2008. Eh oui. Aujourd’hui, elles passent leur temps à observer les fluctuations territoriales de l’Etat islamique et les nouveaux détours empruntés par les migrants. Les jours d’actu chaude, elles se lèvent tôt et gardent la tête froide.

PIERRE HUYGHEBAERT
Pierre Huyghebaert est graphiste, typographe, cartographe, artiste et co-fondateur de Médor, «le trimestriel belge coopératif d’enquêtes et de récits». Il co-anime aussi le studio (de design) Speculoos, expérimente au sein de l’alliance (de design) Open Source Publishing et enseigne (surtout le design) à La Cambre. Bref, il sait tout faire, surtout brouiller les lignes et les lettres. Sur son temps libre, il invente des typos et bidouille avec des logiciels libres (des programmes qu’on peut utiliser et modifier). D’ailleurs, si le graphisme de Médor est entièrement réalisé en logiciels libres (c’est une première en Belgique) c’est surtout grâce à lui.

CANTATRICE

SOUMAYA HALLAK
Soumaya Hallak est chanteuse lyrique. Sachant qu’il existe neuf catégories de sopranos, elle est “soprano dramatique Fa2 – Do5.” Comme Maria Callas. Comme Jessye Norman. Avec ses deux octaves et demi de tessiture, à elle les rôles d’Elizabeth (Wagner), Sieglinde (Wagner) et Bianca (Zemlinski). Mais notre cantatrice éclectique ne s’enferme pas dans sa catégorie et chante parfois des rôles de mezzo. Elle a étudié le chant lyrique et la musicologie à Genève, Venise, Bruxelles (à la Chapelle musicale Reine Elisabeth) et à l’Opéra studio de Copenhague. Parfois, elle fait des choses qui n’ont rien à voir avec l’opéra : du chant arabe classique et des airs de sa Syrie d’origine.

Chroniqueurs judiciaires

STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
Stéphane Durand-Souffland est chroniqueur judiciaire au Figaro. Il est né un vendredi 13 et n’en a tiré aucune superstition, bien que le seul emploi stable qu’il trouva fût dans le journalisme. Le procès de Guy Georges fut son baptême du sang, c’était en 2001 : depuis, il ne quitte plus les bancs de bois des tribunaux. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Frissons d’assises (Denoël, 2012) et, avec l’avocat Eric Dupond-Moretti, Bête noire (Michel Lafon, 2012). Amateur de frissons d’assiettes, il pratique aussi la chronique gastronomique.

ONDINE MILLOT
Ondine Millot a longtemps été reporter judiciaire à Libération. Massacre à coups de guéridon, décapitation au couteau de cuisine, meurtre au fusil de chasse, attaque au tracteur, elle raconte vingt crimes passionnels qu’elle a couverts pour son journal dans un petit livre rouge intitulé L’Amour à mort (Steinkis, 2013). Le reste du temps, elle s’adonne à son hobby (la collection de sabres japonais très tranchants) et file le parfait amour.

DOROTHÉE MOISAN
Dorothée Moisan a été correspondante de l’Agence France Presse à Washington, puis à Bruxelles et au Palais de justice de Paris. En 2013, elle a publié Rançon$ sur le business international des otages (éd. Fayard). Elle est aussi à l’aise avec les assureurs de la City qu’avec les espions reconvertis dans le conseil et les Messieurs Afrique de tout poil.

SÉVERINE PARDINI
Séverine Pardini est chroniqueuse judiciaire. Après huit ans d’études (lettres, sciences politiques et journalisme) elle se décide enfin à travailler et devient localière, puis « fait-diversière » à La Provence. Elle a publié Nouveaux bandits en 2013 avec Bruno Aubry et Sacrifié de la BAC Nord en 2015.

PASCALE ROBERT-DIARD
Pascale Robert-Diard est journaliste au Monde depuis fort longtemps. Elle aime la vie de palais (de justice) et tient ses chroniques judiciaires – procès-fleuves et instantanés d’audience – sur lemonde.fr. Le matin du mercredi 9 avril 2014, elle a assisté à la chose “la plus déchirante qui [lui ait] été donnée de vivre“ au cours du procès de Maurice Agnelet : “l’explosion en direct et en public d’une famille et de ses secrets“. Elle en a fait un livre, La Déposition, aux éditions l’Iconoclaste. Elle finit d’écrire Mille et un crimes, à quatre mains avec le chroniqueur judiciaire du Figaro Stéphane Durand-Souffland.

VALÉRIE DE SENNEVILLE
Valérie de Senneville est journaliste judiciaire aux Échos. Elle vient de publier avec Isabelle Horlans Les grands fauves du barreau sur les stratégies de communication déployées par les pénalistes autour des grands procès. Ah! Le duo Kerviel-Koubbi : un magnifique cas d’école. A propos d’école elle enseigne aux magistrats de l’ENM et aux étudiants d’Assas. Comment leur dire ? Après des années de procrastination, elle vient de renoncer à finir sa thèse en droit international économique. Dommage, le sujet – les transferts de fonds – est d’une actualité brûlante. Pour se détendre, elle lit La vie judiciaire ou Le bulletin du barreau. Les annonces légales, elle adore. Ah, et elle a gagné un procès contre Closer, mais ça c’est une autre histoire.

DOMINIQUE SIMONNOT
Dominique Simonnot est chroniqueuse judiciaire au Canard Enchaîné. Après avoir envisagé une carrière de magistrate ou d’avocate, elle est devenue éducatrice à l’administration pénitentiaire, puis est passée de l’autre côté, sur le banc de la presse. Elle fait précisément ce dont elle a toujours rêvé : courir les tribunaux et assister aux audiences de « flags » ou comparutions immédiates.

DOMINIQUE VERDEILHAN
Dominique Verdeilhan est chroniqueur judiciaire pour la rédaction de France 2 depuis quelques années (27, en fait). Son métier, c’est raconter à la télé des choses qu’on ne peut pas montrer à la télé, puisqu’il n’y a pas de caméra dans un tribunal. Il est l’auteur de Portraits de Justice (éd. Dargaud). Bien que fréquentant assidûment magistrats et avocats, son casier judiciaire est toujours vierge.

Cinéastes

BORIS LOJKINE
Boris Lojkine est cinéaste. À 19 ans, il est reçu major de Normale Sup’. Il est donc très fort en latin, en grec et en surtout en philosophie. Il a écrit une thèse sur “Crise et histoire“, avant de passer l’agrégation. Puis il arrête net (la philosophie). On le retrouve caméra au poing, ayant appris le vietnamien, et le métier de réalisateur. Il réalise deux documentaires au Vietnam, projette de tourner au Congo – sur les Pygmées, puis les Mai Mai – mais est déjà passé à autre chose. “Le voyage m’a amené au documentaire et le documentaire au cinéma”. Son film Hope, une fiction tournée dans les “ghettos” du Maroc avec des clandestins camerounais et nigérians en route pour l’Europe, a été primé à Cannes en 2014. C’était le 22 mai. Dix jours avant, en écoutant les infos, il apprenait la mort en Centrafrique d’une “photographe de guerre” française. Depuis, il s’est emparé de la vie de cette inconnue pour en faire un film qui sortira en 2018. Son titre : Camille.

Collectionneurs de faits divers

ADRIEN GINGOLD
Adrien Gingold est auteur et producteur pour la télévision. Il a travaillé dix ans chez Radio Nova où il a touché à tout, du standard à la rédaction en chef en passant par l’antenne. Il a réalisé son rêve d’enfant : se perdre dans les entrailles de l’Amérique du Sud pendant un an et en est revenu avec des clips musicaux, des coups de soleil, et des maillots du PSG. Un improbable concours de circonstances l’a amené à publier aux éditions Tripode non pas un mais deux best-sellers : Le Tout va bien et Le Tout va Bien 2015, des recueils de titres de presse. Ecrit comme ça, cela peut paraître bizarre, mais c’est très drôle.

Correspondants (ici) de la presse anglo-saxonne

MAIA DE LA BAUME
Maïa de La Baume est journaliste. Elle couvre l’actualité européenne pour Politico, qui s’est imposé à Washington puis à Bruxelles avec une expertise qui tient en cinq mots : « Nobody knows politics like Politico ». Elle passera (peut-être) à la postérité en tant que « toute première journaliste française embauchée par la rédaction du New York Times » où elle a travaillé pendant neuf ans. Elle est née à Paris, a grandi aux Etats-Unis, en Pologne, en Suisse et en Italie, et a co-écrit un guide touristique (Le Petit Futé de l’Italie du Sud, 2012). Le fin fond de la Calabre n’a donc plus de secret pour elle, un peu comme la rue de la Loi (a.k.a. le siège des grandes institutions politiques, à Bruxelles).

ALISSA DE CARBONNEL
Alissa de Carbonnel est correspondante à Bruxelles de l’agence anglaise Reuters. Elle couvre les questions énergétiques et de lutte contre le terrorisme. Ça la change drôlement de Moscou, où elle a été en poste pendant huit ans pour Reuters et l’AFP. Elle a vu la guerre, en Ukraine. Elle a sillonné des terres qui ne sont plus en guerre et pas en paix : le Daguestan, la Tchétchénie et l’Ingouchie. Elle est franco-américaine, diplômée d’Oxford et de Cornell, parle quatre ou cinq langues, et a eu au moins trois vies. Avant d’être journaliste elle était trader dans une banque d’affaires, la Barclays, à Londres. Et encore avant ça, championne internationale de patinage artistique : 27e place, danse sur glace, championnats du monde 2000. Trop forte.

MARIE DOEZAMA
Marie Doezema est journaliste. C’est une Américaine à Paris, après avoir été une Américaine à Tokyo et une Américaine à Doha. Elle a produit des sujets pour Al Jazeera, écrit pour le Asahi Shimbun et le New York Times. Elle aime être pigiste, enseigne au Celsa et pendant son temps libre construit une machine à remonter le temps.

SIMON KUPER
Simon Kuper est chroniqueur pour le Financial Times. Après avoir longtemps analysé le marché des changes, il a fini par convaincre son vénérable journal de le laisser écrire des billets d’humeur sur le football (souvent) et la vie parisienne (parfois). Il a vécu avec ses parents sud africains entre l’Ouganda et les Pays-Bas, avant d’épouser une Américaine et de s’installer par hasard en France. Il a assisté à huit coupes du monde et consacré un livre entier à l’Ajax Amsterdam, « sans aucun doute l’institution la plus importante de Hollande, après la famille royale ». Son dernier livre a été publié en français sous le titre Les Attaquants les plus chers ne sont pas ceux qui marquent le plus et autres mystères du football décryptés (avec Stefan Szymanski, éd. De Boeck).

SIMON MARKS
Simon Marks couvre l’actualité de la Commission européenne pour l’agence Market News International, tout en réalisant des investigations au long cours pour The Guardian. Il a été pendant cinq ans reporter puis rédacteur en chef adjoint du Cambodia Daily, à Phnom Penh. C’est un gars de Belfast installé à Bruxelles par amour et qui parle couramment khmer. Son enquête Sex, lies and a slippery truth pour Newsweek en 2014 a conduit à la démission d’une figure de l’humanitaire mondial et a contraint le New York Times à faire dans ses colonnes un (rare) mea culpa.

Correspondants (là-bas) de la presse francophone

SOPHIE BOUILLON
Sophie Bouillon est journaliste à l’Agence France Presse à Lagos. A 24 ans, elle est devenue la plus jeune lauréate de l’histoire du Prix Albert Londres avec un récit sur le Zimbabwe publié dans la revue XXI. Longtemps correspondante pour la presse suisse et française à Johannesbourg, cela fait dix ans qu’elle parcourt l’Afrique d’est en ouest, et du nord au sud. Mais c’est en prenant le métro parisien un matin qu’elle a eu envie de s’intéresser aux femmes de la rue Saint-Denis et à la prostitution. Elle a publié Elles, les prostituées et nous (éd. Premier Parallèle) en 2015.

COLETTE BRAECKMAN
Colette Braeckman est grand reporter au journal Le Soir. Depuis 40 ans, elle couvre l’actualité africaine en général et les crises de la région des Grands lacs en particulier. Elle est notamment l’auteure de Rwanda, histoire d’un génocide (éd. Fayard), un livre qui a fortement contribué au débat autour de la responsabilité de la France dans le déclenchement du génocide. Elle a publié en 2015 L’homme qui répare les femmes, le combat du docteur Mukwege.

VANESSA DOUGNAC
Vanessa Dougnac est journaliste. Elle écrit pour Le Point, Le Soir et Le Temps depuis New Delhi où elle vit depuis 15 ans, avec un petit faible pour les zones tribales indiennes et les guérillas maoïstes. De 2005 à 2009, elle a couvert intensément le conflit au Sri Lanka et en a tiré A Wonderful War un documentaire pour ARTE, coréalisé avec Fabrice Launay et Claire Braud.

WILSON FACHE
Wilson Fache est journaliste indépendant. Il avait 22 ans et n’était pas encore diplômé de l’Ihecs lorsqu’il s’aventure en Irak et décide de s’installer à Erbil. Ça le change d’Enghien où il a grandi. Il couvre la bataille de Mossoul du premier au dernier jour, ou presque (octobre 2016 – juin 2017). Aujourd’hui il a donc 25 ans, pige en français pour l’AFP, la RTBF, La Libre, L’Orient-Le Jour, et en anglais pour Al Monitor et CNN. Il collabore également avec 24h01, la revue belge de grands reportages. Quand il était petit, il voulait devenir réalisateur, ou critique de cinéma. Ce n’est pas encore tout à fait d’actualité : il était en Irak pas plus tard que la semaine dernière et déménage dans trois mois à Ramallah dans les territoires palestiniens pour apprendre l’arabe.

CLAIRE MEYNIAL
Claire Meynial est grand reporter au Point, chargée de l’Afrique. En avril, elle a remporté le prix Albert Londres, pour une série sur les migrants vers l’Europe (Gambie, Niger, Libye), un article sur le plus grand camp de réfugiés au monde (Da-daab à la frontière entre le Kenya et la Somalie) et une enquête sur le patient zéro d’Ebola au Nigeria. C’est ce qu’on appelle mettre la plume dans la plaie. Elle avait déjà gagné un prix Bayeux des correspondants de guerre pour son reportage sur Boko Haram. Elle aime l’actu très chaude et les loisirs très froids (elle a une passion pour le ski).

RANA MOUSSAOUI
Rana Moussaoui est directrice adjointe du bureau de l’Agence France-Presse à Beyrouth. Autrement dit elle couvre la guerre en Syrie. En six ans, elle a réalisé deux interviews de Bashar al-Assad, s’est rendu une demi-douzaine de fois dans le pays et est en contact permanent avec les journalistes et les photographes de l’AFP en zone rebelle. Elle est l’auteure, avec Karam al-Masri, de Couvrir Alep, la peur au ventre et le ventre vide, publié sur AFP Making Of et primé aux Assises du Journalisme en 2016. Elle parle 4 langues, possède 2 comptes Twitter et a une passion qui n’a rien à voir avec la guerre et tout à voir avec la beauté : le ballet. @ChatAboutBallet.

JORDAN POUILLE
Jordan Pouille est journaliste indépendant. Il a été six ans correspondant à Pékin pour la Vie, Mediapart, le Temps et le Soir. Depuis son retour en France en 2014, il collabore entre autres à Paris Match, l’Usine Nouvelle et l’Agence France Presse. Il a publié aux Arènes le Tigre et le Moucheron, un recueil de portraits des laissés pour compte du miracle chinois. Il avait 24 ans quand il a reçu sa première distinction – le coup de coeur du Club de la Presse du Nord Pas de Calais, pour un reportage sur les combats de coq. C’est un Ch’ti qui parle mandarin, qui a épousé une pékinoise et qui connait la Chine profonde comme le fin fond de ses Flandres natales.

LUCIE ROBEQUAIN
Lucie Robequain est rédactrice en chef – numérique et investigation – des Échos Week-end. Elle a un diplôme d’HEC, une médaille de vice-championne de France d’aviron (universitaire) et plus du tout d’accent marseillais. Elle a couvert – dix ans – la politique de l’emploi puis les questions budgétaires. La délicate mécanique de la négociation entre partenaires sociaux ? Elle connaît. Les intrigues de palais qui se jouent derrière la loi de finances ? Elle connaît aussi. Et on a beau dire, ça apporte une connaissance intime de la République française. Elle vient de passer cinq ans aux États-Unis comme correspondante. Fait d’armes : être expulsée d’un meeting de Donald Trump (par la grande porte) et revenir (par la fenêtre des toilettes).

Critiques

GÉRARD LEFORT
Gérard Lefort est journaliste et écrivain. Entré à Libération comme pigiste au service Livres, il finit chef des pages Cultures. Pendant 35 ans, il est l’une des plumes du quotidien, s’étant fait au passage quelques amis et pas mal d’ennemis, entre autres grâce à des textes qui ne font pas rire tout le monde. Il titre “Chronique d’une merde annoncée” sa critique du film de Francesco Rosi, et “Blaireau chinois mon amour” celle sur L’ Amant de Jean- Jacques Annaud. Dans les années 90, il produit plusieurs émissions pour France Inter, dont le magazine devenu culte, Passé les bornes, y a plus de limites. Il quitte Libération en 2014 et, en 2015, publie un premier roman, Les Amygdales, aux éditions de l’Olivier.

ÉLISABETH PHILIPPE
Elisabeth Philippe est journaliste et dirige le service culture du magazine Vanity Fair. Peut-être parce qu’elle est née à Migennes (mentionnée dans La Modification de Michel Butor) et qu’elle a grandi à Auxerre (évoquée dans Un Homme qui dort, roman dépressif de Georges Perec), elle s’est très tôt tournée vers la littérature pour rêver à d’autres horizons. Après des études de lettres et de journalisme, elle est (assez naturellement) devenue critique littéraire, aux Inrockuptibles et à Vanity Fair. En mars 2016, elle a reçu le prix Hennessy du journalisme littéraire. Détail rassurant : elle n’a toujours pas fini la bouteille de cognac offerte à cette occasion.

Cueilleurs d’histoires vraies

FRANçOIS BEAUNE
François Beaune est écrivain. Il a créé un magazine, un fanzine, un blog, un festival, une pièce de théâtre et un spectacle de cabaret à Lyon, puis a écrit deux romans : Un Homme louche et Un Ange noir. En 2011, il entreprend un périple dans 13 pays méditerranéens pour y recueillir des histoires vraies. Ces 1500 récits forment la matière dont il tire La Lune dans le puits paru chez Verticale.

SILVAIN GIRE
Silvain Gire est le responsable éditorial et l’inventeur d’ARTE Radio, la radio web d’ARTE, juke-box de reportages, documentaires sonores, essais divers, réussites nombreuses. Et des prix en veux-tu en voilà après quinze ans à «ouïr sans entraves». Il a publié en 2002 un recueil de nouvelles intitulé Johnny est mort (éd. Seuil), et il a failli avoir raison plusieurs fois. Il y montre un penchant certain pour l’ellipse hilarante et le dérisoire émouvant, qui lui ressemble. «Partout rôde un essaim d’amis et de solitude» écrit Philippe Lançon dans Libération à propos de son livre. Il a donc besoin d’amour et surtout pas de la lettre Y dans son prénom.

ÉRIC JAYAT
Eric Jayat est depuis peu “comédien du réel” : il pratique le théâtre documentaire avec la pièce Une longue peine de Didier Ruiz, produite par la Compagnie des hommes. Dans une autre vie, il a été braqueur (précoce, il a commencé à 15 ans) au sein d’une bande organisée bordelaise. Il a fait 19 ans et 5 mois de prison dans 27 établissements pénitentiaires, puis, à sa sortie, a fondé l’association Axès Libre, pour favoriser l’accès à la culture aux personnes incarcérées ou l’ayant été. Après 7 000 jours à l’ombre, il vit en pleine nature, en Lozère.

MINA NAMOUS
Mina Namous est juriste et chroniqueuse. Entre deux réunions avec des gens très sérieux, elle s’amuse à écrire des histoires qu’elle publie sur son site jeuneviealgeroise.com. Ses chroniques parlent d’Alger, des gens cool et moins cool qui y habitent, de ses flics, de ce qui mine, ce qui grise. Des yeux au ciel, de ce qu’on prend de haut, de la hauteur qu’on prend. Des petites gens et choses du quotidien. De la vie quand on a 31 ans.

JEAN-FRANCOIS PITET
Jean-François Pitet est auteur. Il est aussi concepteur-rédacteur indépendant, autrement dit, il travaille dans la publicité. Mais sa passion, le jazz, l’a amené à s’inventer un autre métier. Il tient des chroniques de Jazz sur TSF et pour les soirées Rejoice, et a écrit pour Arte un documentaire sur son artiste préféré : Cab Calloway… Cab, Jean-François connaît bien. Et il connaissait bien Cabu, qui lui aussi, aimait bien Cab. Ensemble ils ont écrit un livre chez BD Music. Son titre ? Cab Calloway.

Danseurs, jongleurs, acrobates et mimes

YACNOY ABREU ALFONSO & IRIS FLORENTINY
Yacnoy Abreu Alfonso et Iris Florentiny sont danseurs. Yacnoy est né à Cuba, où il a été premier danseur dans la compagnie nationale, puis a intégré en France le Ballet Preljocaj et la Compagnie Bianca Li. Iris est une fille de Sainte-Bazeille dans le Lot-et-Garonne qui voulait être ballerine. Après avoir été “repérée”, elle est l’une des rares françaises à intégrer la Compagnie Martha Graham à New York. Ensemble, ils aiment danser la rumba havanaise – par exemple au Châtelet, dans Carmen la Cubana devant 2 000 Parisiens bien habillés.

LUCA AESCHLIMANN & KENZO TOKUOKA
Luca Aeschlimann et Kenzo Tokuoka sont acrobates et co-fondateurs, de la compagnie Carré Curieux. Kenzo est né dans les alpes françaises, comme son nom ne l’indique pas. Son truc c’est le monocycle. Notons au passage que le code de la route de sa France natale « ne considère pas le monocycle comme un véhicule ». C’est pour ça sans doute qu’il s’est installé en Belgique. Luca aurait du naître dans les Alpes suisses, comme son nom l’indique, mais ses parents voulaient devenir vignerons dans le Minervois et il est né à Paraza, un village sur le Canal du Midi. Il a longtemps gardé des moutons, s’est pris de passion pour les microtechniques au point de vouloir en faire son métier (« échelle sub-millimétrique : en dessous, c’est la nanotechnologie et au-dessus la mécanique » indique le dictionnaire). Mais les engrenages de la vie se sont alignés autrement.

MEHDI BAKI ET ÉMILIE CAMACHO
Mehdi Baki et Emilie Camacho sont danseurs. Mehdi a été champion de breakdance et a évolué dans le milieu des ”battles” de hip-hop. Il pratique désormais son art entre productions grand public (Mylène Farmer) et créations pointues (James Thierrée). Émilie a dansé avec les robots de Blanca Li et dans le clip Papaoutai de Stromae. Elle a eu sa période grunge, sa période new-yorkaise (au Baryshnikov Arts Center) et même sa période étudiante en journalisme. Le jour où Baryshnikov a souligné ”sa présence, sa sophistication et son expertise technique”, même si on lui avait 100 fois répété qu’elle n’avait ”pas le physique pour le ballet”, elle s’est dit qu’elle avait eu raison de continuer.

VLADIMIR COUPRIE
Vladimir Couprie est diaboliste. Oui diaboliste. Son art c’est le diabolo (une invention chinoise des années – 4000, remise au goût du jour 5 950 ans plus tard par une PME normande). Pour tout vous dire, c’est un virtuose du diabolo-toupie (ça vole, ça tourne et ça en met plein vos mirettes). Il est aussi entrepreneur du spectacle : à 23 ans, son diplôme de l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque en poche, il fonde sa compagnie avec trois amis. Ça s’appelle Carré Curieux, Cirque Vivant ! et ça cartonne et enchante les publics jusqu’en Chine. Sa devise empruntée à Picasso: « Lorsque je travaille, je suis sérieux comme un enfant qui joue. »

SICAIRE DURIEUX, SANDRINE HEYRAUD & LOÏC FAURE
Sicaire Durieux, Sandrine Heyraud & Loïc Faure sont mimes. L’un est acrobate-jongleur de formation, diplômé de l’Ecole des Arts du Cirque de Bruxelles : c’est Loïc. Les deux autres se sont rencontrés à l’Ecole du Mime de la Ville de Paris, avant de fonder une compagnie. Ils tournent en Europe et en Amérique avec trois créations acrobatiques et poétiques: Joséphina (sur l’amour), Ilo (sur l’eau) et Jet Lag (sur le voyage). Comme tout mime sachant mimer, ils ont tout appris de trois Français géniaux : Etienne Decroux, Jacques Lecoq et Marcel Marceau, leurs maîtres.

VICTOR LAUNAY & SARA OLMO
Victor Launay et Sara Olmo sont danseurs et chorégraphes. Leur compagnie s’appelle les Vikings (clin d’œil à leurs racines scandinaves ? Pas du tout : ils sont 100 % hispano-français). Ils aiment chorégraphier la littérature, surtout celle des Nobels du XXe siècle : Bajo los arboles d’Ernest Hemingway revisité pour le ballet de Sienne (une histoire d’amour vénitienne), L’Aveuglement de José Saramago (un homme qui perd la vue), Etreinte de Federico Garcia Lorca (un homme qui convoite une femme qui le repousse). Eux, ils s’aiment et performent des pas de deux à la scène comme à la ville.

Data-journalistes, data-visualiseurs et futuristes de l’info

KAREN BASTIEN & FRANÇOIS PROSPER
Karen Bastien et François Prosper sont data-journalistes. Ils ont fondé WeDoData, une agence de design d’informations, après avoir travaillé (ensemble et séparément) à Libération. Karen, serial entrepreneur du journalisme, avait également cofondé le mensuel Terra Eco. Et François avait travaillé à Idé, studio de ce qu’on appelait encore “infographie” (les gens dans le vent disent dataviz). Quand ils étaient petits, ils ne voulaient être ni boulangers ni cheminots, comme leurs parents et ont adoré l’école – le CFJ pour l’une et les Arts Déco pour l’autre- où ils ont tout appris, sauf comment être patrons.

LARS BRANDSTÄTER
Lars Brandstäter est data-visualiseur. Sa société, Fleetmon, récupère les données de géolocalisation de la marine marchande mondiale – 500 000 cargos quand même- et propose des visualisations et des analyses de trafic en temps réel. Il n’a jamais vécu ailleurs qu’à Rostock sur la mer Baltique mais le petit satellite luxembourgeois qu’il utilise est en orbite à 800 km de la terre

CAROLINE GOULARD
Caroline Goulard est Lady Data. Cette jeune femme pressée était encore étudiante à Sciences-Po Rennes quand elle a co-fondé Dataveyes, une agence spécialisée dans la visualisation interactive de données.

SAMUEL LAURENT
Samuel Laurent est chef des “décodeurs” du Monde, une rubrique dédiée au datajournalisme, à la pédagogie de l’info et à la vérification factuelle, comme son slogan «Venons-en aux faits» l’indique. Il l’a lancée en 2014. Avant le Monde.fr, il a passé quatre ans au Figaro.fr, à naviguer entre culture web et politique. Il est passionné par les réseaux sociaux, et apparemment c’est réciproque : près de 100 000 personnes le suivent sur Twitter. Son activité parfois un peu trop frénétique l’a conduit à être l’un des journalistes les plus trollés de France. Il n’a toujours pas de tendinite au pouce.

BENOÎT LUCET
Benoît Lucet est concepteur data chez Dataveyes, un studio qui transforme – pour des institutions, des médias, des marques – les données en information. Pour ce faire, il faut inventer des langages visuels et des interfaces qui connectent les utilisateurs aux infos, et c’est justement son métier. Il est ingénieur en informatique, diplômé de l’INSA à Rennes. Sur son temps libre, il s’adonne à des plaisirs simples : les mathématiques, l’intelligence artificielle et les crypto-monnaies. Il vient de s’acheter ses premiers bitcoins.

FLORENT MAURIN
Florent Maurin est game designer. Ou chef d’entreprise. Ou journaliste. Il a obtenu un bac scientifique, puis fait des études d’économie, puis une école de journalisme. Ouf ! Il savait enfin exactement de quoi son avenir serait fait : le grand reportage, la “plume dans la plaie”, tout ça. Ce sera J’aime lire et Okapi. Chez Bayard presse, où il a travaillé 10 ans, il a été éditeur. Puis reporter. Puis concepteur web. Finalement, il a créé The Pixel Hunt, une entreprise qui fabrique un truc qui n’existait pas quand il était petit : des jeux vidéo journalistiques. Il est auteur de plusieurs newsgames, des modules au carrefour de l’info et du jeu, pour Le Monde, Radio France et FranceTV.

YVES UBELMANN
Yves Ubelmann est architecte et datavisualiseur. Après avoir a travaillé sur des sites du patrimoine mondial en Syrie, en Iran, en Afghanistan et au Pakistan, il fonde une société, Iconem, avec un ancien pilote d’hélicoptère. Ils conçoivent des drones, développent des modèles de numérisation 3D de sites archéologiques, et sauvent la mémoire de l’humanité en pilotant les objets télécommandés les plus sophistiqués du monde.

NICOLAS VANDERBIEST
Nicolas Vanderbiest est doctorant à l’Université Catholique de Louvain. La thèse qu’il écrit au Laboratoire d’Analyse des Systèmes de Communication des Organisations – le Lasco donc – porte sur la gestion des crises numériques dans le monde des affaires, autrement dit, les bad buzz. Il en tient un décompte scrupuleux : 453 bad buzz à l’heure où nous écrivons ces lignes. Il met à profit son expertise en enseignant les relations publiques et en intervenant fréquemment à la RTBF (les Décodeurs, A votre avis). Pour la présidentielle française, il a analysée les empreintes numériques des politiques, c’était très éclairant. Tous les vies digitales de Nicolas sont réunies sur son site repubutatiolab.com

MAXIME VAUDANO
Maxime Vaudano, 24 ans, est journaliste au Monde, tendance Décodeurs. Il aime manipuler des bases de données et des tableurs pour tenter de leur donner du sens. Mais pour rester crédible, il continue à écrire des articles. Il a co-fondé en 2012 un site consacré aux promesses de François Hollande Luipresident.fr, a remporté le prix Google de l’innovation en journalisme et va devenir un livre. C’est instructif. Au moins autant que Docteur Tipp and Mister TAFTA, son livre sur le traité transatlantique. Il failli perdre son statut de plus jeune membre de la rédaction, mais l’a vite regagné quand le stagiaire est parti.

Documentaristes (surtout) sonores

MEHDI AHOUDIG
Mehdi Ahoudig est auteur de documentaires radiophoniques. Il était bien parti pour faire carrière au Commissariat à l’énergie atomique, mais se sauve en refusant d’être promu chimiste (il est chimiste). Il entame alors une reconversion dans le théâtre et se spécialise dans l’accompagnement sonore des spectacles. En 2004, il ajoute la radio à son arc, en particulier à ARTE Radio, puis (un peu) à France Culture. Il cosigne des webdocs et remporte en quelques années trois Prix Europa (deux “radio”, un “web”). Sa dernière oeuvre, Poudreuse dans la Meuse est une plongée dans le trafic d’héroïne aux alentours de Verdun.

AURÉLIE CHARON & CAROLINE GILLET
Aurélie Charon et Caroline Gillet sont productrices à Radio France. L’une est originaire de Châteauroux et s’est installée à New York dès qu’elle a pu. L’autre a grandi aux quatre coins du monde en rêvant à l’exotisme de sa Belgique natale. Elles travaillent en solo sur des émissions de radio (L’Atelier intérieur, le lundi soir sur France Culture et Une série française, l’été sur France Inter c’est Aurélie ; à ton âge le samedi matin et Tea Time club l’été sur France Inter et toute l’année sur France 4 c’est Caroline). En binôme, elles produisent des webdocs, des documentaires et imaginent des soirées Radio Live où se rencontrent sur scène ceux qu’elles ont croisés au gré de leurs reportages.

DELPHINE DHILLY
Delphine Dhilly est auteure pour la radio et la télévision. Elle aime écouter et enregistrer les “gens ordinaires” pour l’émission Les pieds sur terre sur France Culture mais aussi les filmer pour des documentaires : femmes de soldats, étudiants rêveurs et très jeunes femmes “passées à la casserole”… Car le sujet de son dernier film tient en un mot : “non”, resté inaudible ou coincé dans la gorge. Sexe sans consentement, qui passera en 2018 sur France 2 à une heure de grande écoute, s’intéresse à la zone grise des rapports subis, sans mots, sans désir. Dernièrement elle a participé à Woman Bylines / Chime for Change, une série de formats courts pour les réseaux, commissionnés par Mariane Pearl et Salma Hayek, et a été lauréate d’une résidence de l’Institut Français pour son projet de documentaire sur un berger bulgare. A priori.Rien à voir avec le féminisme.

éCRIVAINS BARDéS DE PRIX LITTéRAIRES

ALYSIA ABBOTT
Alysia Abbott est américaine et écrivaine, journaliste et critique. Elle sera l’héroïne du prochain film de Sofia Coppola, qui a choisi d’adapter au cinéma Fairyland (traduit en français aux éditions Globe), l’histoire « d’un amour unique et merveilleux entre un père et sa fille ». Aujourd’hui elle vit à Boston avec son mari et ses deux enfants mais quand elle avait deux ans, à la mort de sa mère, elle s’est installée à San Francisco avec son père Steve Abbott, poète et militant de la cause gay. « San Francisco était notre monde, notre royaume enchanté, notre pays des fées. »

FILIPPO D’ANGELO
Filippo D’Angelo est écrivain. Né à Gènes, ancien élève de Normale Sup’ Pise, dix-septièmiste, docteur en littérature française, il a tellement souffert pendant l’écriture de sa thèse – consacrée au roman libertin – qu’il a tourné le dos à l’enseignement pour se lancer dans la fiction. Il vient de publier La Fin de l’autre monde, très remarqué en Italie, sur la déliquescence berlusconienne de la bourgeoisie. Il n’a jamais posé les pieds en Afrique, ni écrit pour les journaux, mais prépare pour la revue XXI un reportage sur la Centrafrique.

JEAN BOFANE
Jean Bofane est écrivain. ll grandit sur la plantation de café que dirige son beau-père belge et quitte une première fois le Congo pour la métropole en 1960. Il rentre au pays, le Zaïre de Mobutu, en 1983, fait carrière à Kinshasa dans la pub avant de se lancer dans la presse d’opposition et l’édition de BD satiriques. En 1993, il s’exile une seconde fois, multiplie les petits boulots et finit par publier, chez Gallimard Jeunesse, une fable politique (Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux). Son dernier roman, Congo Inc. (Actes Sud) est traduit en six langues. Il vit à Bruxelles mais aime se souvenir qu’il est né là où le fleuve Congo croise l’équateur, “latitude zéro, à midi”.

FRÉDÉRIC BOYER
Frédéric Boyer est écrivain. Mais aussi traducteur, normalien, poète et éditeur. Il a publié chez P.O.L. exactement 38 livres en 25 ans soit – avec Les Yeux Noirs à paraître à la rentrée – un livre tous les 10 mois et 7 jours, ce qui est très honorable. En 2008, il s’est lancé dans de nouvelles traductions de textes anciens avec Les Confessions de Saint Augustin (sous le titre Les Aveux), et de la Chanson de Roland et, alors qu’il ne connaissait “à peu près rien à l’Inde ancienne et moins encore au sanscrit”: le Kâmasûtra. Pour Bayard, il a dirigé une cinquantaine  de biblistes et d’écrivains (Cadiot, Echenoz, Novarina, Ndiaye entre autres) sur un chantier de 6 ans pour retraduire l’intégralité de la Bible, et travaille sur une autre Bible (un livre et une série animée) racontée par lui et illustrée par Serge Bloch.

CATHERINE CLÉMENT
Catherine Clément est philosophe et romancière. Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, reçue première à l’agrégation de philosophie, elle a été formée par Jankélévitch, Lévi-Strauss et Lacan, ses “trois maîtres”. Elle enseigne à la Sorbonne dans les années 60, dirige les pages Culture du Matin de Paris dans les années 70, puis devient diplomate: au Quai d’Orsay en charge des échanges artistiques, puis en Inde, en Autriche et au Sénégal en tant qu’ “official hostess” en poste avec l’ambassadeur André Lewin. Son plus grand succès, Le Voyage de Théo s’est vendu à un million d’exemplaires.

MARIE DESPLECHIN
Marie Desplechin est écrivaine. Quelque temps après sa sortie du CFJ, la grande école de journalisme, elle commence à écrire des livres pour enfants “par hasard”. Vraiment ? Elle qui adore voir chez les adultes les enfants qu’ils ont été : “J’ai 11 ans à la perfection”. En 1996, elle publie Verte, l’histoire d’une ado qui devient sorcière. Le livre remporte le prix du meilleur roman jeunesse et devient (avec Pome et Mauve) une trilogie à succès. Elle passe à la littérature adulte avec le roman Sans moi. Bam ! Best-seller aussi. Elle abandonne un temps la fiction avec La Vie sauve, un récit, à quatre mains écrit avec Lydie Violet, qui parle de maladie et de vie qui bascule. Et… elles remportent le Prix Médicis. Puis c’est une autre trilogie Le journal d’Aurore, pour la jeunesse. “Être proche de son enfance pourrait paraître infantile, mais c’est évidemment l’inverse.” Evidemment.

PAULINE GUÉNA
Pauline Guéna est romancière. Elle a résolu avec panache l’épineuse question de l’équilibre entre vie de famille et vie professionnelle en partant en voyage (d’affaires) pendant un an, avec son mari photographe et leurs quatre jeunes enfants. De leur quarante mille kilomètres à six dans une caravane, et de leurs vingt-six entretiens avec les plus grands auteurs des Etats-Unis et du Canada, Pauline Guéna et Guillaume Binet ont tiré un livre : l’Amérique des Ecrivains, publié chez Robert Laffont.

MATHIAS ENARD
Mathias Enard est écrivain. Né à Niort “dans la morne plaine où passèrent, quelque part aux alentours de 732, les guerriers arabes et berbères venus d’Andalousie”, il a suivi des études à l’Ecole du Louvre (art islamique), aux Langues O (persan et arabe) et abandonné une thèse presque terminée (monde iranien). Il a vécu en Syrie, au Liban, en Iran, en Allemagne, en Italie et en Egypte : ça a duré presque dix ans, et lui vaut encore de se faire traiter d’espion par ses amis. A Barcelone, où il s’est installé en l’an 2000, il a enseigné l’arabe à l’université et ouvert un restaurant libanais, le Karakala. Il est lauréat du Prix Goncourt 2015 pour Boussole.

MURIELLE SZAC
Murielle  Szac est écrivaine, journaliste et éditrice : elle a donc plusieurs casquettes (et un foulard rouge dans les cheveux). Elle est rédactrice en chef déléguée auprès du monde enseignant, chez Bayard et directrice de collections aux éditions Bruno Doucey (une maison dédiée à la poésie contemporaine) et chez Actes Sud junior (portraits de “Ceux qui ont dit Non”). Elle adore l’école et l’école lui rend bien : sa trilogie de récits mythologiques pour les enfants – Le Feuilleton d’Hermès, Le Feuilleton de Thésée et Le Feuilleton d’Ulysse- best-seller de Bayard Jeunesse, est lue quotidiennement entre les murs de salles de classe à travers la France. Dans une autre vie, elle était journaliste politique à L’Evénement du jeudi.

ALICE ZÉNITER
Alice Zéniter est romancière. A 16 ans, elle publie son premier livre. C’est chic. A 19 ans, elle est reçue à Normale Sup’. C’est vraiment chic. Après ses études, elle entreprend de mettre en scène des pièces de théâtre et de voyager entre la France et la Hongrie. Sombre Dimanche – prix du livre Inter 2013 – lui permet, à 26 ans, d’arrêter les petits boulots alimentaires, ce qui est un soulagement pour elle, ses parents et son banquier. En 2015, elle publie Juste avant l’Oubli (Flammarion) et reçoit le prix Renaudot des lycéens. Elle a récemment traduit le roman de l’américaine Chris Kraus I love Dick, un jeu de mots forcément intraduisible à base du prénom Richard et du mot pénis. Elle vit dans une “zone blanche” loin des réseaux, en Bretagne.

éDITEURS PHOTO

ANNA-ALIX KOFFI

Anna-Alix Koffi est éditrice indépendante. Née à Abidjan, élevée à Paris, elle a été journaliste mode et culture avant de créer la revue de photo Off the wall, qu’elle fabrique toute seule de A à Z. Ou plutôt de O à L, chacune des dix lettres du titre correspondant à un volume à collectionner. L’ultime numéro de ce projet hors normes, qui a pour seule ligne éditoriale de décloisonner les époques et de faire s’entrechoquer les anciens et les modernes, sortira cet été à l’occasion des Rencontres de la Photographie, à Arles.

JOHN GODFREY MORRIS
John Godfrey Morris est photojournaliste et éditeur photo. Fin 2016 il fêtera ses cent ans et deviendra un monument du photojournalisme. Il a dirigé, entre autres, le bureau londonien de Life Magazine dans les années 40, la mythique agence Magnum dans les années 50 et le département photo du New York Times dans les années 70 : c’est lui qui a mis en Une du journal La Petite fille au napalm de Nick Ut, photo dont on dit qu’elle a fait basculer l’opinion publique sur la guerre du Vietnam. Il a publié Des hommes d’images (éd. La Martinière) son autobiographie et Quelque part en France (éd. Marabout) sur son été 1944. Il est né aux Etats-Unis un 7 décembre et fêtait ses 25 ans le jour où les Japonais ont bombardé Pearl Harbor.

MONUMENTS FRANçAIS

JOSÉ ARTUR
José Artur était une voix radiophonique sans équivalent. Aux commandes du Pop Club sur France Inter pendant près de 40 ans, intervieweur bavard d’artistes multiples (Chaplin, la Callas, Duke Ellington en furent), il a inventé le Tout-Paris pour tous. Il est aussi l’auteur du titre d’émission de radio le plus long : Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous. Il était né le jour où Lindberg a traversé l’Atlantique, en 1927.

GÉRARD HOLTZ
Gérard Holtz a 44 ans d’antenne au compteur, 5 Sept d’or et exactement l’âge du CFJ. Il a présenté tout ce que la télévision publique compte comme grands messes : Stade 2, Tout le Sport, les JO, le Tour, le Paris Dakar, le Téléthon et
le 20 heures. Le CFJ, il en rêvait depuis tout minot à Belleville et ça lui a changé la vie, sans rancune aucune pour le prof qui lui avait dit :
« Avec la voix que vous avez, vous feriez mieux de la fermer et de faire carrière dans la presse écrite ». Vraiment ? Son diplôme en poche, il se fait embaucher direct à la télévision (oui ça s’appelait encore l’ORTF). Il y est toujours et se lance dans la réalisation de documentaires et l’apprentissage de l’italien, à Rome, où il file le parfait amour. La dernière fois qu’il était venu, c’était avec sa guitare. Michèle Martin en parle encore.

PIERRE LESCURE
Pierre Lescure est journaliste. C’est ce qu’il répond invariablement quand on lui demande ce qu’il fait dans la vie. (Parfois il dit qu’il est président du Festival de Cannes ou chroniqueur à “C à vous” sur France 5). Il a eu la chance, lui, d’avoir des parents communistes : ils étaient journalistes à L’Humanité. Ceci expliquant peut-être cela, il intègre le CFJ puis la rédaction de RMC. C’était en Mai 68. C’était à Monaco. Ce n’était, en fait, ni le bon endroit ni le bon moment pour être apprenti reporter. Ensuite, ouf, tout se déroule à merveille : il présente le 20 heures, est nommé chef
à Europe 1, invente l’émission culte “les Enfants du Rock”, prend la direction des infos d’Antenne 2 puis, avec quelques autres, lance Canal +. C’est ce qu’on appelle une trajectoire. Ses mémoires sont intitulées In the Baba. C’est comme ça qu’il l’a pris, le jour, il y a 15 ans, où on lui a annoncé qu’il ne serait plus patron de Canal +. Sa devise : « 51 % de fond, 49 % de forme ».

FRANÇOISE MOULY
Françoise Mouly est artiste, graphiste et depuis toujours ou presque, directrice artistique du New Yorker. Son métier c’est la maïeutique. L’art d’accoucher chaque semaine d’une image : la couverture toujours dessinée et qu’aucune titraille ne vient compléter – de l’hebdomadaire tiré à un million d’exemplaires. Elle travaille avec les plus grands, en coulisses, et pourtant c’est elle qui a dessiné peut-être la plus célèbre des Unes du magazine, en septembre 2001 : les tours jumelles, en noir sur fond noir, sur une idée de son mari Art Spiegelman. Avec lui, elle avait fondé en 1980 la légendaire revue graphique RAW, qui contribua à faire de la bande dessinée un art adulte. A ce propos, elle était tout juste majeure quand elle a quitté Paris pour une année sabbatique à New York. Elle n’a jamais réussi à rentrer: c’était fichu pour les études d’architecture (1er art) mais pas pour le dessin et la BD (9e art).

PLANTU
Plantu est dessinateur de presse. Il a vendu des escabeaux aux Galeries Lafayette, ce qui est un bon poste pour gravir les échelons. Il publie son premier dessin dans Le Monde en octobre 1972, sur la guerre du Vietnam. Il est en Une quotidiennement à partir de 1985. Six ans plus tard,
il obtient le « Prix du document rare » au Festival du Scoop d’Angers, pour avoir fait apposer sur le même dessin les signatures du leader de l’OLP Yasser Arafat et de Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères israélien, un peu plus d’un an avant les Accords d’Oslo. En 2006, il organise avec le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, un colloque à New York qui sera
 à l’origine de Cartooning for Peace, un réseau international de 145 dessinateurs et caricaturistes dont l’engagement consiste à “ne pas baisser le crayon.”

GOUROUS DE LA RéVOLUTION

ELODIE FRANCART
est consultante dans le secteur des droits humains et chevalier du mérite wallon pour “sa contribution à perpétuer la tradition d’accueil et d’ouverture chère aux Wallons”. Cela fait 15 ans qu’elle milite pour les droits des sans-papiers. Elle avait 27 ans le jour de la remise de médaille: faites le calcul. En 2016, elle a été propulsée “passionaria” médiatique, après avoir lancé la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Pendant un mois, elle a géré, avec des béné- voles, le plus grand camp de Belgique : mille personnes au Parc Maximilien. Suite à ça, MSF l’a embauchée pour une mission longue, en Europe, sur le lien entre société civile et organisations humanitaires. Cet été, France Inter a fait un long portrait d’elle. L’émission s’appelle l’Amour selon Elodie et parle de sa triple quête pour trouver ses parents biologiques, fonder un couple moderne et sauver le monde.

PIERRE SIOUFI
Pierre Sioufi est un amateur touche-à-tout intronisé « gourou de la révolution » par le New York Times et « social traitre » par le gouvernement égyptien. Cairote de souche, catholique chaldéen à tendance anarchiste (ni dieu ni maître !), il est issu d’une longue lignée de chevaliers des croisades, de commerçants et de médecins ayant réussi dans la vie, mais a préféré rester dilettante : tantôt journaliste, tantôt acteur, artiste ou traducteur… Son mythique appartement de la place Tahrir était le centre névralgique des événements de 2011 ayant conduit à la chute de Moubarak.

HISTORIENS SACHANT RACONTER DES HISTOIRES (avec un petit h)

PHILIPPE ARTIÈRES
Philippe Artières est historien et écrivain, directeur de recherche au CNRS, ancien pensionnaire de la villa Medicis. Il a consacré sa thèse au fond d’autobiographies de criminels réuni par le Dr. Lacassagne à Lyon à la fin du XIXe siècle et en a tiré Le Livre des vies coupables. Il a publié un récit, Vie et Mort de Paul Gény sur son arrière-grand-oncle, jésuite français assassiné à Rome et continue d’aborder les grandes mutations de la société par le biais des écrits “sans qualité” et des archives quotidiennes. Il a consacré des essais aux banderoles, aux graffitis et aux petites annonces et il prépare une exposition sur mai 68 aux Archives nationales.

JEAN-PIERRE BAT
Jean-Pierre Bat est archiviste-paléographe. Il est aussi historien, spécialiste de la Françafrique, détaché aux Archives nationales comme agent (pas secret, scientifique) chargé des réseaux de Jacques Foccart, le plus fameux des hommes de l’ombre de la Ve République. Il est l’auteur du Syndrome Foccart et de La Fabrique des barbouzes. Sa formation d’archiviste lui pose un grave problème : il n’a jamais réussi à laisser un message s’autodétruire.

ANNETTE BECKER
Annette Becker est historienne, professeure à Nanterre, vice-présidente de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. En 2000, son livre 14-18, Retrouver la guerre, avec Stéphane Audoin-Rouzeau, bouleverse l’historiographie de la période. En 2017, elle publiera Messagers de la Tragédie, sur Raphaël Lemkin – juriste polonais qui forge en 1943 le terme et le concept de génocide – et Jan Karski – héros de la résistance polonaise qui témoigne de la Shoah devant les Alliés sans les faire réagir. C’est la violence spécifique exercée contre les Juifs de Russie et les Arméniens de l’Empire ottoman au début du XXème siècle qui l’a amenée à une réflexion générale sur les génocides : de Pologne en Arménie, de Drancy au Rwanda, elle arpente depuis les archives et les traces de ce qu’elle appelle la dark memory.

ROMAIN BERTRAND
Romain Bertrand est politologue, directeur de recherche au CERI Sciences-Po, lauréat du grand prix des Rendez-vous de l’Histoire pour son Histoire à parts égales qui explore la rencontre entre Orient et Occident en 1596. Il a un temps été tenté par le « terrain » et a passé deux mois à Supik, un village perdu de l’est de Java, avant de comprendre qu’il aimait par dessus tout les archives et les villes qui les abritent. Il publie Le Long remords de la conquête, fruit de plusieurs années d’enquête à Manille, Mexico et Madrid.

JANE BURBANK
Jane Burbank est professeur d’histoire à l’université de New York. Elle est l’auteur, avec F. Cooper, d’Empires – de la Chine ancienne à nos jours, une somme traduite en six langues, qui se rattache au courant de l’histoire connectée. Si elle n’a pas peur d’embrasser 20 siècles en un seul livre, elle sait aussi zoomer sur l’histoire russe moderne. Elle est incollable sur la vie villageoise au tournant du XXe, sur les intellectuels au début du bolchevisme et sur les aspirations des petits bureaucrates de Kazan, une ville de province qui deviendra capitale du Tatarstan.

ÉLÉONORE CHALLINE
Eléonore Challine est historienne de la photographie, maître de conférences à La Sorbonne et normalienne. Dans sa thèse, elle s’est penchée sur des projets de musées photographiques. C’est sur cette question épineuse qu’elle vient de publier son premier livre aux éditions Macula, Une histoire contrariée. Le musée de photographie en France (1839-1945). Outre ce goût pour les projets rêvés (et ratés), elle s’intéresse à l’omniprésence des images photographiques au XIXe siècle, à la photogénie et à tout ce que la photographie a pu produire de bizarre autour de 1900 : géants, femmes à barbe et gens ordinaires dans des pauses absurdes.

FRANCK COLLARD
Franck Collard est médiéviste, normalien, professeur à Paris-Nanterre, président de l’Association des Professeurs d’Histoire Géographie. Il doit l’origine de sa brillante carrière à l’interdiction parentale de regarder à la télévision Les Rois maudits. Transgressif mais prudent, il les avait néanmoins vus en cachette. Il se caractérise par un manque d’imagination tel qu’il a consacré sa thèse à Robert Gaguin, un universitaire des années 1480. Il s’est intéressé ensuite aux empoisonneurs et aux poisons des temps médiévaux. Ses dernières recherches lui ont valu de fréquenter une vierge armée (La passion Jeanne d’Arc. Mémoires françaises de la Pucelle), un abominable aristocrate incestueux (Jean V d’Armagnac) et même quelques féroces envahisseurs (Poux, puces, punaises – notez l’allitération – la vermine de l’homme, L’Harmattan).

JEAN-PIERRE FILIU
Jean-Pierre Filiu est historien. Sa thèse portait sur Mai 68 à l’ORTF. Pourtant, évidemment, c’est en tant que spécialiste de l’islam contemporain qu’il est aujourd’hui reconnu : les Rendez-Vous de l’Histoire l’ont d’ailleurs distingué en 2015 pour Les Arabes, leur destin et le nôtre et en 2008 pour L’Apocalypse dans l’Islam. Il est professeur des universités à Sciences Po Paris, après avoir été diplomate (Jordanie, Syrie, Tunisie, Etats-Unis) et membre de cabinets ministériels (Intérieur, Défense, Premier Ministre). Il paraît qu’il conseille à ses étudiants : « Ne craignez pas de perdre votre temps ou de croire que vous le perdez. » Il a écrit un essai sur Jimi Hendrix (Le gaucher magnifique, Fayard, 2008) et le scénario du triptyque Les meilleurs ennemis – Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient, dessiné par David B. (éd. Futuropolis).

LAURENCE FONTAINE
Laurence Fontaine est moderniste, directrice de recherche émérite au CNRS, lauréate du grand prix des Rendez-vous de l’Histoire. Elle vient de publier Le Marché – Histoire et usages d’une conquête sociale, où elle défend l’idée que le marché est- aussi- un moyen d’émancipation, à hauteur de ceux qui par l’échange veulent améliorer leur sort. Elle a la passion des aller-retours entre passé et présent : du Paris du XVIIIe aux provinces du Bengale et de la Mauritanie aujourd’hui.

ISABELLE HEULLANT-DONAT
Isabelle Heullant-Donat est médiéviste, professeur à l’Université de Reims. Ses travaux portent notamment sur l’écriture de l’histoire universelle en Italie à la fin du Moyen Âge. Ella a enquêté sur des religieux du 14e siècle morts martyrs en Terre d’islam, sur une reine de Naples qui prétendait gouverner un ordre religieux et sur les stigmates de Saint François. Elle est la spécialiste mondiale d’un franciscain italien dont elle sait tout et qui n’intéresse qu’elle. Quand on lui demande à quoi sert l’Histoire, elle répond que ça permet d’enrayer la machine à penser en noir et blanc.

CHRISTIAN INGRAO
Christian Ingrao est chargé de recherches au CNRS, ancien directeur de l’Institut d’Histoire du Temps Présent. Au coeur de ses recherches : un groupe d’hommes d’une grande croyance et d’une grande violence, qui combinent carrière policière, engagement militant et activité intellectuelle. Il a publié Croire et détruire- Les intellectuels dans la machine de guerre SS et prépare un livre sur les représentations nazies de l’avenir. Il a quatre enfants auxquels il a longtemps raconté, le soir en les mettant au lit, une belle histoire du monde où parfois tout est bien qui finit bien.

ANNE LEHOËRFF
Anne Lehoërff est protohistorienne, archéo-métallurgiste et professeur d’archéologie à l’Université de Lille. Elle a publié cette année Préhistoires d’Europe, de Néandertal à Vercingétorix où elle raconte en particulier l’invention de l’agriculture et de la métallurgie, autrement dit la révolution néolithique. Elle aime regarder les objets métalliques au microscope (la preuve : elle a monté un laboratoire d’étude des alliages cuivreux anciens). C’est beau la matière. En plus, ça lui permet de redonner la parole à ceux qui n’ont rien écrit sur eux-mêmes, de retrouver leurs gestes, leurs envies. En un mot, leur histoire. Elle enseigne à ses étudiants que nos ancêtres ne sont pas tout à fait les Gaulois et essaie de leur transmettre l’amour du trou de poteau, cet humble “Graal” de l’archéologue de la protohistoire. Elle défend une archéologie militante et responsable au Conseil national de la recherche archéologique, qu’elle préside.


VINCENT LEMIRE

Vincent Lemire fut hydrohistorien et reste historien du Moyen-Orient. Quand il n’enseigne pas à l’Université Paris-Est (sise à Marne-la- Vallée, ville nouvelle), il prend des avions pour Jérusalem (quelques millénaires de plus que Marne-la-Vallée au compteur). Ces archives sont pour la plupart conservées ailleurs : à Saint-Pétersbourg, Istanbul, Nantes, Amman, Addis Abeba. Il partage cet appétit d’archives avec
 une bande de collègues réunis sous la bannière du projet Open-Jerusalem, financé par l’Union européenne. Avant cela il avait travaillé sur l’eau, sur les puits du Ghetto de Venise, sur les bidonvilles lyonnais, sur le graffiti « Ici on noie les Algériens » et sur d’autres choses encore qui ont disparu. Jérusalem, histoire d’une ville-monde est sorti chez Flammarion.

RAHUL MARKOVITS
Rahul Markovits est moderniste, maître de conférences à l’École normale supérieure. Dans sa thèse Civiliser l’Europe. Politiques du théâtre français au XVIIIème siècle , publiée chez Fayard en 2014, il s’efforce de déconstruire l’idée de l’hégémonie culturelle exercée par la France sur l’Europe des Lumières – même si la tentation du soft power était bien réelle après 1715. Ayant fait le tour des cours européennes, il s’est lancé dans une histoire du XVIIIème par la racine : une exploration du commerce du ginseng et de ses acteurs : jésuites, botanistes et marchands de la Compagnie des Indes… C’est en s’égarant dans les archives qu’il est tombé nez à nez avec un voyageur indien, lui aussi, un peu perdu.

PASCAL ORY
Pascal Ory est professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Il enseigne aussi à l’Ecole de journalisme de Sciences Po et à l’INA. Son Histoire des Intellectuels en France de l’affaire Dreyfus à nos jours (avec J.F. Sirinelli ) est un classique. Il a écrit beaucoup d’autres livres, qu’il répartit en trois catégories : « histoires », « fables » et « contes ». Il a été critique gastronomique, élu du peuple et demeure critique de bandes dessinées.

JENNY RAFLIK
Jenny Raflik est contemporanéiste à l’Université de Cergy-Pontoise. Ses cours portent sur l’histoire de la Guerre froide, des conflits contemporains et du terrorisme. Elle a une passion pour la Quatrième République, à laquelle elle a consacré deux livres, La IVème République et l’Alliance atlantique, et La République moderne à paraître au Seuil. Elle a également publié chez Gallimard Terrorisme et mondialisation où elle propose, en historienne, une typologie de cette violence particulière (révolutionnaire, ethno-nationaliste ou identitaire). Elle y évoque aussi quelques souvenirs du Sri Lanka, où elle avait décidé de partir en vacances alors que le pays était en pleine guerre.

MARIE-PIERRE REY
Marie-Pierre Rey est professeur d’histoire russe et soviétique à la Sorbonne, directrice du Centre de recherches en histoire des slaves. Elle est biographe d’Alexandre 1er, le tsar qui vainquit Napoléon, un best-seller en France, aux Etats-Unis et en Russie. Elle a dédié le livre aux siens et en particulier à son époux, qui pendant dix ans n’a pu partir en vacances qu’en tolérant la présence, encore et toujours, de celle que sa femme appelle « mon Alexandre ».

ROMY SÁNCHEZ
Romy Sánchez est historienne depuis exactement quatre jours. Cela faisait six ans tout juste qu’elle travaillait à une thèse sur les exilés cubains au XIXème siècle et leur rôle dans la construction de la nation cubaine, à la Sorbonne. Ça c’est fait. Elle est normalienne, enseigne à l’Université de Caen et a coordonné Exils entre les deux mondes avec trois autres historiens (ils se sont trouvés un nom : les exilologues). Quand son kiné lui a demandé : « Et à part Cuba, qu’est-ce qui vous intéresse ? », elle n’a pas trop su quoi dire, mais en y réfléchissant mieux ça donnerait : l’Amérique en général, l’Espagne, les Caraïbes et surtout les gens, morts ou vivants.

SYLVAIN VENAYRE
Sylvain Venayre est historien, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Grenoble-Alpes. Il a récemment publié Une guerre au loin. Annam, 1883 (Belles Lettres), primé aux Rendez-vous de l’histoire. Il vient de co-diriger avec P. Singaravélou Histoire du monde au XIXe siècle (Fayard, 2017). Il dirige actuellement L’Histoire dessinée de la France (La Revue dessinée/La Découverte) dont il co-signe le premier volume, La Balade nationale, avec Etienne Davodeau.

ISABELLE VEYRAT-MASSON
Isabelle Veyrat-Masson est historienne des médias, sociologue des médias et politologue (oui, des médias : sa thèse de science politique portait sur les programmes historiques). Son Histoire de la télévision française de 1935 à nos jours (avec Monique Sauvage) et son histoire de L’histoire au petit écran : quand la télévision explore le temps sont des classiques . On peut affirmer sans trop s’avancer que c’est une intellectuelle qui s’intéresse aux médias. Et à la politique : le laboratoire qu’elle dirige au CNRS s’appelle Communication et Politique. Elle reste cohérente en cette année 2016-17 en publiant Sous les pavés, le politique. Presse, télévision, radio et nouvelles technologies , et en tenant une chronique sur France Inter dans l’émission de Nicolas Demorand
 « Questions Politiques ». Avec un plaisir à peine dissimulé, elle profite de sa participation aux médias de flux pour les observer de l’intérieur.

DIMITRI VEZYROGLOU
Dimitri Vezyroglou est historien et travaille sur le cinéma, ce qui fait de lui, suppose-t-il, un historien du cinéma. Maître de conférences à la Sorbonne, il a longtemps travaillé sur le cinéma muet (Le Cinéma en France à la veille du parlant, CNRS Editions, 2011), et continue à l’explorer à travers une monographie sur le Napoléon d’Abel Gance (1927), en cours d’écriture. Rattrapé sans doute par son histoire familiale, il se passionne pour le cinéma comme instrument de contestation politique dans la Grèce des colonels, et aussi pour la légitimation des cultures marginales dans les années 1960-70. Il préside le jury du prix du documentaire historique des Rendez-vous de l’histoire.

CLEMENTINE VIDAL-NAQUET
Clémentine Vidal-Naquet est historienne, post-doctorante à la Sorbonne. En 2014, elle a publié Couples dans la Grande Guerre. Le tragique et l’ordinaire du lien conjugal (éd. Les Belles Lettres) ainsi qu’une anthologie de neuf correspondances échangées entre 1914 et 1918, (éd. Bouquins/ Robert Laffont). Ses travaux portent sur l’histoire de l’intime. Avec trois amis, elle a fondé Sensibilités, une revue savante (mais pas seulement) qui paraît chez Anamosa.

HISTORIEN PROFESSEUR AU COLLEGE DE FRANCE

PATRICK BOUCHERON
Patrick Boucheron est médiéviste, professeur au collège de France. Spécialiste de l’Histoire comparée des pouvoirs entre Moyen Âge et Renaissance, il travaille notamment sur l’Histoire des villes italiennes, mais aussi sur l’épistémologie et l’écriture de l’Histoire. Parmi ses derniers livres : Conjurer la peur- Essai sur la force politique des images, et Prendre dates, une correspondance échangée avec Mathieu Riboulet entre le 6 et le 14 janvier 2015. Il aime changer de cadre, décaler les perspectives, plonger l’historien dans l’époque : en particulier au Banquet du Livre, à Lagrasse chaque été, et à Nantes où il a mis en scène « Nous autres – 24 heures pour refaire l’Histoire du monde ou presque ».

HOMME-SANDWICH (ET FEMME-SANDWICH)

BILL BILQUIN
Bill Bilquin est homme-sandwich d’un soir. Les pages de pub vivante, c’est lui. Aux douze coups de minuit, il gardera sa belle barbe mais changera de casquette pour redevenir ce qu’il est chaque jour que Dieu fait : freelance dans une agence de publicité bruxelloise, poète à ses heures (il compose des haïkus sur twitter) et comédien : depuis 20 ans, il est un pilier de la fameuse Fbia – Fédération belge d’improvisation amateur.

CHARLOTTE RICHARD
Charlotte Richard est femme-sandwich d’un soir pour KissKissBankBank, la plate-forme de financement participatif. Elle fut journaliste (BFM Business, l’AFP, Le Parisien) et pilote désormais les partenariats de la start-up. Le principe : permettre à des auteurs et des créateurs – souvent des journalistes, des réalisateurs ou des photographes – de solliciter le soutien du public et de faire exister leur projets, parfois diffusés dans des médias tout à fait traditionnels. C’est l’avenir, dirait l’autre. Sinon, pour se détendre elle lit des programmes politiques. Le week-end dernier, c’était les 1 000 pages du candidat Bruno Le Maire. Elle adore et ça lui permet d’alimenter Voxe.org : le site qu’elle a fondé en 2012 avec trois amis et qui permet « à tous et à tout moment de consulter, comparer et contextuali- ser les propositions des candidats et des partis politiques ». Et là on dit : « Merci Charlotte ».

Homme de l’ombre

GILLES BOYER
Gilles Boyer se présente ces derniers temps comme “auteur, compositeur et bientôt interprète”. Ce n’est pas tout à fait vrai, même si son métier jusqu’à novembre dernier n’a pas de nom : “homme de l’ombre”, “homme de confiance”, “bras droit”, “lieutenant”, “collaborateur”. Lui aime bien “apparatchik”. Son chef c’était Alain Juppé pour lequel il a travaillé exactement quinze ans. Il a été son directeur de campagne pour la primaire de la droite. L’auteur-apparatchik aime faire des blagues sur Twitter, a écrit deux romans de politique-fiction avec son ami maire du Havre, Edouard Philippe, et sort Rase Campagne (le récit non fictionné d’une défaite) chez JC Lattès. Il est trésorier de la campagne de François Fillon (apparemment c’est symbolique) et “probable candidat” aux législatives de juin prochain.

jeunes auteurs et auteurs jeunesse

GWENAËLLE BOULET
Gwenaëlle Boulet est auteure et rédactrice en chef d’Astrapi, un «quinzomadaire» pour les 7-11 ans. Elle a tellement adoré le lire quand elle était petite, que la solution qu’elle a trouvée pour ne jamais passer à autre chose c’est de diriger le magazine. (La potion qui empêche de grandir, ça ne marchait pas.) Sa nouvelle formule garde les BD (Marion Duval, les Dragons de Nalsara, Lulu), des jeux, des recettes, des bricolages et insuffle aussi beaucoup d’actu. A ce propos, le jour des attentats, en novembre 2015 à Paris, elle a publié un texte illustré par Fred Benaglia qui a fait le tour du monde (2 millions de vues en quelques heures) où des enfants disaient des choses comme: «J’ai peur des terroristes, mais la liberté fait encore plus peur aux terroristes» et où on donnait aux enfants et leurs parents les clés pour comprendre l’impensable. Elle et son équipe viennent de remporter le prix ACPM du magazine qui a eu le plus de nouveaux lecteurs en 2016 (+ 5566 soyons précis). Ah et au fait ca veut dire quoi Astrapi ? C’est le nom d’un oiseau de paradis et puis ça signifie «éclair» en grec. C’était aussi une formule magique: «Astrapi, je te pi! Astrapan, je te pan!».

MARC BEYNIÉ
Marc Beynié est reporter et journaliste scientifique à Images Doc, le mensuel documentaire pour les 8-12 ans (Punchline: «Le plaisir d’en savoir plus». Bingo, c’est tout Marc.) Petit, il rêvait d’être océanographe mais s’est lancé dans le journalisme. Du coup, c’est pratique, il peut quand même s’intéresser aux dauphins dans le cadre de ses fonctions. Sauf qu’entre temps, il s’est pris de passion pour les ptérosaures et les porte-avions. Et les abeilles. Et les trimarans. Et les fusées à réactions. Bref, il est incollable sur à peu près tout: sa dernière marotte, c’est la percussion du silex, du coup il ramasse des cailloux sur son temps libre et essaie de faire du feu au bureau. Quand il part en reportage c’est toujours en compagnie d’un(e) apprenti(e) reporter de 11-12 ans. Toi aussi postule! Rencontrer Thomas Pesquet l’astronaute c’est quand même dingue. Et si tu veux créer une éruption volcanique c’est possible aussi: Marc a conçu des expériences à faire chez soi et les a compilées dans ses livres 100% et Labo 100% Manip Sciences (Ed. Bayard). Avec Bertrand Fichou, il a reçu des mains d’un ministre le prix «Le goût des sciences» pour Sciences pas Bêtes, un livre qui répond à tout un tas de questions, à commencer par
le commencement: quel âge a le soleil?

JO HOESTLANDT
JO Hoestlandt est l’auteure de 133 livres, soit 3,25 livres par an depuis 41 ans. 133 livres, c’est en comptant les romans dans J’aime lire et Belles histoires, mais sans le journal intime de 1 500 pages qu’elle a écrit entre 13 et 17 ans. Elle se demande quand on l’arrêtera d’un coup de sifflet. Son 134e livre, ce sera l’histoire qu’elle raconte devant vous aujourd’hui, qui sortira à la rentrée sous le titre Si je résume. Tous ces chiffres ca ne lui ressemble pas. Elle préfère les lettres, qu’elle a brièvement enseignées, au lycée Racine à Paris. A part ça ? Elle a gagné plein de prix, pour La Maîtresse est amoureuse, Mémé t’as du courrier, La grande peur sous les étoiles, Le pouvoir d’Aimé. Elle ne veut pas qu’on l’appelle par son vrai prénom parce que dans Jo on peut transformer le « J » en parapluie et le «O» en soleil. Elle collectionne les citations. En voilà une : Elle était mystérieuse, comme tout le monde. (Maeterlinck).

ZÔÉ KPONVI-RÉGEREAU
Zôé Kponvi-Régereau est en classe de 6e au collège André Malraux de Châtelaillon-Plage près de La Rochelle. «Quand j’étais petite, je mangeais des livres, au sens propre. Aujourd’hui je continue de les dévorer.» Et ça mène à tout: elle a déjà présenté une émission à la télévision (La Grande librairie), donné des interviews à des journalistes (Le Parisien, Ouest-france, Le Figaro) et prend un air blasé quand elle doit monter sur les planches d’un grand théâtre parisien. Il y a un an, elle était sur la scène de la Comédie Française, pour la finale des «Petits Champions de la lecture», un concours parrainé par l’écrivain Timothée de Fombelle, auquel participaient 26000 écoliers de CM2. Elle a lu à voix haute 3 minutes de Qui veut le coeur d’Artie Show d’Emmanuel Trédez, et elle a gagné! Théo, qu’elle a battu d’un cheveu (il a lu un peu du Feuilleton d’Ulysse de Murielle Szac) et les autres finalistes étaient «quand même un peu jaloux». Elle était désolée pour eux. Mais il va falloir qu’elle s’habitue à gagner, son rêve c’est d’être présidente (ou chirurgienne, ou chanteuse).

JOURNALISTES DE RADIO

CLARA BEAUDOUX
Clara Beaudoux est journaliste. A 31 ans, elle a déjà fait le tour de France plusieurs fois : Tours, Cherbourg, Strasbourg, mais aussi des villes qui ne riment pas entre elles comme Grenoble et Mont-de-Marsan. Elle en a profité à chaque étape pour travailler dans les rédactions de France Bleu. Elle a aussi fait du web à France Info et ailleurs. En novembre 2015, elle lance un tweet-documentaire (oui, ça existe) intitulé #MadeleineProject. C’est un succès en ligne, et l’histoire devient un livre aux Editions du Sous-sol fin mai 2016, c’est-à-dire la semaine dernière.

GIULIA FOïS
Giulia Foïs est journaliste. Elle anime Point G comme Giulia, « l’émission qui appuie là où ça fait du bien”, sur le Mouv’, dont elle vient de faire un livre. Elle se rêvait reporter de guerre en sortant du CFJ, aujourd’hui son terrain de combat est celui de la sexualité. Sexualité mais aussi société, intimité, féminité, virilité, liberté, égalité et plein d’autres trucs en ité.

MYRIAM LEROY
Myriam Leroy est journaliste. Elle a commencé dans la presse écrite avant de mettre un doigt dans la télé et un pied (puis deux) dans la radio. Ses chroniques radio ont été rassemblées dans deux livres – Myriam Leroy n’aime pas et les bobos, et La Révolution sans effort. Le Soir a dit d’elle qu’elle était «la femme de l’année sur la RTBF» : elle intervient dans les émissions Entrez sans frapper, Livrés à domicile et Un Samedi d’enfer. Elle anime Coupé au montage, un grand entretien hebdomadaire avec un artiste belge. Elle se risque de temps en temps à l’humour quand l’humeur le permet.

MEHDI MEKLAT & BADROUDINE ABDALLAH
Aka “Mehdi et Badrou”, alias Les Kids, ont 23 ans et sont “déjà des célébrités” (c’est le Washington Post qui écrivait ça en mars). Figures du Bondy Blog, longtemps duo vocal et reporters aux côtés de Pascale Clark sur France Inter, ils ont réalisé le documentaire Quand il a fallu partir en octobre 2015 pour Arte, sur la barre Balzac de la Cité des 4000 à La Courneuve, et écrit le roman Burn out (Seuil, 2015). A l’heure où nous mettons ces lignes sous presse, on ne sait toujours pas quelle histoire ils vont vous raconter, et vraisemblablement eux non plus. Même pas peur. Ils participent au lancement du podcast BoxSons et lancent ces jours-ci une revue intitulée Téléramadan.

MARIE-ODILE MONCHICOURT
Marie-Odile Monchicourt est chroniqueuse scientifique pour Radio France depuis qu’elle a compris, à Berkeley en 1981, que les galaxies s’éloignaient les unes des autres. Elle a monté Origins, un spectacle où danseurs et acrobates dévoilent la fabuleuse histoire de nos origines quantiques.

FRANCOISE WALLEMACQ
Françoise Wallemacq est journaliste à la RTBF depuis toujours ou presque. Elle a couvert la révolution roumaine, la guerre en ex-Yougoslavie, l’après-génocide rwandais, la crise au Burundi, le tsunami en Thaïlande, Fukushima, la guerre en Georgie, les élections en Afghanistan, la guerre en Syrie, la crise des réfugiés, l’épidémie Ebola en Guinée : bref, le monde comme il va (mal). Elle adore se faufiler au plus proche des témoins, un discret micro à la main, et transmettre à l’auditeur des images sonores qui marquent l’imaginaire.

JOURNALISTES DE TéLéVISION, RéALISATEURS DE DOCUMENTAIRES ET DE REPORTAGES

CHARLOTTE BUCHEN
Charlotte Buchen est journaliste et camerawoman pour Qatar TV. Elle réalise aussi depuis Doha des reportages pour PBS et le New York Times. Son prochain film porte sur l’installation de structures d’acier au milieu du désert par Richard Serra. Elle a un passeport américain valide et un passeport belge périmé. Elle a surfé autour du monde mais son spot préféré reste Bolinas Beach en Californie.

ZOUHAIR CHEBBALE
Zouhair Chebbale est réalisateur de documentaires. Il aime filmer “les cités dites sensibles, les immigrés, la vraie France, quoi !”. C’est lui qui le dit. Tout a commencé avec Bourtzwiller, tout le monde descend, sur la banlieue de Mulhouse où il a grandit. Il est encore étudiant à Marc Bloch, gagne le 1er prix du festival Filmer en Alsace, décroche une diffusion sur France 3 et enchaîne avec Va te faire rire, tourné, tiens donc, dans la banlieue de Mulhouse. Il finit par poser sa caméra à Casablanca où il est né, avec le film C’est mieux ailleurs (en Alsace peut-être ?). Son film Un piranha sous la capuche, un portrait du rappeur Maïza (originaire, comme c’est original, de la banlieue de Mulhouse) a été distingué par une étoile de la Scam. En ce moment il vit à Strasbourg et rêve de fiction.

VANJA D’ALCANTARA
Vanja d’Alcantara est cinéaste. Elle a tourné au Kazakhstan avec des actrices polonaises (Beyond the Steppes, prix du Jury à Marrakech et prix du Meilleur film au Magrittes du cinéma belge, 2010) et au Japon avec des acteurs canado-belgo-franco-japonais (Le Coeur régulier, sortie belge printemps 2016). Son tout premier court-métrage racontait déjà le dialogue impossible « lost in translation » entre un homme (russophone) et une femme (néerlandophone) dans le transsibérien. Elle est passée par la case documentaire. C’était en prison, et en espagnol.

THOMAS DANDOIS
THOMAS DANDOIS est journaliste et réalisateur de documentaires pour la télévision. Il a reçu: le prix Patrick Bourrat pour un reportage au Darfour, un grand prix Figra pour un reportage à Gaza et a été finaliste du Prix Albert Londres en 2012. Bien. Il a même eu son quart d’heure de gloire sur un tarmac, de retour en France après quelques mois dans une prison indonésienne. Il était accusé par les autorités de
«promotion de l’instabilité»: c’est un point de vue. Lui faisait juste son travail en racontant un autre point de vue, celui des Papous (des séparatistes, donc). Il est aussi père de famille (coucou les enfants!) et n’a pas oublié le moment où il a annoncé: «Papa est coincé chez les Papous», d’autant que ce n’était pas la première fois qu’il était en prison. (Au Niger il s’agissait «d’atteinte à la sûreté de l’Etat» et de séparatistes Touaregs.) Il préfère renoncer un temps à couvrir les terrains trop chauds mais pas les histoires tristes: son prochain film s’appelle Les Enfants de Daech.

NICOLAS DANIEL
Nicolas Daniel est rédacteur en chef à l’agence de presse CAPA. Il a été professeur en banlieue pendant cinq ans. Il a quitté l’Education nationale avec beaucoup de regrets, quelques blessures et aussi pas mal d’histoires à raconter.

CHARLES EMPTAZ
Charles Emptaz est réalisateur de grands reportages. Tout a commencé chez Canal +, où il faisait des photocopies. Ensuite ce fut de l’info chez i-Télé, du magazine en free-lance, et le plantage d’une société (Quatre-Vingt Productions). En 2011, il rapporte un scoop de Libye. Depuis, il continue : guerre des zébus à Madagascar, conflit forestier au Kivu et une fuite épique à travers le Soudan du Sud. Son film Burundi : ils ont tué la démocratie pour Arte a remporté le prix du grand reportage au Figra, une étoile de la Scam et a été finaliste du prix Albert Londres.

ANNE GEORGET
Anne Georget est réalisatrice de documentaires. Alors que sa carrière était organisée autour du grand reportage et des films scientifiques, la lecture d’un article du New York times, il a presque vingt ans, l’a projetée dans une enquête historique qui a changé sa vie, et dont elle a fait un livre et deux films : les recettes de Minna et Festins imaginaires, qui vient d’être diffusé sur la Chaîne Planète. Quand elle ne tourne pas, elle défend le droit d’auteur et la création audiovisuelle, grâce à son mandat de présidente de La SCAM, la société civile des (37 000) auteurs multimédia.

MARION GERVAIS
Marion Gervais est réalisatrice de documentaires. Tout a commencé par sa rencontre avec une petite fille qui vivait dans une voiture et naviguait entre l’école et la rue, du haut de ses 10 ans. Marion venait justement d’en avoir 40, elle était directrice de casting pour le cinéma. Elle s’est alors inscrite à une école de cinéma «du réel», les Ateliers Varan, et a commencé à filmer La vie de Cassandra. Puis elle continué. Anaïs s’en va t’en guerre, à propos d’une jeune femme qui veut devenir agricultrice, a conquis l’internet (700 000 vues) et les festivals. Elle vit dans un village au bord de la Rance et a pris son temps pour traverser la France jusqu’à un autre village, au bord de la Garonne.

YVES JEULAND
Yves Jeuland est réalisateur : 26 documentaires au compteur. Il s’est essayé au journalisme (“je suis trop lent”), à la chanson française (il fait un Montand très convaincant) et à la politique (candidat aux cantonales de 94 à Rosheim en Alsace, lui qui est de Carcassonne). Finalement il tournera une trilogie sur le pouvoir : sa conquête (Paris à tout prix sur la campagne Séguin-Tiberi-Delanoë), son exercice (Un temps de président avec Hollande à l’Elysée) et la fin de règne (celle de Georges Frêche, Le Président à Montpellier). Il a même réalisé un film qui s’appelle Rêves d’énarques. Tout un programme… mais rien à voir avec Macron. D’ailleurs, il arrête les films politiques. Il vient de finir un Piccoli et un Gabin tout en archives.

SAFIA KESSAS
Safia Kessas est journaliste et productrice de Tout ça (ne nous rendra pas le Congo), l’émission qui traite de sujets sérieux avec un peu d’ironie, lancée par les créateurs de feu Strip-Tease sur la RTBF. Elle est sans doute la seule journaliste en Europe à avoir suivi d’authentiques terroristes, Jean-louis Denis, et Fouad Belkacem de sharia4belgium, alors qu’ils étaient à la tête de filières de recrutement vers la Syrie. Ils ont tous deux été incarcérés depuis. Son dernier documentaire s’intitule Le Djihad des mères.

JASNA KRAJINOVIC
Jasna Krajinovic est réalisatrice de documentaires. A 23 ans, alors que la Yougoslavie natale implose, elle se lance dans le cinéma, quitte Ljubljana pour Bruxelles et est admise à l’Insas. Depuis, elle a réalisé des films sur des réfugiées en Bosnie (Saya et Mira, 2003) ; des démineuses au Kosovo (Deux soeurs, 2006) ; un jeune criminel en Slovénie (La chambre de Damien, 2008) ; un enfant soldat en Russie (Un été avec Anton, 2012) et une mère de djihadiste en Belgique (La chambre vide, 2016). Ses cinq films, récompensés et diffusés internationalement, ont tous été produits par “les frères » : Jean-Pierre et Luc Dardenne.

RÉMI LAINÉ
Rémi Lainé est réalisateur de documentaires. Carte de presse à 19 ans. “Je me voyais fouiller la merde, courir le monde”. Ça commence par la case Montbéliard où il intègre la rédaction du Pays de Franche-Comté, rubrique faits divers. Il est débauché par une équipe de la télévision (description du poste : “On cherche Rouletabille”) et entame une collaboration au long cours avec Daniel Karlin, qui culmine par un Sept d’or pour Justice en France, où pour la première fois, des audiences sont filmées. C’était il y a vingt-cinq ans. Depuis, il a signé trente films. Le dernier, La Rançon, d’après un livre de Dorothée Moisan, raconte le marché mondial du kidnapping – Mogadiscio, Caracas, Londres, Abidjan, Copenhague, San Antonio, Singapour – et passe demain soir sur Arte.

JéRôME LAMBERT ET PHILIPPE PICARD
Jérôme Lambert et Philippe Picard sont auteurs et réalisateurs de documentaires. Ils écrivent et tournent à quatre mains depuis vingt ans, après s’être rencontrés sur les bancs de la Sorbonne. La liste de leurs sujets de films amène cette conclusion incontournable : ce sont de joyeux omnivores. Les documentaires qu’ils ont dernièrement consacrés au STO, aux prisonniers de guerre et aux populations civiles en 1945 – Les déracinés, sélectionné aux Rendez-vous de l’Histoire 2016 – témoignent d’un intérêt certain pour des épisodes non héroïques du XXème siècle. Ils vont investir l’antenne d’ARTE en 2017 avec « Instantané d’histoire », 20 documentaires basés sur des photographies d’amateurs, qui évoqueront le destin de 20 personnages ordinaires. Le duo s’intéresse aussi à l’humour, dont ils ne seraient pas dépourvus, selon des sources proches de l’enquête. Leur documentaire Charlie 712 , histoire d’une couverture est un des films les plus tristement drôles de l’après-7 janvier 2015.

JULIETTE LAMBOT
Juliette Lambot est directrice des programmes d’une chaîne du câble. Grand reporter pour Thalassa, elle a sillonné les océans et les mers du globe pendant 17 ans. Son port d’attache reste Marseille où elle est née et auquel elle a consacré un beau-livre, Calanques, avec le photographe Gilles Martin-Raget. Elle est également co-auteur du Tour du monde en Cargo (Le Havre, NewYork, Panama, Shangaï, 84 jours sur un porte-conteneur de la CMA-CGM). Maintenant qu’elle a un beau bureau de directrice à Planète +Thalassa, à Boulogne (Billancourt), elle pense au grand large, mais surtout aux horizons que lui ouvre sa passion, le théâtre.

FABRICE LAUNAY
Fabrice Launay est journaliste et réalisateur. Il filme et réalise des grands reportages – dont une enquête au Sri Lanka récompensée par le Prix Albert-Londres. Après dix ans en Asie, il avait envie de changer d’air et a quitté Bangkok pour Orléans. Ça a marché. Il tourne avec Vanessa Dougnac et Claire Braud Wonderful War, pour ARTE.

LILA MSISSOU
Lila Msissou est journaliste pour la télévision. Elle réalise des reportages pour les magazines d’information Envoyé Spécial sur France 2, Enquête Exclusive, Capital et 66 minutes sur M6. Elle aime jongler avec les fausses identités, manier la caméra cachée et se glisser dans la peau d’une autre. Si elle n’avait pas été journaliste elle aurait aimé être espionne – d’ailleurs Lila Msissou est un pseudo et elle est ceinture noire de Kung Fu.

LOÏC PARMENTIER
Loïc Parmentier est journaliste politique à la rédaction de RTL, chaîne dont le journal télévisé est le plus regardé en Belgique francophone. En mai dernier, un de ses reportages a conduit le parti centriste à exclure de ses rangs la députée Mehinur Ozdemir, qui refusait de reconnaitre le génocide arménien.

JEAN-BAPTISTE PERETIE
Jean-Baptiste Péretié est auteur et réalisateur de documentaires. La liste de ses sujets de films amène cette conclusion incontournable : c’est un joyeux omnivore. Après une comédie sur les doux stéréotypes qui collent à la peau des Français chez les Anglo-saxons (French Bashing , Canal +, 2014) et une enquête sur l’âge d’or de la presse à scandales, autrement dit le “journalisme d’imagination” (Tabloïds , Arte, 2015), il vient de réaliser un film d’entretiens avec d’anciens candidats à la présidentielle française ( Moi, Candidat, Canal +, 2017). Il a aussi passé quelques années à interviewer Guy Ribes, qui inventait des Picasso, des Renoir et des Matisse pour gagner sa croûte (attention jeu de mots) et a fini par écrire les vraies mémoires du peintre ( Autoportrait d’un faussaire , Presse de la Cité, 2015).

NORA PHILIPPE
Nora Philippe est réalisatrice de documentaire, auteure, commissaire d’exposition et productrice. Au départ tout était beaucoup plus simple : elle était normalienne. Elle a tellement adoré qu’après les lettres modernes et l’histoire de l’art, elle s’est lancé dans l’anthropologie et le cinéma (EHESS et NYU). Depuis, elle multiplie les occasions de retourner à l’université : en programmant des cycles de ciné- ma (à Columbia), en enseignant (aux Arts-Déco) ou en tournant un film (sur Barnard). Cela dit, elle se passionne pour à peu près tout : de James Ensor (le film qu’elle lui a consacré, Les Ensortilèges, a été distingué par une Étoile de la Scam) à une agence Pôle emploi de Seine-Saint-Denis (Pôle emploi ne quittez pas !). Sa dernière passion : la collection de poupées de tissu africaines-américaines de Deborah Neff. Elle va en faire un film, un livre, une exposition à la Maison rouge en 2018.

CAROLINA SA
Carolina Sá est cheffe d’édition à la rédaction anglophone de France 24. En clair, elle se lève à 2 h pile, bien avant que Paris ne s’éveille, pour préparer le conducteur du JT. Avant de jongler avec les breaking news en France, elle a décroché un diplôme d’études africaines à Londres et mis à profit sa double-culture (elle est luso-brésilienne) pour travailler dans le cinéma et le documentaire des deux côtés de l’Atlantique.

JOURNALISTES DE PRESSE éCRITE

CHLOÉ AEBERHARDT
Chloé Aeberhardt est journaliste et supervise chaque semaine les 20 pages de la rubrique Styles de M le Magazine du Monde. Dès qu’elle a su écrire son nom, maîtrisant ainsi d’un coup dix lettres de l’alphabet sur 26, elle a décidé de poursuivre sur sa lancée. Quand elle serait grande, elle écrirait “des trucs”. Et c’est arrivé : avant de rejoindre M, elle a écrit des portraits dans Libération et des reportages pour GQ, Paris Match, Grazia, Marie Claire UK… Dernièrement, elle est partie à la recherche des espionnes de la Guerre froide. Des anciennes de la CIA, du KGB, du MI5… l’ont reçue chez elles. Elle les raconte dans Les Femmes qui en savaient trop (à paraître en janvier 2017, éd. Robert Laffont), en utilisant la totalité des lettres de l’alphabet.

HÉLÈNE BEKMEZIAN
Hélène Bekmezian est journaliste parlementaire. Quand elle était petite, elle avait pour ambition de devenir paléontologue. Et comme tout finit par arriver, en 2012, vingt ans après son rêve d’enfant, le quotidien Le Monde lui proposa un poste d’observation unique, non pas sur les dinosaures et les fossiles (quoique) mais sur le seul lieu physique de la politique française, l’Assemblée nationale. Elle sort l’année prochaine chez Grasset un livre sur le Palais-Bourbon, ses coulisses, ses grandeurs et surtout ses petitesses.

ARIANE CHEMIN
Ariane Chemin est reporter au Monde. La liste de ses sujets d’enquêtes amène cette conclusion incontournable : c’est une joyeuse omnivore. Elle a une grande expérience des tréteaux politiques, notamment ceux des campagnes présidentielles. Elle aime rouler sur les routes corses, qu’elle a arpentées à nouveau il y a quelques mois pour écrire Mariage en douce (éd. Equateurs), une enquête sur les noces secrètes de Romain Gary et Jean Seberg. Elle a plongé souvent dans d’atroces faits divers, tenté de gratter la cire de quelques monstres sacrés, comme Houellebecq ou d’Ormesson. Avec Vanessa Schneider, elle vient de terminer un documentaire sur “l’homme qui a décomplexé la droite française”, Patrick Buisson.

GÉRARD DAVET ET FABRICE LHOMME
Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont journalistes d’investigation au Monde. Ils forment un duo secret, endurant, controversé et (quasi) inséparable. On dit ”Davet-Lhomme”, comme une entité. Fin 2016, ils signent le best seller de l’année électorale : Un président ne devrait pas dire ça, basé sur soixante entretiens avec François Hollande. Quelques semaines après la publication, celui-ci renonce à se pré- senter pour un second mandat. Ils ont écrit cette été une série de portraits remarquée (Angot, Hanouna, Dati, Tapie, Luchini) intitulée ”Têtes brûlées”. Tiens, tiens. Ce soir, ils arrivent directement du marathon de Berlin.

JULIETTE DEMEY
Juliette Demey est aviatrice. Elle pilote des petits avions et photographie des nuages sur son temps de travail. Sur son temps libre, elle est reporter au Journal du Dimanche. Ou alors c’est l’inverse. Sujets “société” ou “science”, tout l’intéresse et elle évite soigneusement de se spécialiser.

GILLES DENIS
Gilles Denis est rédacteur en chef aux Échos Week-end, où il s’occupe de la culture, du style et de la mode. Il rêvait d’être normalien (il était en khâgne à Louis le-Grand) ou ambassadeur (il a passé le chinois au bac et fait Sciences Po), voire carrément écrivain-diplomate. Il faut dire que ça fait rêver. Finalement, il est devenu grand reporter au Figaro Magazine où il a adoré couvrir, entre autres, et à sa grande surprise, l’assurance-maladie. Moins glamour que les empires du luxe qu’il observe aujourd’hui, certes, mais tout aussi fascinant. Il a un faible pour la reine d’Angleterre.

EMMANUEL DUPARCQ
Emmanuel Duparcq est journaliste à l’AFP depuis toujours, c’est-à-dire depuis sa sortie du CFJ. En 2005, pour son premier poste à l’étranger, on l’envoie couvrir la guerre à Kaboul. Ca le passionne. Il décide de rester et passe presque dix ans en Afghanistan et au Pakistan. Sa tech-nique pour approcher et décrypter les réseaux des djihadistes talibans et d’Al-Qaïda : le profil bas et la tenue locale. En 2011, le jury du prix Albert Londres le distingue pour des « enquêtes bourrées de talent, qui parviennent à donner chair et corps à des dépêches d’agence ». Et souligne « aucun des reportages primés n’a
été effectué en compagnie de forces armées ». Pour changer d’air, il vient de quitter Islamabad pour la place de la Bourse. Ça a été radical – y compris pour sa garde-robe, du chic pachtoune au glam’ parisien, sans transition.

OLIVIER FAYE
Olivier Faye est journaliste politique au Monde. Quand il était petit, à Cholet, il déclare un jour à sa famille : “Moi, je serai président de la République.” Ses parents font semblant d’y croire. Lui passe à autre chose. (Dommage, en 2022, il fêtera ses 35 ans : l’âge parfait pour réaliser un destin présidentiel.) Sa nouvelle ambition, mettre la plume dans les faits. Il a commencé au service politique de La Croix puis du Journal du Dimanche. Au Monde, il a suivi successivement les écologistes, Jean-Luc Mélenchon et le Front national. Ah, et il a co-écrit une biographie de Nathalie Kosciusko-Morizet. Et là on dit : “Quel flair !”.

BALLA FOFANA
Balla Fofana est journaliste à Libération. Il revient de loin, c’est lui qui le dit. Quand il avait dix ans, l’école – en la personne de Monsieur Dol, instituteur à l’école élémentaire Paul-Éluard à Orly – l’a sauvé. (“Pas évident, il n’y avait pas de livre à la maison. Personne ne lit chez moi”). Du coup, adolescent, il se cache pour écrire (“Sinon je serais passé pour le p’tit renoi fragile du quartier qui se prend pour Baudelaire.”) Ensuite tout se passe mieux que prévu : licence de Lettres à la fac de Créteil, master en communication, articles dans le Bondy Blog, embauche au service économie de TF1… Souvent il pense à ses copains d’avant.

CAROLINE FONTAINE
Caroline Fontaine est journaliste politique à Paris Match . Elle était bien partie pour être historienne – elle a enchaîné les vacations et
les CDD au Collège de France, au CNRS et à l’Université de Warwick – avant de bifurquer. À Paris Match , elle a couvert des conflits (Liban, Afghanistan), des drames (le tsunami, les attentats de Londres) et des événements que l’Histoire (grand H) ne manquera pas de retenir (le mariage de Charles et Camilla, le 77ème congrès du Parti socialiste). Dernièrement, elle a réalisé pour la télévision Le Val-de-Grâce, l’hôpital de la République (France 3, 2015) et publié Mon grand-père était poilu. Dix politiques livrent leurs secrets de famille (éd. Tallandier) co-écrit avec Laurent Valdiguié.

SOLVEIG GODELUCK
Solveig Godeluck est journaliste aux Échos. Si l’on en juge par les titres des livres qu’elle a publiés – Les pirates du capitalisme et La voie du pirate (respectivement une enquête sur les fonds d’investissement, avec Philippe Escande et un portrait de Xavier Niel, avec Emmanuel Paquette) – elle a un truc avec les pirates. À la suite d’une plainte de Free Mobile, elle a été mise en examen pour diffamation : la citation qui fâchait, du secrétaire général de Bouygues Telecom, évoquait à propos de Free une ”notion nouvelle de réseau téléphonique vide qui couvre”. C’est resté sans suite. C’était prévisible, elle avait juste fait son travail de reporter. Elle est diplômée d’une grande école, l’ESJ à Lille, et chanteuse lyrique amateure.

DAVID GROISON
David Groison est rédacteur en chef de Phosphore depuis fort longtemps. Il aurait du devenir ingénieur en Chimie Physique Electronique (il est diplomé de l’Ecole supérieure de Chimie Physique Electronique de Lyon) mais parce que « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » il a préféré travailler dans le seul titre de la presse francophone qui porte le nom d’un élément chimique (numéro atomique 15, symbole P). Ou plutôt qui portait : en 2012, Prisma a lancé Néon (Numéro atomique 10, symbole Ne) un mensuel branché au tirage moindre que celui de Phosphore. Ouf. Il est l’auteur avec Pierangelique Schouler de quatre ouvrages sur la photographie, le dernier (L’Histoire vraie des grandes photos depuis 1965) ayant été publié en mars chez Actes Sud Junior.

AMAELLE GUITON
Amaelle Guiton est journaliste à Libération, où elle raconte comment Internet transforme nos vies. Si ses souvenirs sont bons, elle a utilisé son premier logiciel de cryptographie à une époque où c’était à peine légal en France, par pure curiosité. Elle a aussi écrit un livre, Hackers, au cœur de la résistance numérique (éd. Le Diable Vauvert), et compte bien récidiver un jour ou l’autre.

SYLVIE KAUFFMAN
Sylvie Kauffmann est éditorialiste au Monde. Elle a rejoint le journal au siècle dernier, après l’AFP où elle a appris la passion pour l’actualité internationale et pour un journalisme créatif et qui doute. Correspondante à l’étranger ? “Le plus beau métier du Monde”, dit-elle. A Moscou, Washington, New York ou en Asie, elle a pris goût aux révolutions de toutes sortes. (La Pologne est son pays de coeur). Maintenant elle chronique sagement au Monde et au New York Times mais elle a été la première femme à diriger la rédaction du journal. Et là, on dit : “Big up !”

VIOLETTE LAZARD
Violette Lazard est journaliste à L’Obs. C’est elle qui a fait tomber Jean-François Copé, exploser l’UMP, conduit Bygmalion au dépôt de bilan et même fait pleurer à la télé un ambitieux quadra (Jérôme Lavrilleux rappellez-vous). Elle adore suivre “les affaires” (des tableaux, des sondages de l’Elysée, des primes en liquide) et noter des petites phrases toute simple comme : “On prend l’argent quand il arrive”. C’est un préfet qui le dit.

ALINE LECLERC
Aline Leclerc est journaliste au Monde. Elle aime raconter la vie des gens ordinaires. Elle a longtemps été pigiste en France et à l’étranger, notamment au Guatemala, quand ce n’était plus la guerre, mais pas vraiment la paix. C’est à RFI, dans l’émission Microscopie d’Edouard Zambeaux, qu’elle a pris goût à parler des banlieues, des migrants, de la précarité, des luttes, des marges. Pour le site du Monde, elle a relaté pendant deux ans (2010-2012) le quotidien de la cité des 4000 de La Courneuve. Plus récemment, elle a coordonné avec Sylvie Kauffmann la série du Mémorial aux victimes du 13 novembre. Ce soir, elle aurait pu vous raconter comment à 14 ans elle a décroché la 15e place au championnat de France de Badminton UNSS, mais finalement non.

MARCEL LEROY
Marcel Leroy est journaliste indépendant. Après avoir passé 15 ans à Nord Eclair à couvrir son Hainaut natal, il pousse, un jour de 1989, la porte du Soir Illustré et passe les 10 années suivantes en reportage autour du monde. Il est aussi à l’aise avec le prince Philippe (qu’il a emmené diner chez un grec de Mont-sur-Marchienne), qu’avec Wadji Mouawad (metteur en scène surdoué) ou les familles des mineurs de Mons. Son dernier livre, Angelo Galvan, le renard du Bois du Cazier est le portrait d’un héros belge en même temps qu’un retour sur l’histoire de l’immigration italienne des années 50.

CLAIRE MEYNIAL
Claire Meynial est grand reporter au Point, chargée de l’Afrique. En avril, elle a remporté le prix Albert Londres, pour une série sur les migrants vers l’Europe (Gambie, Niger, Libye), un article sur le plus grand camp de réfugiés au monde (Da- daab à la frontière entre le Kenya et la Somalie) et une enquête sur le patient zéro d’Ebola au Nigeria. C’est ce qu’on appelle mettre la plume dans la plaie. Elle avait déjà gagné un prix Bayeux des correspondants de guerre pour son reportage sur Boko Haram. Elle aime l’actu très chaude et les loisirs très froids (elle a une passion pour le ski).

SERGE MICHEL
Serge Michel est grand reporter, rédacteur en chef du Monde Afrique, et ancien directeur adjoint des rédactions au Monde. En 2001, il obtient le prix Albert-Londres pour ses reportages en Iran, publiés dans Le Figaro, Le Point et Le Temps. En 2005, alors au magazine suisse L’Hebdo, il fonde le Bondy Blog en banlieue parisienne. Il est le co-auteur, avec Michel Beuret et Paolo Woods, de La Chinafrique (2008, traduit en dix langues). Il a traversé sans encombre l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie mais dit parfois qu’une rédaction parisienne est un terrain autrement plus dangereux.

PHILIPPE RIDET
Philippe Ridet est journaliste au Monde depuis 2002. Il revient d’un séjour de huit ans en Italie comme correspondant. Un “exil choisi”, dit-il. Tu m’étonnes. Passionné de rien mais curieux de tout, il a appris sur le tas (et sur le tard) son métier. Pour rassurer ses parents, il passe le concours de préposé des PTT en 1982. Il devient donc postier comme son père, d’abord à Bourg-en-Bresse, ensuite à Paris, précisément au “service des Ambulants du Sud Ouest, à la gare Saint-Lazare”. Il y est resté 15 jours. Puis il est entré au Parisien, comme stagiaire au ser- vice des sports. Il a longuement et profession- nellement fréquenté Nicolas Sarkozy jusqu’en 2007. Il en a tiré un livre, Le Président et moi (éd. Albin Michel).

ESTELLE SAGET
Estelle Saget est rédactrice en chef “Santé” pour The Conversation, un média en ligne qui combine “expertise universitaire et exigence journalistique”. Elle a longtemps été grand reporter au service société 
de L’Express. Après une grande école de commerce et un projet d’expatriation, alors que sa vie de femme d’affaires au Canada semble toute tracée, elle retropédale et se lance dans l’écriture. L’improbable S’installer au Canada devient un best-seller. Depuis, elle se passionne pour les questions de santé et les portraits au long cours et a remporté le prestigieux European Health Prize for Journalists pour un reportage à l’hôpital psychiatrique de Rouffach, en Alsace.

ABDOU SEMMAR
Abdou Semmar est éditorialiste. Ancien des quotidiens francophones de référence El Watan et La Tribune , rédacteur en chef du site d’information algérie-focus, il incarne un journalisme d’opinion et d’opposition dans un pays où l’on ne badine pas avec la censure. L’émission « satirique et sérieuse », Week-end, qu’il animait sur la chaine El Djazaïria, dans le même esprit que le Petit Journal de Canal+, a été déprogrammée en avril 2015, suite à des révélations sur le patrimoine immobilier parisien d’un ministre et de sa fille.

LUCIE SOULLIER
Lucie Soullier est journaliste au Monde. Elle est rattachée à la rédaction web du quotidien du soir, ce qui signifie surtout qu’elle n’est spécialiste de rien et donc prête à partir partout. La preuve, en trois ans, elle a suivi le Tour de France, les élections, la crise des réfugiés et les attentats du 13 novembre. Elle doit son appétit pour la vie des autres à sa mère, assistante sociale, qui, depuis 29 ans et demi, lui raconte le quotidien des gens du Nord.

MARIE-CHRISTINE TABET
Marie-Christine Tabet est grand reporter au Journal du Dimanche. Il y a fort longtemps, elle était fait-diversière à La Voix du Nord. Il y a moins longtemps journaliste à Capital, au Parisien et au Figaro. Dans les titres de ses livres, il y a des mots comme “l’argent et les politiques”, “l’État voyou”, “scandale d’État”: bref elle aime les affaires. Pour sa dernière enquête, avec Christophe Dubois, elle a écumé les registres du cadastre parisien à la recherche des 50 milliards d’origine algérienne planqués en France par les hommes de Boute- flika. Le bel appartement de la fille du Premier ministre sur les Champs-Élysées lui a valu une belle notoriété dans la Casbah. Elle vient de mettre un point final à Grâce à Dieu, les faits sont prescrits (Ed. Robert Laffont).

LAURENT VALDIGUIÉ
Laurent Valdiguié est rédacteur en chef au Journal du Dimanche. Dans les titres de ses livres il y a des mots comme “Scandale d’Etat”, “l’Argent, les Réseaux, les Affaires” ou “Machination”. Malgré tout, il n’a pas que des ennemis. Sa vraie passion, c’est le poilu de 14 et les champs de bataille de la Grande guerre.

MARCELO WESFREID
Marcelo Wesfreid est journaliste politique à L’Express depuis dix ans. Il couvre les péripéties de la gauche au pouvoir, après avoir couvert les péripéties de la gauche dans l’opposition. Après ses études de lettres à Normale Sup, il avait tendance à croire que la fiction était plus forte, plus romanesque, plus théâtrale que la réalité, mais il est désormais convaincu du contraire. De ce point de vue-là, la politique ne l’a jamais déçu.

JOURNALISTES INDéPENDANTS (ENQUêTES, RéCITS ET LONGS FORMATS)

CLAIRE BILLET
Claire Billet est journaliste. Elle a vécu sept ans au Pakistan et en Afghanistan où elle était correspondante pour la presse française, suisse et canadienne et a désormais choisi de documenter les après-guerres (burqas et lance- roquettes, ça donne à réfléchir). Avec Olivier Jobard, elle a publié Kotchok, sur la route avec les migrants (éd. Robert Laffont) et réalisé Comme une Pluie de Parfum pour Arte, pour lequels ils sont finalistes pour le prix Albert Londres.

MATHILDE BOUSSION
Mathilde Boussion est journaliste, membre de la rédaction des revues XXI (“L’information grand format”) et 6Mois (“La revue qui renoue le lien entre journalisme et photo”). Elle n’aime rien tant que s’engloutir dans les enquêtes et les sujets les plus touffus : suicide assisté en Suisse, nouvelle vague fasciste en Italie, revers du boom technologique à San Francisco. C’est toujours “dingue”, “passionnant”, “incroyable”. D’ailleurs, elle a souvent raison. Son sujet sur les collaborateurs irakiens de l’armée américaine en est la preuve. Cet été, elle a copiloté la programmation des tables rondes “Décrypter la Terreur” au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne.

THIERRY CRUVELLIER
Thierry Cruvellier est journaliste. Depuis vingt ans, il couvre les procès pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide, « un boulot qui n’attire pas les candidatures spontanées », a écrit le New Yorker à son propos. Il a l’étrange privilège d’avoir croisé plusieurs douzaines de tueurs de masse Le Tribunal des vaincus. Après sur le Rwanda du Hutu Power et Le Maître des aveux sur le Cambodge des Khmers rouges, il travaille sur une histoire sierra léonaise. A Dakar, où était en 2015 jugé le tchadien Hissène Habré, il a, une fois encore, été témoin de l’Histoire à travers la justice des hommes.

ANTOINE DREYFUS
Antoine Dreyfus est journaliste d’investigation. Grand reporter pendant 15 ans pour l’hebdomadaire VSD (avec un goût particulier pour les autocrates : Nyazov le turkmène, Abdullah le saoudien et Kim le nord coréen), il est désormais free-lance. Il a récemment mené l’enquête de Cash Investigation sur les pesticides, devenue un livre – Toxic, co-écrit avec Martin Boudot – et un succès d’audience (4 millions de spectateurs). Pour son nouveau livre La France qui gronde (avec Jean-Marie Godard), il a testé une nouvelle technique de reportage : le co-voiturage. Apparemment, discuter semaine après semaine avec des inconnus au volant de leur voiture, à 130 à l’heure sur les routes de France, ça marche mieux que les sondages.

THOMAS FOURQUET
Thomas Fourquet est journaliste et traducteur. Il écrit aussi bien pour la revue Schnock que pour Les Cahiers du football. Polyglotte, persanophone, spécialiste de l’Iran où il compte bien retourner un jour, si on veut bien lui donner un visa, il a également des intérêts variés entre lesquels il a renoncé à faire le tri. Il aime les histoires, en particulier les histoires un peu tristes.

CéLINE GAUTIER
Céline Gautier est journaliste et cofondatrice de la revue Médor, «le trimestriel belge et coopératif d’enquêtes et de récits» que toute l’Europe envie au royaume de Belgique. Elle est romaniste de formation (autrement dit linguiste, spécialiste des langues issues du latin vulgaire) ce qui mène à tout puisqu’elle a travaillé ce qui mène à tout puisqu’elle a travaillé
pour des journaux qui, de son propre aveu, “n’ont rien à voir entre eux“ : le Magazine de Spirou,Elle et Alter Eco. Elle est membre du Conseil de déontologie journalistique (ce qui est très rassurant). Récemment, dans Médor, elle a signé une enquête sur le don d’ovocytes et la PMA. Le jury du prix Belfius (oui, le Pulitzer belge) a adoré (“remarquable !“) et la lauréate 2017, catégorie presse écrite, c’est elle.

BESMA LAHOURI
Besma Lahouri est journaliste. Son père diplomate a renoncé à la voir faire carrière aux affaires étrangères quand il a compris que sa fille aimait exposer les secrets des puissants. Elle a publié Zidane, une vie secrète et Carla, une vie secrète, deux biographies non autorisées, chez Flammarion. Son dernier livre Prends garde à toi si je t’aime lui fait affirmer haut et fort : « Entre ministres et journalistes, les histoires d’amour finissent mal, en général».

FRéDéRIC LOORE
Frédéric Loore est journaliste. Depuis quinze ans, il collabore à Paris Match mais publie aussi ses enquêtes et récits ailleurs dans la presse belge et française. Son sujet de prédilection est la traite des êtres humains. Il y a consacré deux livres: Belgique en sous-sol en 2008 et en 2014, Marque ou crève, des portraits sur trois continents de footballeurs africains victimes d’exploitation, réalisée avec Roger Job. Il est lauréat d’une bourse du Fonds européen pour le journalisme pour une investigation sur le trafic des migrants dans des cargos voyous de la marine marchande.

ISABELLE MASSON-LOODTS
Isabelle Masson-Loodts est journaliste et réalisatrice indépendante. Archéologue de formation, elle a écrit avec son père La Grande Guerre des Soignants – Médecins, infirmiers et brancardiers de 1914-1918 . Toute seule comme une grande, elle a réalisé Dernières nouvelles du front, un documentaire radio, et Paysages en Bataille, un documentaire. Bref, elle s’intéresse aux séquelles environnementales de la guerre. Elle a publié dans Médor une enquête sur les pavés au rabais venus de Chine, d’Inde et du Vietnam, un reportage sur l’imminent retour du loup et un récit sur la saturation des cimetières. Elle vient de rejoindre un collectif de 6 photographes et 1 rédactrice (la rédactrice, c’est elle) qui s’appelle Huma.

QUENTIN NOIRFALISSE
Quentin Noirfalisse est journaliste et cofondateur de Médor, «le trimestriel belge coopératif d’enquêtes et de récits» (répétons-le). En 2013, son documentaire interactif sur les hackers, Geek Politics, a été diffusé par Le Soir et France Télévisions. Il s’intéresse au chiffrement des données qu’il enseigne à des journalistes d’investigation et prépare un documentaire sur Bruxelles, les databases publiques et les individus qu’elles recouvrent. Son premier long métrage documentaire, Le Ministre des Poubelles, tourné à Kinshasa, sortira en 2017.

PHILIPPE PUJOL
Philippe Pujol est journaliste. Il se croyait « rédacteur, deuxième échelon », payé au SMIC à La Marseillaise quand il s’est retrouvé propulsé, par la magie du Prix Albert-Londres, grand reporter « au style plein d’audace et de fulgurances ». Il opine désormais du bonnet, l’air blasé, quand on le compare à Céline et Truman Capote. Son deuxième livre La Fabrique du Monstre, sur les « systèmes » marseillais est sorti en janvier 2016 aux Arènes. Il collabore à Sept.Info, un media d’enquête basé à Fribourg, en Suisse.

STEFANIA ROUSSELLE
Stefania Rousselle est journaliste et réalisatrice. Elle collabore avec Le Monde depuis… cette semaine (supplément L’Époque) et avec le New York Times depuis 2010. Son tout premier reportage vidéo pour eux ? Un portrait de championne de patin à glace à Vancouver. Le deuxième ? Une histoire de chasse-neige à Manhattan. Le troisième ? Un cross sur un lac gelé vers Boston. Rubrique glaciale ! A vrai dire, les sujets vraiment glaçants, c’est à Paris qu’elle les a tournés : “J’ai filmé l’horreur“. Pour sa couverture des attentats de 2015, elle a remporté, avec l’équipe du New York Times une place de finaliste au Pulitzer. Au lendemain de la présidentielle, prise d’une “urgence absolue”, elle prend le volant sur un coup de tête et se lance dans une série de portraits, au hasard de ses rencontres. Elle pose une question, la seule qui lui brûle les lèvres : “C’est quoi l’amour ?

DELPHINE SAUBABER
Delphine Saubaber commence une nouvelle vie de scénariste. Pendant presque quinze ans, elle a écrit des choses qui dépassaient (parfois) la fiction : c’était dans les pages de L’Express, où elle a été grand reporter. En 2010, elle a reçu le Prix Albert-Londres – ce qui n’est pas mal du tout. Elle a été récompensée pour un portrait de Radovan Karadzic, une chasse à l’homme en Calabre, le combat d’une mère contre la mafia et des articles sur l’ouverture des archives de la police politique en Roumanie. Elle a co-écrit un livre intitulé Vies de mafia (2011, Stock), c’est dire si elle connaît du monde.

KARL VAN DEN BROECK
Karl van den Broeck est journaliste. Depuis 2014, il dirige le département Agora de Bozar tout en étant rédacteur en chef de Apache.be. Avant, il a occupé à peu près tous les postes des rubriques News, Culture et Littérature au quotidien De Morgen, où il est resté 19 ans, puis a été rédacteur en chef de l’hebdomadaire Knack. Il a publié De echte vader van de pil sur le véritable inventeur de la pilule contraceptive, qui n’était pas Pincus l’américain mais Peeters le belge, et Waarom ik de Indianen wil redden sur Sitting Bull, le résistant sioux.

MUSICIENS, MUSICOLOGUES ET COMPOSITEURS

PIERRE BASTIEN
Pierre Bastien est compositeur. Alors qu’une respectable carrière de dix-huitièmiste à la Sorbonne s’ouvre à lui, il bifurque vers le Meccano. Il est le chef d’un orchestre qui compte jusqu’à 80 robots qu’il construit lui-même et qui jouent d’instruments des cinq continents. Sinon, il a fait ses débuts « au hochet comme tout le monde »et vit entre Rotterdam et Barcelone.

BARTON BUG
Barton Bug est un duo d’électro pop. Aurélien Fournier c’est le saxo. Bastien Marline la voix. Ils se définissent comme “doux”. Les Inrocks les trouvent “aériens“. SPNK Mag aime leur “fraîcheur“. En attendant de vivre d’amour et de pop fraîche, ils apprennent à Strasbourg les bases d’un métier qui n’a, à priori, pas grand chose à voir avec la choucroute : la banque. L’un (Aurélien) est à Sciences-Po en section “Finance pratique des marchés financiers“. L’autre (Bastien) vient d’entrer à l’EM, une grande école d’où il espère sortir bardé du diplôme de “marketing et écoute des marchés“. Et ça c’est après avoir décroché un master de neurosciences “Cellulaires et Intégrées“ à l’Université de Strasbourg. Rien à voir donc ni avec la choucroute, ni avec la main invisible
(quoique). Barton Bug a été sélectionné aux Inrocks Lab et à la Villa Schweppes et vient de sortir son premier mini-album : Alcôve, à écouter sur soundcloud.

STANLEY DAVID DE LOSSY & CORENTIN SIMONIS
Stanley David de Lossy & Corentin Simonis sont les designers sonores de Live Magazine depuis sa création. L’un (Stanley) a lancé une école qui ne requiert pas de passer par la case solfège (the Brussels Rock School à Uccle et à Ixelles, pour enfants et adultes). L’autre (Corentin) est directeur du marketing de Stagg, une marque belge d’instruments et d’accessoires de musique. Depuis aussi longtemps qu’ils se souviennent, ils ont joué de la musique ensemble.

C-DRICK FERMONT
C-Drik Fermont est artiste. Il a étudié la musique au Conservatoire Royal de Mons tout en explorant la scène alternative. Le fait d’être né au Zaire, pays qui n’existe plus, et d’avoir été un des rares métisses à embrasser le mouvement punk a contribué à le propulser vers les gens et les projets hors-norme aux quatre coins du monde. Il vit à Berlin.

KID FRANCESCOLI
Kid Francescoli aka Mathieu Hocine est musicien. Il a choisi son nom de scène en hommage au « prince » Enzo Francescoli, attaquant uruguayen de l’OM qui a illuminé son enfance. Son dernier album, With Julia est l’histoire en musique d’une rencontre et d’une rupture amoureuse ou « comment deux petits cœurs brisés donnent envie d’être heureux pour la vie » dixit Les Inrocks.

ADAM H.
Adam H. est musicien. Il a grandi dans deux Etats proches de l’Ohio – le Kentucky et l’Indiana – puis a vécu en Chine, à Londres et à New York avant de s’installer à Paris. Son album Glacier est disponible sur MK Label et Abolition, avec Jean-Charles Versari, est sorti 2015. Le CNRS, pour lequel il travaille comme traducteur et éditeur de textes philosophiques, ignore tout de sa vie sous pseudo.

POLAROÏD 3
Christine Clément, Christophe Imbs et Francesco Rees sont musiciens au sein du groupe Polaroïd 3. Les Dernières Nouvelles d’Alsace disent qu’ils mènent ”un dialogue fantasque entre une électro-pop envoûtante et des cordes audacieuses”. Fantasques, envoûtants, audacieux : c’est tout eux. Christine est chanteuse multi-répertoires : jazz, pop, électro, elle pratique même le chant grégorien. Francesco est batteur et compositeur, il a enregistré une vingtaine d’albums et travaille régulièrement pour le cinéma. Christophe a commencé le piano vraiment tard (15 ans) ce qui ne l’a pas empêché de sortir du conservatoire de Strasbourg avec la meilleure note (attention jeux de mots).

GUILLAUME KOSMICKI
Guillaume Kosmicki est musicologue. Il joue de la musique électronique live depuis qu’il a 22 ans, mais aussi du classique en tant que violoniste à l’Orchestre de Chambre de Vannes. Il termine une trilogie sur les musiques savantes.

ERIK M
eRikm est compositeur et musicien. Après avoir été brièvement guitariste dans le groupe de metal industriel marseillais Kill the Thrill, il a abandonné définitivement le rock pour improviser aux platines. Virtuose des arts sonores, il situe son travail en bordure des sciences, de la technologie et d’une poésie curieuse du monde. Il est également plasticien.

OWLLE
Owlle est une musicienne et chanteuse très chouette (jeu de mots bilingue, attention.) En réalité, elle s’appelle France, ce qui est joli aussi –  d’ailleurs France est le titre de son premier album paru en 2014 (sur le label Jive Epic, chez Sony). Elle a remporté le concours des Inrocks Lab en 2011. Dans son panthéon personnel on trouve : Brian Eno, David Bowie, Massive Attack et Madonna… Tant qu’à faire. Son univers à elle ? La “dream pop”. Elle signe la musique et le sound design de cette édition de Live Magazine.

PEPITA
Pepita est DJ sur son temps libre et GAM pendant la semaine (ou le contraire). GAM ça veut dire Global Account Manager et DJ ça voulait dire Disc Jockey. Le jour donc, il est banquier dans une tour à la Défense et la nuit il organise des soirées (Re-dance une fois par mois dans une boîte de nuit des Champs-Elysées ; Ibiza, Miami, Genève une fois par an ; Couthures-sur-Garonne… pas souvent). Il adore se travestir (ses enfants trouvent ça bien banal) et se donne beaucoup de mal pour qu’entre ses deux vies, la paroi soit bien étanche. Ses playlists sont sur soundcloud.com/dj-pepita-paris

YANNAËL QUENEL
Yannaël Quenel est pianiste. Interprète ou compositeur ? Dès sa sortie du conservatoire, il a renoncé à choisir “Le cloisonnement entre musiciens classiques et musiciens du jazz, de la pop ou de la chanson est essentiellement mental…“ Certes. Il a participé à l’album de Vincent Delerm, Les Amants parallèles, et accompagne les spectacles de la danseuse et chorégraphe Marie-Claude Pietragalla. Son album Berlin-Paris II, un résumé de son travail avec la compagnie de danse, sort ces jours-ci. Il y interprète ses propres compositions de musique électronique, cette fois sans Rameau, Debussy ni Beethoven.

LOU ROTZINGER
Lou Rotzinger aka Quentin Laffont est compositeur et musicien. Il aime les troupes, les expériences créatives et les meneurs de bandes. Avec le réalisateur rock Vincent Moon – l’inventeur des concerts à emporter – il a improvisé des ciné-concerts à Bruxelles. Avec Louis Chedid & fils, il est monté sur la scène de l’Olympia. Avec Cosme Castro et Jeanne Frenkel, il a créé au 104 Le Bal, une pièce inclassable qui sera reprise sur la scène du Montfort à Paris en juin 2018. Il réalise des bandes originales : documentaires pour la télévision, films de cinéma (Nous sommes jeunes et nos jours sont longs, à Locarno cette année) et diaporamas sonores. Sinon il aime bien porter du rouge à lèvres, des chapeaux d’homme et des manteaux de femme. Son prochain album s’appelle Rose Ecchymose et son site autourdulou.fr.

JEAN-CHARLES VERSARI
Jean-Charles Versari est musicien, chanteur et producteur. Il compose et improvise avec des guitares électriques, un piano-jouet et un harmonium. Leader du groupe Les Hurleurs (1991-2003) il se produit actuellement avec son groupe Versari et accompagne Adam H. Outre son label T-Rec, il gère Poptones Studio où il a travaillé sur les albums de Josh T. Pearson, Warren Ellis, Olivier Py, Rodolphe Burger et Zone Libre. Il est l’auteur de deux documentaires intimes et musicaux sur ARTE Radio, (i)Full Father Five(/i) sur les rêves qu’il a fait après la mort de son père, et (i)Post Punk Emoi(/i), une histoire personnelle du post-punk.

MICHAEL WOOKEY
Michael Wookey est musicien. Tout à commencé à Southampton, quand un harmonium d’avant-guerre est tombé dans les mains d’un garçon de quinze ans. Depuis, il chante, joue, fabrique ses propres instruments, compose un concerto pour piano miniature et s’éclate avec sa dernière trouvaille, un mellotron identique à celui qu’utilisaient les Beatles.

PHOTOGRAPHES

JAN BANNING
Jan Banning est photographe. Il dit posséder “un coeur d’anarchiste, un esprit d’historien et un oeil d’artiste”. Il a aussi une moustache et un passeport néerlandais. Dans Traces of War, survivors of the Burma and Sumatra Railways (2005), il a photographié des hommes, dont son père, jadis condamnés aux travaux forcés, et dans Comfort Women (2010) des femmes prostituées par (et pour) l’armée japonaise. Son travail a intégré des collections de musées, comme le Rijksmuseum d’Amsterdam et sa série Bureaucratics lui a valu un World Press Photo. Il vient de publier Law & Order sur la justice criminelle, notamment en France, et travaille actuellement sur les derniers communistes (et mine de rien, ça fait quand même du monde).

PAULINE BEUGNIES
Pauline Beugnies est photographe et réalisatrice. C’est une fille de Charleroi qui est parti caméra au poing courir le monde (au Congo, en Bangladesh, en Albanie) puis qui a appris l’arabe et s’est installée au Caire. Elle a raconté la vie des enfants des rues de Kinshasa (tantôt voleurs gouailleurs, tantôt sorciers haïs) et celle des villageois de Battir près de Bethléem, pile sur la ligne verte. Son travail au long cours sur la jeunesse cairotte (un livre, un webdoc, une expo au Musée de la photographie de Charleroi et un documentaire) met des visages sur les foules de la place Tahrir et montre des jeunes gens modernes comme elle. Elle est lauréate du Nikon Press Photo Award et du Prix Camille Lepage et aime regarder le monde à travers un Hasselblad argentique au format carré des années 50.

SAMUEL BOLLENDORF
Samuel Bollendorf est photographe et réalisateur. En 2008, il tourne Voyage au bout du charbon dans les mines du Shanxi. Cette œuvre multimédia passe à la postérité, mesdames messieurs, comme “premier webdocumentaire interactif français” et rafle à peu près tous les prix (dont un prix Scam). D’autres œuvres suivront : Le grand incendie, sur les suicides par immolation dans la fonction publique, puis avec Mehdi Ahoudig À l’abri de rien sur les mal logés et La parade sur les cultures ouvrières du Nord. Le festival Visa pour l’Image a distingué ou présenté cinq de ses séries : cette année La Nuit tombe sur l’Europe, réalisée avec le soutien d’Amnesty International, est exposée devant le Palais des Festivals. Et avant ? En 1999, il rejoint le collectif l’Œil Public, dont il deviendra président. Et encore avant ? En 1997, il finit enfin ses études : l’école Louis-Lumière, une licence d’histoire de l’art et les Beaux-Arts de Paris. Il a fait sienne la devise de Pierre Lescure “51% de fond, 49% de forme“.

JÉRôME DELAY
Jérôme Delay est photojournaliste et directeur photo du desk Afrique à l’Associated Press. Il couvre depuis Johannesbourg l’actualité de 48 pays avec pour principe : “be there”. Il a voyagé avec des papes, courtisé des ambassadeurs, et couvert trop de guerres. Il a été finaliste pour le prix Pulitzer avec une série sur la Bosnie et reçu le prix du Overseas Press Club pour son travail en Centrafrique.

COLIN DELFOSSE
Colin Delfosse est photographe et cofondateur de la revue Médor. Après des études de journalisme à Bruxelles, il se lance dans la photographie documentaire, débarque au Congo par hasard et ne cesse depuis d’y retourner. Il aime photographier la transgression, la dissidence et la part intime des luttes et des identités collectives. A Kinshasa, les catcheurs; au Kivu, les rebelles; au Kurdistan, les « Amazones du PKK» (exposées au Musée de la Photographie de Charleroi) et au Kazakhstan, la fin de l’homme rouge… Kinshasa, Kivu, Kurdistan, Kazakhstan: il affirme s’intéresser aussi aux lieux qui ne commencent pas par la lettre K, mais on du mal à le croire. (Cette année, logiquement, il devrait se prendre de passion pour Knokke-le-Zoute).
Il est représenté par l’agence londonienne Instituut et collabore régulièrement avec le New York Times, Jeune Afrique et Le Monde.

CHARLES FRÉGER
Charles Fréger est photographe. Majorettes, engagés de la légion étrangère, lutteurs de sumo, il n’a jamais rien photographié d’autre que des communautés. Le déclic s’est produit à Rouen, alors qu’il était encore étudiant aux Beaux-Arts : un bateau de la marine nationale y faisait escale, et il s’est essayé aux portraits de marins en uniforme. Les derniers inventaires visuels qu’il a publiés sont Wilder Mann ou la figure du sauvage aux éditions Thames & Hudson et Bretonnes aux éditions Actes Sud. Il vit à Rouen.

GUILLAUME HERBAUT
Guillaume Herbaut est photographe. Il travaille avec les grands titres de la presse mondiale, expose un peu partout (Jeu de paume, Rencontres d’Arles, Maison rouge, Visa pour l’image) et rafle toutes les récompenses : un prix Bayeux des correspondants de guerre et un Visa d’or pour son travail au long cours sur la guerre en Ukraine, deux World Press pour des portraits (une “esclave” et une militante féministe) et le prix Niépce pour sa série La Zone à Tchernobyl. Il vient de sortir aux éditions de la Martinière 7/7, l’Ombre des vivants, sur sept lieux chargés d’histoire, un livre à propos duquel un journal vespéral de référence a écrit : “Les images de Guillaume Herbaut parlent souvent de mort, mais respirent la vitalité“.

ROGER JOB
Roger Job est photojournaliste pour la rédaction belge de Paris Match. Il vient de publier avec Frédéric Loore Marque ou crève, une enquête sur les trafics de joueurs dans le monde du foot. Il a longtemps couvert la guerre sur trois continents pour l’agence Gamma, mais ce qu’il aime vraiment, c’est photographier ceux qui vivent loin du monde, hors du temps, avec leurs bêtes, que ce soit dans la forêt ardennaise, la plaine camarguaise ou la vallée du Rift.

OLIVIER JOBARD
Olivier Jobard est photojournaliste pour l’agence MYOP. À l’âge de vingt ans, il est propulsé reporter dans “la” guerre d’une génération : le siège de Sarajevo. Il parcourt le monde et ses coins sombres, puis décide de concentrer son travail sur les itinéraires de clandestins. Avec Claire Billet, il réalise deux documentaires : Tu seras suédoise ma fille où il est question de Syrie natale, et de souvenirs à effacer (ou pas) et Ghorban, né un jour qui n’existe pas, le portrait au long cours (sept ans de tournage) d’un enfant afghan isolé qui devient Français. Son film Kingsley’s crossing, diffusé sur le site Mediastorm a été distingué par un Emmy award documentaire.

FRANCE KEYSER
France Keyser est photojournaliste au sein de l’agence Myop, et cofondatrice du festival Récits Photographiques qu’elle a inauguré fin août à la Roque d’Anthéron. Elle a couvert des lignes de front en Iran, en Irak, en Afghanistan, en Tchétché- nie. Depuis dix ans, elle s’intéresse surtout aux lignes de fracture de la société française : d’un côté ceux qui rêvent de ne plus être appelés “les Arabes“ ou “les Africains“, auxquels elle a consacré le livre Nous sommes français et musulmans (Autrement), de l’autre les militants du Front National (Visa pour l’Image 2012). Sinon, sa série sur la chirurgie esthétique dans les quartiers a été finaliste d’un prix Paris Match. La lutte des classes ne se jouerait donc pas sur le terrain des canons de la beauté ? Ouf, une ligne de fracture en moins.

PIERRE LIEBAERT
Pierre Liebaert est photographe et artiste. C’est un montois
qui aime voir du pays tout en sondant l’âme humaine. Macquenoise, réalisé dans le village situé à la frontière franco-belge est la chronique « ombilicale » d’une mère et de son fils. Libre Maintenant, une série exposée dans le monde entier, documente l’intimité d’inconnus rencontrés par petites annonces. Pour In/out, dans le cadre d’une commande publique, il est rentré à la maison et a photographié sa ville natale avec un oeil neuf. Ces derniers temps, il est fasciné par les entrailles magmatiques de Naples, l’obscurité des monastères et les créatures carnavalesques des montagnes helvètes.

MARCO LONGARI
Marco Longari est photojournaliste. En 2014, il a été nommé responsable photo de l’AFP pour l’Afrique : 47 pays à couvrir aux heures de bureau. De l’Angola au Zimbabwe et de la Zambie à l’Afrique du Sud, rien ne lui échappe. Sur son temps libre, il prend, tiens donc, des photos et les poste parfois sur son compte Instagram, dont le magazine Polka dit qu’on y sentait “la clameur citoyenne” du continent. Tout à fait d’accord. Les 30 000 abonnés de son compte aussi. Il vit à Johannesburg, après sept ans à Jérusalem où son travail l’avait propulsé “meilleur photographe de l’année” (prix Time, en 2012, catégorie agence). Sinon, c’est juste un ragazzo di Roma comme un autre.

PHILIP MONTGOMERY
Philip Montgomery est photographe pour la presse magazine américaine. Il travaille pour le New Yorker, Harper’s, Bloomberg Businessweek, The New York Times, The Atlantic…C’est chic. En 2016, il a été distingué photographe documentaire de l’année par le Lead Award allemand. En 2015, il a raflé une première place au Picture of the Year. C’était pour sa série Flash Point, sur les émeutes raciales, qui en rappelaient d’autres – Watts, Harlem, Detroit – soudain si proches. Lui a grandi dans une Amérique de carte postale, entre plages de surfers et forêts de séquoias.

ED OU
Ed Ou est photojournaliste. Il a 19 ans quand il quitte son Canada d’adoption (il est né à Taïwan) pour apprendre l’hébreu à Jérusalem. Entre deux cours, il se met à couvrir la guerre au Sud Liban et 4 ans plus tard fait la Une du New York Times. Il a travaillé en Somalie, au Kazakhstan, en Egypte et, à 28 ans, avait déjà un palmarès plutôt impressionnant : un prix Bayeux des correspondants de guerre, un prix Perpignan du photojournalisme, une bourseTED, un World Press Photo, un Picture of theYear award, entre autres. Il vit à Istanbul et parle cinq langues.

FRÉDÉRIC PAUWELS
Frédéric Pauwels est photographe. Le quartier nord de Bruxelles, l’école de la police, les reconstitueurs de la bataille de Waterloo, les ouvriers de la mine en Wallonie, la fin des courses hippiques, la musique à l’hôpital, la destruction du village de Doel (près du port d’Anvers), l’évolution des pratiques funéraires : on peut dire qu’il voit du pays. Il a commencé comme dessinateur de bandes dessinées (Michel Vaillant !) et collabore avec la fine fleur de la presse francophone : Le Vif-L’Express, Le Matin, Le Soir, La Libre. Il a beaucoup documenté le quotidien des précaires : sans-domiciles fixes et prostitués bruxellois.

JAN ROSSEEL
Jan Rosseel est photographe et artiste. Sinophone, diplômé de l’académie des beaux-arts de la Haye et de l’école de journalisme d’aarhus, il aime se définir comme «conteur visuel». Sa série l’automne belge explore l’affaire des tueurs du brabant en mettant en scène les traces des braquages dans une sorte de docufiction. Il s’agit d’une lecture intime, son père étant l’une des 28 victimes du gang. La tournée mondiale de l’exposition est close, le livre est épuisé, mais pas l’enquête : 30 ans exactement après les faits, neuf fonctionnaires de police continuent de chercher les assassins.

JOËL SAGET
Joël Saget est photographe à l’Agence France Presse. A 16 ans, il se destine à être ouvrier- métallurgiste mais tombe sous le charme de Joe le Fugitif- un berger allemand vu à la télé- et abandonne ses études pour devenir maître-chien. Il passe cinq ans dans l’armée, fête ses 24 ans en Equateur avec des contrebandiers colombiens, puis commence à collaborer avec les agences Sygma, Sipa et Gamma, avant de se faire recruter par l’AFP. Il a couvert la guerre (au Kosovo, en Irak, à Gaza, en Afghanistan, en Tchétchénie), le sport (JO et Tour de France) et plein de choses plus ou moins palpitantes. Dernièrement, il se passionne pour l’art du portrait. Il aime faire sortir la photo des galeries et a exposé au coeur d’une forêt normande et d’un tas de ferraille en Lorraine.

FRED STUCIN
Fred Stucin est photographe, diplômé de deux grandes écoles, les Arts Déco Strasbourg et Louis Lumière. ll travaille à la commande pour la presse et mène en parallèle des projets au long cours. Il a longtemps aimé les rues des métropoles et les paysages du bout du monde, et a réalisé pour Air France Magazine et L’Express une douzaine de carnets de voyages : Rajasthan, Californie, Abu Dhabi, Mexico, Jamaïque, Ibiza, Écosse… On peut dire qu’il a vu du pays. Mais au bout du compte, son terrain de prédilection ce sont les visages : il s’est spécialisé dans le portrait. Récemment, il a exposé ses voyageurs de la gare Saint-Lazare au festival de photo de Sète et ses élégantes du Prix Diane à celui de Toulouse.

ALAIN TENDERO
Alain Tendero est photographe de presse et couvre le Languedoc-Roussillon depuis Montpellier. Tantôt des élus FN, tantôt de fringants taurillons. Le photojournalisme étant ce qu’il est, il accepte également des commandes corporate, par exemple pour Vinci. Et il apparaît que  les parkings souterrains, les gares de péage, et les autoroutes, ont une photogénie discrète. Il poursuit parallèlement des projets documentaires hors-normes.

STÉPHANIE TÉTU
Stéphanie Tétu est photographe. Elle aime les nuages et la lumière bretonne, alors qu’elle habite à Marseille et qu’elle a grandi sous les tropiques. Elle photographie depuis toujours ses neveux et nièces, ses beaux-enfants et puis Eliette, la petite dernière, lors de grandes cousinades annuelles. «On est de son enfance comme on est d’un pays» disait Antoine de SaintExupéry. Elle qui a beaucoup voyagé n’a jamais vraiment quitté cette contrée-là. Ah si, elle a quand même fait une grande école de photo: Louis Lumière. Quand elle ne réalise pas des séries documentaires au long cours sur son sujet de prédilection (l’enfance donc), elle travaille à la commande pour la pub et la presse (sujets «vie-quot» et portraits). Elle ne quitte jamais son Rolleiflex, une caméra inventée il y a presque un siècle, qui fait des formats carrés. C’est parfait pour Instagram, justement elle débute @tetuvue

GAËL TURINE
Gaël Turine est photojournaliste, membre de l’Agence VU’. Il travaille pour la presse internationale (surtout) les agences humanitaires (parfois) et a publié plusieurs récits en images: Avoir 20 ans à Kaboul, Voodoo (sur ce culte, d’un continent à l’autre), Aveuglément (sur des coopératifs pour non-voyants en Afrique de l’Ouest), Aujourd’hui c’est demain (sur des jeunes bruxellois avec un cancer en rémission) Il est le seul à avoir documenté en images l’un des plus longs murs du monde : la frontière fermée et militarisée entre l’Inde et le Bangladesh. Le Mur et la peur a été exposé un peu partout. Il enseigne à l’ULB et rentre d’un reportage particulièrement éprouvant à bord du Rovos, le plus luxueux train du monde de Pretoria au Cap.

TOMAS VAN HOUTRYVE
Tomas Van Houtryve est photographe et membre de l’agence new- yorkaise VII. Il est aussi belge et américain. Pendant sept ans, il a sillonné le Népal, la Corée du Nord, Cuba, la Moldavie, le Laos, le Viet- nam et la Chine (ouf !) pour La Lutte continue, voyage dans les communismes du XXIe siècle, publié en trois langues et préfacé par T. Todo- rov. Il aime par dessus tout photographier la raison d’Etat (pas facile) et adore la phrase d’A. Camus : ”Un gouvernement, par définition, n’a pas de conscience. Il a, parfois, une politique, et c’est tout”. Sa série Quand le ciel est bleu sur l’utilisation par l’armée américaine des drones de surveillance, primée par un World Press Photo, constitue le plus long récit visuel jamais publiée par Harper’s, un magazine qui vient quand même de fêter ses 166 ans.

ISI VÉLÉRIS
Israël Noël (Isi) Véléris est photographe. Il est né un 25 décembre de parents qui venaient de quitter la Lituanie (à moitié polonaise et bientôt russe) pour la Belgique (pas encore occupée). A 9 ans il est orphelin, sa mère ayant réussi à le cacher au château de la Hille dans les Pyrénées avant d’être déportée. A 15 ans il débarque seul à New York. A 21 ans il cesse officiellement d’être apatride. A 35 ans il ouvre son studio, collabore avec Vogue et Harper’s Bazaar puis devient l’agent du photographe de mode Guy Bourdin. A 45 ans il s’installe à Paris où il travaille dans la pub mais aussi pour l’opéra. Sa photo la plus célèbre, tirée à cinq millions d’exemplaires par une société de posters, lui a royalement rapporté 200 dollars.

VALERIO VINCENZO
Valerio Vincenzo est photographe. En dix ans, il a traversé plus de mille fois les frontières internes de l’Europe, pour sa série Borderline (prix Louise Weiss 2014, prochainement publiée chez l’éditeur belge Lannoo). Il aime les confins et les lignes imaginaires : outre 44 des frontières européennes (19 500 km), il a suivi le tracé du futur métro francilien (300km) et documenté les vestiges du mur de Berlin (156 km), 50 ans après son érection en août 61. Il est représenté par le Studio Hans Lucas à Paris, vit à Delft aux Pays-Bas et dans une autre vie, portait des chaussures impeccables, une cravate en soie et un costume de coupe italienne. C’était du temps où il était consultant en stratégie chez AT Kearney et Bain & Cie, à Milan.

JOHN VINK
John Vink est photojournaliste, membre de la toute nouvelle agence MAPS. Il y a trois mois, il a quitté l’agence Magnum : un divorce après vingt ans tout rond, ça arrive. Sinon, par où commencer ? Le Cambodge bien sûr, le pays de cœur, l’œuvre d’une vie. En 2000, il s’installe à Phnom Penh et entreprend de documenter systématiquement la bataille primordiale qui se joue autour du territoire khmer. La lutte pour la terre raconte les évictions, les mécanismes de l’injustice et l’arrachement au sol des ancêtres. Ce récit, qui court sur onze ans, et une demi-douzaine d’autres – publiées sous forme de documentaires en ligne – chronique un pays écrasé par ses oligarques, les “khmers riches“. Avant, il y avait eu d’autres séries au très long cours : Peuple d’en Haut (7 ans, 3 pays, 3 continents), Réfugiés (6 ans, 13 pays, 4 continents), Eaux du Sahel (2 ans, 4 pays et 1 prix W. Eugene Smith), Italies (4 ans, 1 pays mais au pluriel). Et sa Belgique natale ? Il vient de s’y installer. Au programme, un projet qu’il a intitulé Ceci n’est pas la Belgique.

PAOLO WOODS
Paolo Woods est photojournaliste. Il a gagné deux World Press Photo mais déteste l’actualité “chaude”. Il a enquêté, avec Serge Michel, sur l’industrie du pétrole (Monde de Brut, 2003, 12 pays visités), les guerres en Afghanistan et en Irak (American Chaos, 2004) et La Chinafrique (2008, traduit en 11 langues). Son dernier livre, Les Paradis (éd. Delpire), une exploration des paradis fiscaux est le fruit d’une collaboration de trois ans avec le photographe Gabriele Galimberti. Il est italo- canado-hollandais mais son pays de coeur c’est Haïti, d’ailleurs il était à Port au Prince pas plus tard que la veille au soir du Live Mag.

LUCA ZANIER
Luca Zanier est photographe. Quand il ne réalise pas des commandes pour les multinationales de Zurich où il habite depuis toujours, il photographie des lieux, rarement des hommes. Son dernier livre Power Book (chez Benteli), sur les centrales électriques d’Europe, a déclenché une rumeur sur ses tendances misanthropes. (Il aime les gens) Il travaille avec un Nikon mais préfère son mythique et helvétique Alpa.

MICHAËL ZUMSTEIN
Michaël Zumstein est photojournaliste. Son terrain c’est l’Afrique : il y photographie les relations avec l’Occident (des histoires de commerce, de trafics, d’eldorado et de charity business) mais aussi la guerre, qu’il raconte comme personne, c’est à dire avec le moins de sang et le plus de sens possible. De ses cinq séjours en Centrafrique, il a rapporté la série De Terreur et de larmes. C’était pour le journal Le Monde et ça a touché du monde : Picture Of the Year, Lens Culture Award, Swiss Press Photo Award et une expo au festival Visa pour l’Image de Perpignan. Perpignan c’est là où tout avait commencé, par hasard : il avait 19 ans et avait été ébloui les récits en images de Bouvet et Nachtwey. Il a aussi un passeport suisse, ce qui est pratique pour se balader dans les pays où ne vont pas les touristes.

POèTES, PERFORMEURS ET ARTISTES

RÉMI BRUN
Rémi Brun est sculpteur, entrepreneur, ingénieur des Arts et Métiers, docteur en bio-mécanique, inventeur et détenteur d’un brevet. Il nous affirme faire aussi des choses qui ne finissent pas en -teur. On a du mal à le croire. Il a longtemps rêvé de recherche fondamentale, mais a fini par monter une start-up et créer dix emplois (tout aussi fondamental). Sa société MocapLab fait de la Motion Capture, surtout pour les jeux vidéos et le cinéma. Ce qui l’intéresse vraiment c’est l’épure, l’essence du mouvement, le geste parfait. C’est l’histoire de sa vie et ça l’a aussi propulsé dans le monde des sourds (il travaille sur le premier avatar qui parle en langue des signes)et le monde de l’art (il expose dans des fêtes des lumières et nuits blanches un peu partout).

VALÉRIE CORDY
Valérie Cordy est artiste et metteure en scène. Depuis 2013, elle est directrice de la Fabrique de Théâtre, le très officiel “service provincial des arts de la scène du Hainaut” une structure de soutien à la création et à la diffusion de spectacles, doublée d’une résidence d’artistes à Mons. Elle crée également des spectacles numériques, en ligne et en direct. Sur scène elle ne dit mot mais on comprend tout.

EMMANUEL GIRAUD
Emmanuel Giraud est journaliste gastronomique et artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis dans la catégorie des arts culinaires (ils n’ont été que deux depuis 1666). Dans sa quête du beau, du bon, du gras, du juteux, du fumant, du croustillant il met en scène des festins dionysiaques et décadents. Il a publié en 2013 L’Excès, aux éditions de l’Epure.

DAVID HELBICH
David Helbich est artiste conceptuel. Le concept donc, c’est que ses oeuvres – performances, installations, projets divers – tournent toujours autour de l’influence du public sur ses créations. Il est né
à Berlin, a grandi à Brême, étudié à Amsterdam et Fribourg, vécu à New York. Il aurait dû être compositeur, mais sa petite musique intérieure l’en a découragé et il a fini à Bruxelles. En 2006, il emprunte dans les Marolles un escalier qui ne mène nulle part, adopte la devise «Not every solution is an answer to a problem» et s’embarque sans le savoir dans un projet qui l’occupe encore. Trente mille personnes sont aujourd’hui membres d’une communauté virtuelle qui documente, via des photos, l’absurde, l’inutile et l’incongru dans l’espace public. (Toi aussi participe ! contact@belgian-solutions.be). Deux livres (Belgian Solutions 1 et 2) ont été publiés. Le bruit court que le bourgmestre de Bruxelles aurait brandi Belgian Solutions lors d’un conseil communal en déclarant : « Au boulot !». Sa ville ayant plongé cette année de sept places dans le classement mondial de la qualité de vie, il faut croire qu’il y a effectivement un problème. Avec ou sans solution.

JOHANNES KREIDLER
Johannes Kreidler est compositeur et artiste conceptuel. Formé au très classique conservatoire de Fribourg, il a rompu avec ses maîtres pour s’installer, résolument, à l’avant-garde berlinoise. Depuis, il met en musique des données chiffrées, transforme des faits de la vie moderne en mélodies et invente des performances sonores à partir d’informations réelles. Son logiciel musical fétiche : Pure Data. Sa devise : “Créer c’est interpeller”. Ses marottes : la propriété intellectuelle, la publicité, la société de consommation qu’il critique avec humour. Il enseigne la théorie musicale et la musique électronique à Hambourg.

SÉBASTIEN LESPINASSE
Sébastien Lespinasse est poète. Pas simplement sonore, mais “pneumatique” (c’est comme ça qu’il se présente). Tout est une histoire d’air. Performer au souffle jamais court, il est un des héritiers les plus vivaces (et ludiques) de l’esprit Dada et des lettristes. Il débusque et éclaire la réalité dans les plis du langage, à l’intérieur des mots qu’il peut démonter phonème par phonème, expanser, exposer, compresser. On le retrouve sur plusieurs CD, dont Pneuma-R (Trace label).

RAMUNTCHO MATTA
Ramuntcho Matta est compositeur et plasticien. Il a travaillé avec le trompettiste Don Cherry, l’artiste Louise Bourgeois et le poète Brion Gysin. ll a écrit le tube de l’été 86 – Toi mon Toit – pour Elli Medeiros, et vient de finir un film sur son père, le peintre surréaliste chilien Roberto Matta, qu’il a mis vingt ans à réaliser. Qu’il soit en Picardie dans la résidence d’artiste qu’il a créée – Lizières – ou à Paris chez lui, chaque matin il se lève aux aurores pour produire un dessin et un peu de poésie.

KARELLE MÉNINE
Karelle Ménine est artiste. Elle a longtemps été reporter à la radio (France Culture, la Radio Suisse Romande) avant de tout plaquer. Ce qu’elle aime, c’est le langage, sa complexité, sa poésie. Elle écrit pour le théâtre, réalise des installations sonores et imagine des expériences où elle déplace les mots dans l’espace public. Comme La Phrase, dix kilomètres de littérature, écrite à la main avec le graphiste Ruedi Baur sur les façades de la ville, à l’occasion de Mons capitale européenne de la Culture. Elle dirige deux équipes (une compagnie de théâtre et un “Atelier des déplacements littéraires”), vit entre deux capitales – Genève et Bruxelles -, très loin de Mazamet dans le Tarn où elle est née.

CHARLES PENNEQUIN
Charles Pennequin est poète. Il écrit depuis qu’il est né, c’est-à-dire après l’enlèvement à Paris de Ben Barka et avant la prise de pouvoir du lieutenant-général Mobutu. Il est né à Cambrai, la ville où on fait des bêtises et où tous les pauvres sont encore dans le centre-ville, comme à Marseille (ça va pas durer).

SERGUEï
Sergueï dessine dans Le Monde depuis 1982. 
Il y a quelques années encore, il passait régulièrement des bureaux du service Culture à la terrasse du journal par l’extérieur et pieds nus. Outre la varappe urbaine, il travaille ses talents au pluriel. Chanteur, compositeur, il est l’auteur de plusieurs disques (L’Homme Nu, 2007, label Nocturne), mais aussi de romans (Dieu, les anges et la femme, éd. Seuil, 2001). En 2000, il signe un “carnaval des Droits de l’Homme” dans les rues de Nice. Il aime que ses dessins offrent plusieurs lectures. Sergueï s’appelle en réalité Sergio. Il est officiellement multiple.

CAROLINE SURY

Caroline Sury est sérigraphe, auteur de BD et artiste graphique. Elle revendique une démarche underground et militante, mais pas que : elle a longtemps illustré le supplément hebdo – pas vraiment punk – du quotidien La Provence. Elle a fondé il y a vingt ans la maison d’édition d’avant-garde Le Dernier Cri, à la Friche La Belle de Mai à Marseille, où les livres, aux tirages ultra-limités, sont imprimés à la main. Elle est l’auteur de Bébé 2000 et Cou Tordu, deux récits graphiques où elle parle d’elle, et a récemment rangé ses crayons et sorti le cutter : ses derniers travaux sont réalisés en papier découpé.

Premier ministre en exercice

Edouard Philippe
Un grand type marrant

Réalisateurs de formats courts et de curiosités visuelles

CLAUDE BAECHTOLD
Claude Baechtold n’est plus graphiste à Lausanne et pas encore cinéaste, ni personnage de fiction. C’est prévu pour 2019. Nakache et Toledano, avec leur casquette de producteurs, vont faire un film d’un épisode – incroyable mais vrai – de sa vie. Et ce sera ”une comédie réalisée par Claude Baechtold”. Dingue. Entre ses vies passées et futures, il s’en est inventé une autre, photographe compulsif et éditeur de livres d’images (Riverboom éditions, maison fondée en Afghanistan en 2002 avec Serge Michel et Paolo Woods). Ses inventaires de barbes afghanes, moustaches irakiennes et réfrigérateurs du pôle Nord ont été distingués par le Grand Prix de la Biennale des Arts visuels de Vevey.

GRÉGOIRE BASDEVANT
Grégoire Basdevant est réalisateur et directeur artistique. Il a été rédacteur en chef de Colors magazine en Italie, concepteur d’exposition au Brésil, photo-journaliste en Chine et réalisateur de webdoc à Paris. Il vient de lancer le numéro 1 de Wild Wild Web et compte désormais surfer sur la vague des mooks, ces revues illustrées qui cartonnent (ou pas) en librairie.

NICOLAS DEVEAUX
Nicolas Deveaux est cinéaste d’animation 3D. Il imagine, réalise et anime des films (surréalistes) qui mettent en scène des animaux (réalistes). Ses courts-métrages (7 tonnes 2 et 5 mètres 80) ont raflé un nombre impressionnant de prix dans les festivals du monde entier. C’est son producteur, chez Cube Creative, qui est content. Il travaille sur un film immersif pour le Futuroscope, des séquences d’un documentaire sur les animaux sauvages dans Paris et une série pour Arte. Pendant ce temps-là, qui va garder la girafe ?

BERNARD LAURENT-ZOPF
Bernard Laurent-Zopf est réalisateur de télévision venu des Arts Déco, avec une prédilection pour les formats courts. Il s’est bien marré avec Omar et Fred et leur Service Après Vente (il a réalisé 300 émissions avec eux) et s’est bien baladé au Groland. Il a été le réalisateur de Cut Up sur Arte et du Mensomadaire sur Canal +, où il réalise L’Oeil de Links.

JÉRôME LEFDUP
Jérôme Lefdup est réalisateur. Il a longtemps gagné sa vie en imaginant des génériques, des musiques, des habillages, et des créations sonores et visuelles en tout genre, en particulier pour l’émission culte de Canal +, L’Oeil du Cyclone. Ces derniers temps, il travaille comme monteur de documentaires sérieux et se distrait en composant de la musique. Il a commencé sa vie professionnelle comme commis au Pussy Cat Club, une boîte de strip-tease sur les Champs- Elysées, mais a intégré les Arts Déco juste avant de mal tourner.

DENIS VAN WAEREBEKE
Denis van Waerebeke est réalisateur de documentaires et de films d’animation. Un incompréhensible loupé l’a aiguillé vers une école d’art (les Arts Déco) alors qu’il voulait devenir physicien des particules. Il a œuvré du côté de l’habillage TV et du clip pour Canal + (Les Guignols) mais ca ne collait pas avec le scientifique frustré en lui. Il s’est donc inventé un métier : expliquer à des publics plus ou moins attentifs des trucs plus ou moins complexes. A part l’art et la déco, tout l’intéresse : les trains à grande vitesse, la faim dans le monde, le père de l’informatique Alan Turing et l’histoire mondiale en dix dates, une série qu’il réalise pour Arte avec un professeur au Collège de France, mazette.

Témoins de la misère du monde

JULIA BONILLA
Julia Bonilla est bachelière de l’année. Elle a quitté sans se retourner le lycée Martin Luther King de Bussy- Saint-Georges pour intégrer à Paris la première promotion de W, une école post-bac lancée par le Centre de Formation des Journalistes. W forme aux métiers «de contenu» qui n’existent pas encore. C’est ça qui lui plaît, et c’est dans ce cadre qu’elle a participé à la Live Mag Académie. Aux dernières nouvelles, elle voulait travailler dans le monde du rap, enfin avec des rappeurs… mais à 19 ans tout est possible, non ? D’ailleurs, il y a une semaine, elle ne savait pas qu’elle monterait ce soir sur la scène d’un théâtre.

LISA DAVET
Lisa Davet est étudiante, bachelière 2016. Elle a intégré l’an dernier la première promotion de W, une école post-bac lancée par le Centre de Formation des Journalistes, qui forme aux contenus numériques et aux métiers qui n’existent pas encore. C’est dans ce cadre qu’elle a participé à la Live Mag Académie. En cette rentrée, elle fait un stage à La Poste, auprès du Directeur de la Prévention des Incivilités, un métier dont on ne savait pas nécessairement qu’il existait. Aux dernières nouvelles, elle voulait travailler dans l’humanitaire. Ou devenir journaliste. Ça tombe bien, vingt ans c’est l’âge des possibles.

MARTIN GIRARD
Martin Girard est étudiant. Après avoir fréquenté la fac de psycho à Toulouse, la fac de sport à la Réunion et envisagé de faire carrière comme agent de sécurité, il a trouvé sa voie en intégrant la première promotion de W. C’est une école post-bac lancée par Abilways, dirigée par l’équipe pédagogique d’une grande école – le Centre de Formation des Journalistes – qui forme aux contenus numériques et aux métiers qui n’existent pas encore. Cet été, il fait un stage en communication chez Fabernovel Innovate. Aux dernières nouvelles, il se destinait au marketing digital. Ou à la communication. Ou au journalisme. Ça tombe bien, 20 ans c’est l’âge des possibles.

MARTIAL LEDECQ
Martial Ledecq est chirurgien. Pendant 25 ans il a exercé son métier – la chirurgie vasculaire et thoracique – sous les scialytiques bien réglés du bloc opératoire de l’hôpital de Libramont, le plus important de la province du Luxembourg. Puis un jour, il devient volontaire pour MSF. Son Manuel de chirurgie humanitaire, publié en 2013, s’adresse, nous indique la jaquette, “également au médecin qui, dans la solitude d’un hôpital de district, doit faire face aux urgences chirurgicales“. Une pensée pour les médecins de campagne de son enfance? Peut-être. Il a passé presque deux ans aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan, d’un côté et de l’autre de la passe de Khyber. Là, il a vu la guerre dans la chair des enfants. Depuis il dit des choses comme : “La mort est un meurtre“. Récemment, en Syrie, il a opéré dans une usine de poulets désaffectée, une mosquée et une grotte.

CAROLINE SCHOLTES
Caroline Scholtes est responsable médicale chez MSF, pour qui elle a effectué une douzaine de missions, tour à tour anthropologue, in rmière et membre du pool d’urgence. Son CV se lit comme une litanie des malheurs du monde : choléra (Zimbabwe et Ethiopie), rougeole (Burkina Faso et Congo RDC), tremblement de terre (Haïti), Ebola (Guinée et Libéria), guerre (Centrafrique et Soudan du Sud). C’est gai. Plantons le décor. Au hasard : le Soudan du Sud en 2013 : une plaine – le Jonglei – grande comme quatre fois la Belgique, sans une seule route. Quelques villages accessibles par hélico. Au milieu de l’un d’entre eux – Gumuruk – le centre de santé MSF. Et là : Caroline et ses équipes. Tout autour, invisible, la guerre. Soit vingt mille familles terrées dans la brousse, sans bêtes, sans rien, la peur au ventre. Commentaire de Caroline : ”Dans mon métier, je me sens utile”. On la croit sur parole.

SEBASTIAN SPENCER
Sebastian Spencer est médecin-urgentiste. Il a alterné les missions lointaines (Tchad, Centrafrique, Zimbabwe, Haïti) avec des postes ici. Il sait gérer un service hospitalier de 500 lits. Il sait prendre en charge des victimes d’attentats (le 22 mars 2016, il était à son poste de chef à la clinique Saint-Jean). Il sait aussi diriger l’un des cinq centres opérationnels de MSF dans le monde (Bruxelles rayonne sur environ le tiers des activités globales de MSF). Et quand il ne sauve pas des vies, il continue à apprendre : il vient de décrocher un MBA à la Vlerick Business School de Gand. C’est fort utile pour administrer le chaos ici et là-bas.

Trois turques privées de quatrième pouvoir

MINE KIRIKKANAT
Mine Kırıkkanat est éditorialiste pour Cumhuriyet, le quotidien turc de référence, fondé il y a bientôt un siècle et qualifié de “machine à scoops” par l’AFP la semaine dernière. Elle écrit aussi des romans et des polars comme La Malédiction de Constantin – l’histoire d’une journaliste turque à Paris – best-seller traduit chez Métaillié dans la collection Noir. Il faut dire que les dernières nouvelles de Turquie sont sombres. Dix journalistes de Cumhuriyet sont en prison accusés “d’activités terroristes”.

ILANA NAVARO
Ilana Navaro est productrice pour France Culture (souvent) et réalisatrice pour France TV et ARTE (parfois). Après avoir renoncé à une vie tranquille dans son milieu bourgeois et stambouliote, elle a cherché sa voie sur trois continents – aux Etats-Unis où elle a fait ses études, dans la Turquie profonde où elle a travaillé comme reporter, et en France où elle s’est installée sur un coup de tête. Elle adore cuisiner des plats ottomans sucrés-salés, et des docus ou des fictions tragi-comiques. Elle vient de réaliser Les Traîtres, une comédie en six épisodes qui parle d’amour et d’origines, pour ARTE Radio.

AYSEGUL SERT
Aysegul Sert est journaliste et nomade. Née en Turquie l’année d’un coup d’Etat, elle a grandi à Istanbul puis longtemps travaillé pour la presse américaine à New York et à Los Angeles. Elle est actuellement basée à Istanbul (retour aux sources) et souvent de passage à Paris (ville de cœur). Elle collabore au New York Times et à Newsweek, et intervient régulièrement sur ARTE et France 24 sur l’actualité turque.